2 ans

cactus et Plutoncactuses and Pluto

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Mon voyage intérieur: mars (07)

voyage en tête

Je savais que ce mois serait riche en enseignements. Il ne m’a pas déçue!

J’ai accepté de me mettre en pause cette semaine. Parce qu’il me devenait trop difficile de rester moi-même et de lutter à la fois contre les émotions et souvenirs qui me venaient de l’intérieur et du chaos extérieur qui me frappait encore et encore.

La plupart du temps, j’arrive à rester droite, à me tenir debout, à faire face. Mais lorsque tout se déchaine, j’ai besoin de prendre du recul. D’accepter de ne pas pouvoir. D’accepter d’être affaiblie. Pour mieux revenir, plus forte, plus déterminée. Loin d’être un renoncement, il s’agit au contraire d’un engagement. Envers moi-même, envers mes valeurs.

Je dois m’occuper d’apaiser ces bouillonnements intérieurs. Je les connais bien, il me reste à les apprivoiser. Seul le temps pourra m’aider, j’en ai bien conscience, et j’ai donc décidé de me le donner, ce temps, ou du moins une partie, pour me permettre de faire ce travail. Et c’est là que l’acceptation va vraiment être mise en pratique. Je me sens prête, mais pour cela, il me faut être seule et aller à mon rythme. Laisser chaque émotion, image, venir, en prendre conscience, l’accepter et poursuivre mon chemin. Vaste chantier, puisque je les ai laissées s’accumuler en tentant de gérer les attaques extérieures. J’ai du perdre mon bouclier en route, et mon armure s’est fissurée pour laisser ces deux éléments se mêler et me consumer.

D’ailleurs, une question me vient: la compassion et la correction ont-elles disparues sans qu’on m’en avertisse? Une chose est certaine cependant: on continue de trouver pertinent de frapper quelqu’un lorsqu’il est à terre. Bien plus simple que lorsqu’il ou elle est debout… Bref…. Je sais que j’ai encore beaucoup de travail à faire pour leur faire comprendre les notions de dignité et d’intégrité…. mais je ne désespère pas… On ne peux changer les autres si ils ne le désirent pas. Je vais donc continuer à être là, à leur montrer qu’on peut vivre selon des valeurs autres que les leurs. C’est mon choix, je le fais en toute conscience.

Je sais qu’une fois que j’aurai affronté mes vieux démons, que j’aurai terrassé ces émotions fantômes et que j’aurai repris des forces, je pourrai lustrer mon armure, reprendre les armes et continuer mon chemin, à la fois plus légère et plus déterminée. Je continuerai à semer mes graines, en espérant que certaines germeront et s’épanouiront. Si j’ai de la chance, je le verrai. Sinon, je saurai que j’ai semé et c’est déjà beaucoup. Je l’accepte sans aucun regret.

Cela fait bien longtemps maintenant que je pratique ma propre alchimie, que je m’applique à transformer le négatif en positif. C’est mon fonctionnement personnel, ma force, ma volonté. Je n’ai jamais eu peur de la confrontation, de l’adversité. Aujourd’hui encore moins qu’avant. Ce n’est pas facile tout les jours, il faut pouvoir relativiser, voir au delà des apparences, percevoir les non dits et les souffrances cachées. Mais c’est aussi tellement enrichissant. Et quelle victoire lorsqu’on parvient à transformer cette peine et cette douleur en espoir et en douceur. J’ai appris depuis longtemps que bien souvent la peur et l’ignorance étaient la source de bien des comportements négatifs. A moi donc d’agir pour amener à la compréhension et à la tolérance. C’est ma philosophie de vie. Et je compte bien poursuivre ma route encore longtemps.

Je fais donc une pause. Pour me retrouver, accepter, et apprendre. Parce que je peux agir sur ces émotions et sur ces images. Par contre, je n’ai aucun pouvoir sur autrui. A moi d’exercer mon alchimie sur ce que je perçois et reçois. Le reste ne me regarde pas. Il ne m’appartient pas de lever ce voile-là… même si l’envie me prend parfois d’y faire un petit accroc…

Et puis pendant ma pause, je pourrai me consacrer à préparer le mois qui vient, un nouveau challenge à n’en pas douter, une nouvelle croissance également. Une belle alchimie.

 

Le 29 mars, faites un GDGD!

Le 29 mars 2016, ma fille Emma décédait des suites d’un glioblastome, ou gliome infiltré du tronc. C’est un cancer pédiatrique dont l’issue est encore aujourd’hui fatale à 100%.

Emma avait presque 11 ans. Je suis très fière d’elle. Je m’évertue chaque jour de continuer le chemin que nous avions entamé ensemble. De perpétuer les valeurs que nous partagions: l’intégrité, le partage, l’empathie, la force aussi. Elle a su toucher beaucoup de gens à travers son combat. J’aimerai continuer en ce sens.

Pour que ce jour ne soit pas qu’un jour de deuil, et pour honorer la mémoire de ma fille, je vous propose de partager avec moi l’idée lumineuse de sa tante: le 29 mars, faites un geste de gentillesse désintéressé. Un geste envers quelqu’un sans rien attendre en retour, un petit rien qui peut signifier beaucoup pour la personne qui le recevra.

Qu’est-ce qu’un geste de gentillesse désintéressé?

  • un sourire
  • une main tendue
  • un café offert
  • un moment partagé
  • une conversation
  • un repas offert
  • une porte tenue
  • une aide spontanée

Quelque chose qui ne vous coûte pas grand chose en terme de temps ou d’argent mais qui est tourné vers autrui. Juste un geste d’humanité et de chaleur. Un petit rien qui peut être un grand tout ça dans la journée de quelqu’un.

Alors, vous nous rejoignez?

Mon voyage intérieur : mars (06)

Aujourd’hui, j’aimerais aborder deux notions distinctes, voire antagonistes, et qui pourtant m’occupent beaucoup l’esprit ce mois de mars: accepter et renoncer d’une part, et accepter l’inacceptable d’autre part.

Et étrangement, elles se retrouvent dans cette citation:

« L’acceptation est une alternative à l’affliction, pas à l’action ».

Christophe André

1. Accepter et renoncer

Accepter ce n’est pas renoncer, même si on pourrait penser le contraire. Accepter, c’est se libérer émotionnellement de quelqu’un ou de quelque chose qui jusque là nous empêchait d’avancer. En acceptant, on lui retire en quelque sorte tout le pouvoir qu’on lui octroyait sur notre existence, nos pensées, nos actes.

Attention, l’acceptation ne signifie pas pour autant échec, ou même défaite, ou lâcheté.

J’accepte de ne pas pouvoir faire grand chose pour la paix dans le monde. Ce n’est pas de mon recours. J’arrête donc de m’inquiéter ou de m’angoisser à ce sujet. Toute cette énergie que je ne dépense plus à ce sujet, je peux la focaliser sur ce que je peux faire, à mon niveau (en l’occurrence, à un niveau très local, avec ma famille, mes voisins, et dans mon cas, j’ai la chance de pouvoir planter des graines chez mes élèves). J’ignore si ce que je fais portera ses fruits, et j’accepte de ne faire que semer. Mais c’est déjà bien plus que rien.

En fait, accepter permet de se décentrer d’une situation anxiogène ou un sentiment d’impuissante pour nous permettre d’agir réellement, concrètement.

En acceptant, on se réapproprie la capacité d’agir, d’être soi, et uniquement soi, et non de n’être qu’une réaction émotionnelle à un événement ou à une personne. On se détache, voila tout, mais on ne renie pas, on ne renonce pas. Au contraire. On a bien conscience de l’existence de ce que nous acceptons, on lui donne même une existence plus ‘légitime’, mais on s’en libère émotionnellement.

ce qui m’amène à mon deuxième point:

2. Accepter l’inacceptable ?

Un exemple très personnel: je suis tombée sur cette citation de Christophe André il y a tout juste 2 ans. Alors que je veillais ma fille en réanimation pédiatrique, après qu’elle ait fait un AVC dans le cabinet de l’oncologue. Ne sachant pas si elle allait passer la nuit, mais étant parfaitement consciente des enjeux et des décisions que j’allais avoir à prendre, j’étais révoltée, inquiète (bon d’accord, folle d’angoisse), submergée par mes émotions. Impossible évidemment de dormir… j’avais pris de quoi lire et vers 2heures du matin, j’ai lu cette phrase. Et tout m’a paru bien plus clair. J’ai pu me libérer de ces angoisses et réfléchir posément à ce qui se passait, et à ce que j’allais devoir faire. La première chose, évidemment, était d’être là avec elle, de l’accompagner pour ce qui lui restait de temps. De continuer à être nous, de lui sourire, de la faire rire. De lui dire combien je l’aimais, aussi souvent que ces mots me venaient à la bouche. Et de la libérer le moment voulu. Et c’est ce que j’ai fait. La date anniversaire de son décès approche à grand pas… j’ai encore en moi les derniers jours de ma fille, leur intensité, leur violence, mais aussi leur richesse… Si je n’avais pas accepté son départ proche, je n’aurai pas sur/pu être là pour elle, et je ne le regrette pas. Pour autant, le combat a continué jusqu’au bout, vraiment jusqu’au bout…

Et si j’ai pu accepter, c’est que j’ai eu la chance d’avoir 2 ans pour m’y préparer.

En 2014, on m’annonçait non seulement que ma fille souffrait d’une tumeur cérébrale, mais qu’en plus celle-ci tait inopérable et incurable. Aucun espoir de survie. Après tout ce que nous avions vécu, toutes les épreuves traversées, c’était une claque de plus, et de la violence la plus cruelle qu’il soit… Inacceptable. Je suis passé par à peu près tous les stades émotionnels:

  • le soulagement: si si. Le soulagement que le comportement de ma fille, malgré ce qu’on m’avait reproché les 5 années précédentes, n’ait rien à voir avec moi. C’était la tumeur. Je n’étais pas responsable. Je n’étais pas coupable.
  • La colère: j’en ai voulu à la vie, à la chance ou son manque, à la terre entière.
  • L’acceptation: ok, c’est ce qui nous arrive. C’est comme ça, on n’a pas le choix. Par contre, on a le choix de gérer ça à notre manière.
  • La détermination: que ce soit ma fille ou moi, on a revêtu nos plus belles armures, et on a fait face. J’avais déjà affronté la mort, le crabe. Et j’avais gagné. Je savais ce qui nous attendait, même si j’avais parfaitement conscience que l’issue serait très différente. Mais je n’avais pas peur, et je pense que j’ai pu transmettre cette détermination à ma fille. Dans ses propres mots « je veux vivre aussi normalement que possible le plus longtemps possible. Je veux retourner à l’école et être avec mes copines. » Et c’est ce qu’elle a fait.
  • l’accompagnement: j’étais celle qui veillait. Aux moindres symptômes de rechute, aux rdv, au traitement, à l’apaiser lorsque l’angoisse la prenait, à lui donner la vie la plus sereine possible, la plus normale possible, à profiter de chaque jour comme si il était le premier.

Et je n’ai pu le faire que parce que j’avais accepté. Tout en gardant l’espoir d’un traitement, chaque jour étant une victoire en soi.

Un jour peut être que j’écrirai les derniers jours d’Emma. Pour le moment, ils sont encore trop à vifs pour que je puisse trouver les mots.

J’ai encore un long travail d’acceptation à faire, mais c’est une autre aventure qui s’appelle le deuil. Accepter l’absence.

Mon voyage intérieur: mars (05)

voyage en tête

Le mois de mars est particulier pour moi. C’est un mois un peu compliqué à traverser émotionnellement, encore aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai eu envie de mettre l’accent sur ce côté un peu mélancolique, un peu doux amer. Loin de me déprimer, la musique me permet vraiment d’explorer ces émotions qu’on a tendance à vouloir rejeter, et surtout à les apprivoiser, à les accepter.

Voici donc ma bande son pour ce mois de mars:

Un peu de douceur dans ce monde de brutes….

Mon voyage intérieur: mars (04)

Aujourd’hui, je vous propose un article de Christophe André sur l’acceptation de soi.

A lire, à méditer, à vivre!

5 pistes pour mieux nous accepter

Mon voyage intérieur: mars (03)

Pas de post-it ce mois-ci: j’ai acheté un cadre dans lequel je place le mot du mois. J’ai voulu faire simple cette fois. Toujours avec cette idée de paix. Au final, ma carte raconte une belle histoire: prendre ce que l’on est, l’accepter pour se sentir libre.

Scan

Mon voyage intérieur: mars (02)

voyage en tête

Accepter que chaque histoire est unique, c’est aussi la parcourir avec intérêt sans pour autant vouloir en être un personnage. Accepter l’autre, c’est aussi le laisser écrire sa propre histoire. S’accepter, c’est aussi prendre le temps d’oser parcourir sa vie comme un livre ouvert.

 

Mon voyage intérieur: mars (01)

voyage en tête

Deuxième escale de notre voyage. Nous avons d’ores et déjà découvert des contrées inconnues en nous et il nous faut maintenant commencer à les apprivoiser.

Ce mois de mars, j’ai choisi de me concentrer sur la notion d’acceptation. Ce n’est pas vraiment un hasard, puisque c’est un mois encore très douloureux pour moi, mais j’avais envie de le vivre différemment, plus profondément, sans me laisser submerger par mes émotions mais au contraire en faisant la paix avec tout ça.

Parce que pour moi, l’acceptation est loin d’être une simple résignation. C’est aussi et surtout ce qui me permet de me libérer et d’aller plus loin.

Commençons par quelques définitions:


accepter

verbe transitif

  • Consentir à prendre quelque chose, à recevoir ce qui est offert
  • Se déclarer prêt à faire quelque chose, à assumer une charge, à courir tel ou tel danger.
  • Consentir à subir quelque chose, à le tolérer de la part de quelqu’un, l’admettre, le supporter.
  • Considérer quelque chose comme juste, fondé, exact, l’admettre, l’approuver.

Pas si évident comme concept… et pourtant, il est tellement enrichissant!

1. L’acceptation d’une situation

Nous sommes tous confrontés à des situations désagréables, inconfortables, qui nous stressent. De celles qui nous tiennent éveillés la nuit, que nous ressassons encore et encore, qui nous frustrent. Ces situations pour lesquelles nous nous sentons impuissants mais qui, par contre, ont une réelle emprise sur nos pensées et nos vies… qui nous paralysent et nous entravent.

En laissant ces situations prendre une importance qui ne devrait pas être la leur, en les laissant prendre le contrôle de nos pensées, de nos émotions, nous nous coupons de moments et/ou de personnes qui pourraient avoir une importance bénéfique dans nos vies. En les acceptant, c’est à dire en se disant : « oui, soit, c’est là, ça existe, ça arrive, c’est comme ça », nous les privons de ce pouvoir qu’elles avaient sur nous.

J’ai été terrassée par la grippe. Et je suis une très mauvaise malade… J’ai du mal avec la sensation de faiblesse, les contraintes dues à la fièvre, la fatigue de la toux… Les premiers jours, la frustration était très forte. Et puis j’ai accepté de devoir me reposer, de ne pas pouvoir faire ce que je fais habituellement. J’ai profité de mon immobilisation forcée pour faire un petit bilan personnel, pour écouter de la musique, pour être dans le moment présent, tout simplement. Concrètement, j’étais toujours malade, toujours aussi faible. Rien n’a changé physiquement, matériellement. Par contre, émotionnellement, j’étais beaucoup plus disponible, beaucoup plus ouverte, beaucoup plus sereine. Et c’est ce qui a fait toute la différence. C’est en acceptant mon état de faiblesse que j’ai pu vivre de jolis moments. C’est en acceptant d’être malade et que ça prendra quelques jours avant de voir une amélioration que j’ai été disponible émotionnellement.

Accepter une situation permet une mise en perspective, une distanciation qui favorise l’action. C’est par l’acceptation que la prise de recul est possible. Tant qu’on refuse une situation, on ne peut être disponible émotionnellement. On est englué dans notre stress, notre colère, notre frustration et que sais-je encore. On alimente de fait l’emprise qu’à la situation sur nous. Pour reprendre les rênes de notre vie, il faut être capable d’accepter de ne pas tout maitriser, et de laisser ces expériences nous enseigner ce dont nous avons besoin.

En acceptant de vivre des expériences inconfortables, nous nous ouvrons à des aventures bien plus enrichissantes que notre quotidien si bien maitrisé (du moins le pensons-nous….).

Accepter c’est aussi prendre conscience que chaque émotion a sa propre valeur. En acceptant la tristesse, la frustration, la douleur même, on enrichit notre dictionnaire émotionnel personnel. Elles peuvent en plus mettre en perspective d’autres émotions plus positives, plus agréables. C’est en explorant l’éventail de nos émotions que nous parvenons à nous connaitre vraiment. En acceptant le fait que chaque émotion peut nous apporter quelque chose, nous nous permettons de vivre une expérience de vie bien plus riche.

Accepter c’est donc être en paix avec ce que la vie nous apporte, que ce soit positif ou négatif.

 2. L’acceptation des autres

Accepter l’autre est indispensable pour vivre plus sereinement. Nous vivons parmi les autres, avec les autres. Et les accepter tels qu’ils sont peut vraiment et simplifier et apaiser nos relations.

Accepter l’autre, ce n’est pas le juger. Il faut donc se décentrer et ne pas le voir à travers le prisme de ses propres valeurs. Ce n’est qu’en prenant de la distance, qu’en l’observant le plus objectivement possible qu’on peut parvenir à l’accepter. Cette personne n’est pas ‘plus…. ‘ou ‘moins ….’ que nous. Elle est, tout simplement.

Accepter l’autre, c’est prendre conscience qu’il suit son propre chemin, qu’il vit ses propres expériences, indépendamment de nous. C’est accepter sa différence et lui accorder de la valeur. Et au-delà de ça, c’est aussi l’opportunité d’observer un cheminement différent, et d’en tirer des enseignements. Et pour ce faire, il faut être capable d’avoir des relations apaisées avec les autres.

Accepter l’autre c’est donc faire preuve d’ouverture d’esprit, d’indulgence, de compréhension et se permettre des relations plus harmonieuses. Par contre, il est nécessaire d’établir des limites bien définies. Ce n’est pas parce qu’on accepte l’autre pour ce qu’il est qu’on l’autorise à nous blesser, à nous juger. Dans l’absolu, on peut attendre de l’autre la même acceptation. Dans l’absolu. En réalité, ne nous leurrons pas, le jugement d’autrui est une chose plutôt commune. A nous de savoir nous en protéger, d’en tirer les enseignements nécessaire et de passer à autre chose.

Accepter d’être jugé est aussi une expérience plutôt intéressante si on y réfléchit bien. je ne peux empêcher les autres de me juger à travers le prisme de leur propre expérience de vie. Pour autant, il m’appartient de ne pas permettre à ce jugement extérieur d’atteindre ma sérénité, mon équilibre intérieur. Pendant des années, j’ai été jugée, jaugée également, du fait des troubles du comportement de ma fille. Étant maman solo, ils ne pouvaient s’expliquer que par mon incompétence maternelle… au départ, j’ai beaucoup souffert de ce jugement injuste et si loin de la réalité. Et puis j’ai pris la décision d’accepter ce jugement pour ce qu’il était: de l’ignorance, de l’incompréhension, de l’intolérance. Peu à peu, je me suis détachée, j’ai accepté qu’il ne m’atteigne plus. Je dois avouer que ça n’a pas été facile, la frustration reprenait parfois le dessus. Le sentiment d’injustice m’oppressait parfois. Mais j’ai tenu bon. J’avais défini ma ligne de conduite, et j’espérais que, de guerre lasse, on ferait preuve de plus d’empathie. Ce qui n’est jamais arrivé. Par contre, tout a changé lorsqu’on a eu un diagnostique. Si j’ai été soulagée (je n’y étais effectivement pour rien!!), ceux qui ont été si prompts à me juger se sont sentis bien mal à l’aise (ma fille souffrait d’une tumeur cérébrale). Mon attitude n’a en rien changé. Par contre j’ai pu constater un grand changement chez ceux qui m’avaient jugée… En définitive, la leçon n’était pas pour moi, mais pour eux. J’espère qu’ils l’ont retenue, l’avenir nous le dira. Pendant ces années où leur regard se faisait vraiment pesant, j’ai moi aussi appris quelque chose: faire preuve d’intégrité, garder la tête haute, faire preuve de compassion. Nous en avons donc tous tiré quelque chose.

Enfin, il est un écueil dont il faut prendre conscience: lorsqu’on travaille sur soi, lorsqu’on découvre des philosophies, des pratiques qui nous conviennent, nous pouvons faire preuve d’un enthousiasme important et vouloir partager nos découvertes avec notre entourage.  Sans parfois prendre en compte leur propre cheminement. Voir le nier. Partager son expérience, partager son voyage est une étape vraiment enrichissante. Mais il faut aussi être capable d’accepter que l’autre ne soit pas réceptif, qu’il a son propre voyage à faire, son propre cheminement, son propre rythme. J’ai personnellement beaucoup de mal à me voir imposer des principes ou des préceptes parce que telle ou telle a entendu que ce truc était vraiment bien et que je devrais vraiment essayer, vraiment, parce que c’est ce qu’il FAUT faire….. euh…. comment dire… non. Si j’ai envie de tenter l’expérience, ce sera avec joie, mais par contre, je ne pense vraiment pas qu’il existe une seule et unique façon de …. de quoi d’ailleurs? De grandir? De prendre soin de soi? De se sentir bien dans son corps?

Je n’attends pas d’autrui qu’il accepte mon cheminement. Il m’est propre et je suis la seule concernée au final. Par contre, il m’appartient de préserver mon intégrité et de ne pas me laisser envahir. Pour cela, il me faut savoir où je me situe, et surtout accepter d’être celle que je suis.

Accepter les autres, c’est donc être en paix vis à vis d’eux.

3. L’acceptation de soi.

C’est au final l’étape la plus difficile. Mais elle est aussi la base du reste. S’accepter, c’est à la fois faire preuve d’honnêteté et de tolérance envers soi…

S’accepter, c’est prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses sans se juger, en essayant d’être le plus objectif et exhaustif possible. « Je suis comme ça. Et alors? »

On a trop souvent tendance à être très dur avec soi-même, bien plus qu’avec autrui. Nos défauts prennent le pas sur nos qualités. Pour autant, les accepter comme la preuve de notre imperfection les rend beaucoup plus ‘vivables’. Parce que non, désolée, personne n’est parfait, et que nos défauts, petits ou grands, font de nous ce que nous sommes au même titre que nos qualités.

S’accepter tels que nous sommes nous libère de la pression du regard d’autrui, du jugement d’autrui. Je sais qui je suis, je sais ce que je dois améliorer, ce qui fait ma force, ce qui est ma faiblesse. Si je le désire, je peux travailler sur moi et agir sur un domaine particulier. Mais si il est temps pour moi de faire une pause et de juste prendre conscience de celui ou celle que je suis aujourd’hui, je peux tout aussi bien le faire.

S’accepter passe par ce temps d’observation intérieur. Ce temps où on se permet de regarder le plus sincèrement possible la personne que nous sommes. Encore une fois, sans jugement aucun. Faire un état des lieux, un constat. Libre à nous d’en faire ce que nous voulons par la suite.

S’accepter c’est surtout se dire: « Je suis comme ça. Et c’est très bien ainsi. » A nous de prendre conscience des changements que la vie et son voyage opère sur nous, d’accepter que rien n’est gravé dans le marbre et qu’on va évoluer, mais que ce sera bien aussi.

S’accepter c’est donc surtout être en paix avec soi même.

Je ne suis qu’au début de mon cheminement sur l’acceptation…. je pense que le voyage sera riche ce mois-ci. Je n’oublierai pas de partager mes étapes, mes balises, mes escales.
Pour moi, ça ne sera pas la partie la plus simple, mais ce sera certainement l’une des plus riches. J’espère qu’il en sera de même pour vous.

lemonade

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