Symbole n°31: Dwennimmen

Dwennimen « cornes de bélier » est un autre symbole adinkra. Il signifie « même les puissant doivent être humbles ». Le symbole représente la vue aérienne de deux béliers front à front, leurs cornes symbolisant la force et l’humilité. Force lorsqu’il s’agit d’affronter un danger ou un rival, humilité face au berger.

J’aime l’idée de rapprocher ces deux idées, de les rendre interdépendantes. Bien souvent, avec le pouvoir vient l’assurance, qui peut vite se mouvoir en arrogance, avec en filigrane l’idée d’invincibilité. On peut le voir chaque jour. Combien le fait d’avoir un quelconque pouvoir peut transformer. parce qu’avec le pouvoir viennent les relations verticales, l’échange n’est plus équitable mais teinté d’une notion de ‘faveur’, le don n’en est plus vraiment un. On en reçoit plus non plus vraiment, on est conseillé. Le rapport aux autres change également. Une hiérarchie s’instaure, la valeur de chacun dépendant de la place qu’il occupe. On peut le constater dans des domaines aussi divers que le professionnel, l’amical, le sportif. A partir d’un moment où des individus interagissent dans un groupe, certains seront plutôt meneurs, d’autres suiveurs, alors que d’autres encore préfèreront rester en dehors et garderont une certaine indépendance.

Le corollaire de ce genre de dynamique, est que bien des meneurs profitent de leur position pour entretenir et pérenniser leur ‘pouvoir’, encouragés par les suiveurs qui eux trouvent une certaine sécurité dans ce fonctionnement. Ce n’est pas un souci en soi, dès lors qu’il n’y a pas abus de pouvoir. Et c’est en cela qu’il est vraiment intéressant de lier la force, le pouvoir, avec l’humilité. C’est en gardant en tête la fragilité d’une position sociale, et en tentant de se rendre digne de l’honneur ou des responsabilités qui lui ont été accordées qu’un meneur a un rôle positif pour tous. Il a été choisi (la plupart du temps) pour des qualités qui correspondent à un besoin donné, à un moment donné. La confiance qui lui est accordée repose sur ces qualités, ces valeurs. Elles constituent un socle sur lequel il peut se reposer pour accompagner les autres, les élever également.

Et c’est l’humilité qui le fait rester les pieds sur terre. Il est tellement aisé de se laisser griser par le pouvoir, qu’il soit politique, économique, social, professionnel etc. C’est l’humilité, le fait de savoir d’où on vient, qui on est, pourquoi on en est là, qui permet de se concentrer sur la tache à accomplir et à faire abstraction des obstacles et des illusions qui parsèment le chemin. Le pouvoir peut être retiré aussi facilement qu’il a été octroyé. C’est quelque chose de très fragile. Et au final, ce qui compte réellement, c’est ce qu’on est, ce en quoi on croit.

J’ai de la chance, le pouvoir ne m’a jamais attirée, quel qu’il soit. Je n’ai pas non plus l’esprit de compétition. Je suis vraiment un électron libre, et je m’efforce de le rester (mais n’est-ce pas là aussi, un élément de pouvoir, en fait?). J’ai beaucoup de mal avec la notion de hiérarchie, même si je conçois son utilité dans certains cas. Je n’ai aucun goût pour les relations verticales. Mais j’ai aussi parfaitement conscience qu’on ne peut tout faire seul. On délègue dès lors le pouvoir d’agir à celui qui nous parait le plus compétent en la matière. Lorsqu’il s’agit effectivement de quelqu’un qui peut apporter des solutions et qui s’engage à le faire, cela bénéficie à tous. C’est ce que j’appellerai la pratique humble du pouvoir. Par contre, avec le temps ou pour certaines fonctions, l’objectif n’est plus d’apporter son aide ou des solutions mais uniquement d’occuper une position, pour nourrir son égo… Et là c’est une catastrophe… Qui malheureusement s’est presque érigée en norme au fil du temps. C’est mon point de vue et heureusement qu’il existe des exceptions…

Bien, ceci étant dit, la force et l’humilité peuvent aussi s’exercer intérieurement, et non pas uniquement dans les relations sociales. Ce sont des qualités qui, bien équilibrées, nous permettent d’évoluer de manière sure et assurée. « Je ne présage pas de ma force, mais je vais tenter de faire de mon mieux » en est l’illustration. Je ne suis pas sûre de réussir, mais je vais essayer de passer ce pallier. Lorsqu’on est confronté à une difficulté, à un obstacle, on peut faire preuve de force tout en demandant l’aide et en s’appuyant sur ceux qui nous la propose. Pour ma part, je ne serai certainement pas là où j’en suis aujourd’hui si je n’avais pas été entourée par mes proches, par tout un réseau qui m’a maintenue la tête hors de l’eau, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Et j’ai bien conscience de tout ce que je leur dois. J’essaie à mon tour d’aider quand et comme je le peux, en faisant de mon mieux.

Bref, cette semaine, je prends conscience de ma force et je reste humble face à ce que j’ai accompli. Je prends conscience que force et humilité sont des composantes essentielles de mon chemin de vie.

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