Épopée 2019: carte n°16. Je me RESSOURCE

J’ai donc surgi de mes cendres, une fois encore, mais cette fois c’est différent. Pour compléter le processus, j’ai besoin de me ressourcer. De puiser dans tout ce qui me donne du plaisir, de la sérénité. De passer du temps seule, d’écouter de la musique, de gribouiller, de me laisser envahir par la nature qui m’entoure. De partager des moments avec mes proches.

Parce que pour que le processus d’intégration puisse s’accomplir, j’ai du mettre mon âme à nu, purger mon corps, vider mon esprit, pour ne garder que l’essence de ce que je suis. Maintenant que ma mue est terminée, il est temps pour moi de me nourrir de ce qui me donnera la force de poursuivre mon chemin. Et si je sais qu’il sera bien moins tumultueux que ce qu’ai pu vivre jusqu’ici, j’ai également conscience que j’ai encore beaucoup à apprendre.

Je prends donc le temps de me ressourcer, et tout me parait bien plus léger, plus facile, évident. Je suis mes envies, les occasions qui se présentent. Je suis dans un flux constant de douce évidence. Et pour une fois, je sens que je n’ai pas à rester sur mes gardes, à attendre le coup du sort qui me ramènera brutalement à terre. Parce que tout est clair, limpide, ouvert. Je n’ai rien à cacher, rien à expliquer, rien à comprendre. Je peux me laisser bercer, et envisager la suite avec sérénité.

Alors je me plonge dans la contemplation de la pluie qui semble apporter à la fois un peu de fraicheur et un renouveau autour de moi. Je la sens laver et nourrir mon âme, tout comme elle redonne un peu de vie et d’espoir à la nature accablée par le feu des derniers jours. Et je souris de la synchronicité de ma vie interne avec ma vie externe.

J’observe ces oiseaux qui semblent trouver mon balcon accueillant, surtout lorsque je joue de la flute. Nos chants se mêlent et transmettent leur message dans l’air à qui a besoin de l’entendre.

Je laisse mes doigts dessiner des motifs plus ou moins entrelacés, ils suivent leur propre rythme, ont leur propre histoire à raconter. Et j’aime penser à ces fragments comme de potentielles futures saga. Je les laisse également donner vie à ces idées qui jusqu’ici restaient oniriques. Je leur permet de venir à la lumière.

Je me laisse absorber par mes lectures, qu’elles soient fictionnelles ou informatives. J’ai plaisir à lire des passionnés qui définitivement sont mes contribules. Je me sens enfin appartenir, du moins en partie, à quelque chose qui me nourrit de surcroit.

Je dévoile à mes proches le pourquoi du comment de mes choix de vie sereinement, parce qu’il est temps pour eux de cesser de s’inquiéter et de projeter leurs peurs sur ma propre vie. En douceur, sincèrement, avec compassion. Et c’est là que je perçois le plus grand changement. J’assume, sereinement, je peux poser des mots sur mon cheminement, avec force mais tout en douceur. J’ai abandonné sur le chemin cette fausse pudeur qui me servait de bouclier. Je n’ai plus peur de les heurter, mais au contraire, mes mots les rassurent et leur permettent de mieux comprendre, et d’accepter. Parce que bien souvent, l’incompréhension vient de la projection de son propre vécu sur celui d’autrui. Alors que chaque cheminement est différent. En acceptant leur vision, pleinement, je me libère de cette contrainte et je me permets de pouvoir exprimer la mienne. Il n’y a plus de jugement, ni d’une part ni de l’autre, mais une sincérité et une intégration.

Je m’immerge dans la musique. Et je laisse les paroles me transmettre leur message si longtemps obscur mais que je suis prête à saisir maintenant.

Je prends soin de ma gardienne, de celle qui m’a accompagnée ces 16 dernières années de sa présence discrète mais si importante à mes yeux.

Je laisse mon esprit gambader dans des contrées qui ne sont que siennes, pour en ramener l’inspiration qui me fera vibrer à plus ou moins long terme.

Et je me surprends à sourire la plupart du temps, parce que je me sens bien.

Bientôt, je sortirai de mon refuge pour me confronter au monde de nouveau, mais je sais d’ores et déjà que ce détachement ne me quittera pas. Parce qu’il fait partie de celle que je suis aujourd’hui. Et c’est très bien comme ça.

Cette semaine, donc, je me ressource. Et je vous souhaite la même chose. Parce qu’on a trop souvent tendance à s’oublier et à se laisser emporter par le tourbillon de ce qui nous entoure. Alors que rien ne nous y oblige, en réalité. Tout n’a pas à nous atteindre en plein cœur. Tout n’a pas à nous agresser. Il y a toujours ces petits riens qui nous ramènent à qui on est, et il nous appartient de les distinguer dans le tumulte et d’en profiter. Parce qu’ils sont ce qui nous permet de patienter dans la tourmente, et de garder notre but en tête, quoi qu’il se passe. Ils sont les clés qui ouvrent les portes vers ce que nous sommes.

Et vous, qu’est-ce qui vous ressource?

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