Symbole n°31: Dwennimmen

Dwennimen « cornes de bélier » est un autre symbole adinkra. Il signifie « même les puissant doivent être humbles ». Le symbole représente la vue aérienne de deux béliers front à front, leurs cornes symbolisant la force et l’humilité. Force lorsqu’il s’agit d’affronter un danger ou un rival, humilité face au berger.

J’aime l’idée de rapprocher ces deux idées, de les rendre interdépendantes. Bien souvent, avec le pouvoir vient l’assurance, qui peut vite se mouvoir en arrogance, avec en filigrane l’idée d’invincibilité. On peut le voir chaque jour. Combien le fait d’avoir un quelconque pouvoir peut transformer. parce qu’avec le pouvoir viennent les relations verticales, l’échange n’est plus équitable mais teinté d’une notion de ‘faveur’, le don n’en est plus vraiment un. On en reçoit plus non plus vraiment, on est conseillé. Le rapport aux autres change également. Une hiérarchie s’instaure, la valeur de chacun dépendant de la place qu’il occupe. On peut le constater dans des domaines aussi divers que le professionnel, l’amical, le sportif. A partir d’un moment où des individus interagissent dans un groupe, certains seront plutôt meneurs, d’autres suiveurs, alors que d’autres encore préfèreront rester en dehors et garderont une certaine indépendance.

Le corollaire de ce genre de dynamique, est que bien des meneurs profitent de leur position pour entretenir et pérenniser leur ‘pouvoir’, encouragés par les suiveurs qui eux trouvent une certaine sécurité dans ce fonctionnement. Ce n’est pas un souci en soi, dès lors qu’il n’y a pas abus de pouvoir. Et c’est en cela qu’il est vraiment intéressant de lier la force, le pouvoir, avec l’humilité. C’est en gardant en tête la fragilité d’une position sociale, et en tentant de se rendre digne de l’honneur ou des responsabilités qui lui ont été accordées qu’un meneur a un rôle positif pour tous. Il a été choisi (la plupart du temps) pour des qualités qui correspondent à un besoin donné, à un moment donné. La confiance qui lui est accordée repose sur ces qualités, ces valeurs. Elles constituent un socle sur lequel il peut se reposer pour accompagner les autres, les élever également.

Et c’est l’humilité qui le fait rester les pieds sur terre. Il est tellement aisé de se laisser griser par le pouvoir, qu’il soit politique, économique, social, professionnel etc. C’est l’humilité, le fait de savoir d’où on vient, qui on est, pourquoi on en est là, qui permet de se concentrer sur la tache à accomplir et à faire abstraction des obstacles et des illusions qui parsèment le chemin. Le pouvoir peut être retiré aussi facilement qu’il a été octroyé. C’est quelque chose de très fragile. Et au final, ce qui compte réellement, c’est ce qu’on est, ce en quoi on croit.

J’ai de la chance, le pouvoir ne m’a jamais attirée, quel qu’il soit. Je n’ai pas non plus l’esprit de compétition. Je suis vraiment un électron libre, et je m’efforce de le rester (mais n’est-ce pas là aussi, un élément de pouvoir, en fait?). J’ai beaucoup de mal avec la notion de hiérarchie, même si je conçois son utilité dans certains cas. Je n’ai aucun goût pour les relations verticales. Mais j’ai aussi parfaitement conscience qu’on ne peut tout faire seul. On délègue dès lors le pouvoir d’agir à celui qui nous parait le plus compétent en la matière. Lorsqu’il s’agit effectivement de quelqu’un qui peut apporter des solutions et qui s’engage à le faire, cela bénéficie à tous. C’est ce que j’appellerai la pratique humble du pouvoir. Par contre, avec le temps ou pour certaines fonctions, l’objectif n’est plus d’apporter son aide ou des solutions mais uniquement d’occuper une position, pour nourrir son égo… Et là c’est une catastrophe… Qui malheureusement s’est presque érigée en norme au fil du temps. C’est mon point de vue et heureusement qu’il existe des exceptions…

Bien, ceci étant dit, la force et l’humilité peuvent aussi s’exercer intérieurement, et non pas uniquement dans les relations sociales. Ce sont des qualités qui, bien équilibrées, nous permettent d’évoluer de manière sure et assurée. « Je ne présage pas de ma force, mais je vais tenter de faire de mon mieux » en est l’illustration. Je ne suis pas sûre de réussir, mais je vais essayer de passer ce pallier. Lorsqu’on est confronté à une difficulté, à un obstacle, on peut faire preuve de force tout en demandant l’aide et en s’appuyant sur ceux qui nous la propose. Pour ma part, je ne serai certainement pas là où j’en suis aujourd’hui si je n’avais pas été entourée par mes proches, par tout un réseau qui m’a maintenue la tête hors de l’eau, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Et j’ai bien conscience de tout ce que je leur dois. J’essaie à mon tour d’aider quand et comme je le peux, en faisant de mon mieux.

Bref, cette semaine, je prends conscience de ma force et je reste humble face à ce que j’ai accompli. Je prends conscience que force et humilité sont des composantes essentielles de mon chemin de vie.

Épopée 2019: carte n°16. Je me RESSOURCE

J’ai donc surgi de mes cendres, une fois encore, mais cette fois c’est différent. Pour compléter le processus, j’ai besoin de me ressourcer. De puiser dans tout ce qui me donne du plaisir, de la sérénité. De passer du temps seule, d’écouter de la musique, de gribouiller, de me laisser envahir par la nature qui m’entoure. De partager des moments avec mes proches.

Parce que pour que le processus d’intégration puisse s’accomplir, j’ai du mettre mon âme à nu, purger mon corps, vider mon esprit, pour ne garder que l’essence de ce que je suis. Maintenant que ma mue est terminée, il est temps pour moi de me nourrir de ce qui me donnera la force de poursuivre mon chemin. Et si je sais qu’il sera bien moins tumultueux que ce qu’ai pu vivre jusqu’ici, j’ai également conscience que j’ai encore beaucoup à apprendre.

Je prends donc le temps de me ressourcer, et tout me parait bien plus léger, plus facile, évident. Je suis mes envies, les occasions qui se présentent. Je suis dans un flux constant de douce évidence. Et pour une fois, je sens que je n’ai pas à rester sur mes gardes, à attendre le coup du sort qui me ramènera brutalement à terre. Parce que tout est clair, limpide, ouvert. Je n’ai rien à cacher, rien à expliquer, rien à comprendre. Je peux me laisser bercer, et envisager la suite avec sérénité.

Alors je me plonge dans la contemplation de la pluie qui semble apporter à la fois un peu de fraicheur et un renouveau autour de moi. Je la sens laver et nourrir mon âme, tout comme elle redonne un peu de vie et d’espoir à la nature accablée par le feu des derniers jours. Et je souris de la synchronicité de ma vie interne avec ma vie externe.

J’observe ces oiseaux qui semblent trouver mon balcon accueillant, surtout lorsque je joue de la flute. Nos chants se mêlent et transmettent leur message dans l’air à qui a besoin de l’entendre.

Je laisse mes doigts dessiner des motifs plus ou moins entrelacés, ils suivent leur propre rythme, ont leur propre histoire à raconter. Et j’aime penser à ces fragments comme de potentielles futures saga. Je les laisse également donner vie à ces idées qui jusqu’ici restaient oniriques. Je leur permet de venir à la lumière.

Je me laisse absorber par mes lectures, qu’elles soient fictionnelles ou informatives. J’ai plaisir à lire des passionnés qui définitivement sont mes contribules. Je me sens enfin appartenir, du moins en partie, à quelque chose qui me nourrit de surcroit.

Je dévoile à mes proches le pourquoi du comment de mes choix de vie sereinement, parce qu’il est temps pour eux de cesser de s’inquiéter et de projeter leurs peurs sur ma propre vie. En douceur, sincèrement, avec compassion. Et c’est là que je perçois le plus grand changement. J’assume, sereinement, je peux poser des mots sur mon cheminement, avec force mais tout en douceur. J’ai abandonné sur le chemin cette fausse pudeur qui me servait de bouclier. Je n’ai plus peur de les heurter, mais au contraire, mes mots les rassurent et leur permettent de mieux comprendre, et d’accepter. Parce que bien souvent, l’incompréhension vient de la projection de son propre vécu sur celui d’autrui. Alors que chaque cheminement est différent. En acceptant leur vision, pleinement, je me libère de cette contrainte et je me permets de pouvoir exprimer la mienne. Il n’y a plus de jugement, ni d’une part ni de l’autre, mais une sincérité et une intégration.

Je m’immerge dans la musique. Et je laisse les paroles me transmettre leur message si longtemps obscur mais que je suis prête à saisir maintenant.

Je prends soin de ma gardienne, de celle qui m’a accompagnée ces 16 dernières années de sa présence discrète mais si importante à mes yeux.

Je laisse mon esprit gambader dans des contrées qui ne sont que siennes, pour en ramener l’inspiration qui me fera vibrer à plus ou moins long terme.

Et je me surprends à sourire la plupart du temps, parce que je me sens bien.

Bientôt, je sortirai de mon refuge pour me confronter au monde de nouveau, mais je sais d’ores et déjà que ce détachement ne me quittera pas. Parce qu’il fait partie de celle que je suis aujourd’hui. Et c’est très bien comme ça.

Cette semaine, donc, je me ressource. Et je vous souhaite la même chose. Parce qu’on a trop souvent tendance à s’oublier et à se laisser emporter par le tourbillon de ce qui nous entoure. Alors que rien ne nous y oblige, en réalité. Tout n’a pas à nous atteindre en plein cœur. Tout n’a pas à nous agresser. Il y a toujours ces petits riens qui nous ramènent à qui on est, et il nous appartient de les distinguer dans le tumulte et d’en profiter. Parce qu’ils sont ce qui nous permet de patienter dans la tourmente, et de garder notre but en tête, quoi qu’il se passe. Ils sont les clés qui ouvrent les portes vers ce que nous sommes.

Et vous, qu’est-ce qui vous ressource?

Épopée 2019: mise à jour des symboles

Ces derniers temps, j’ai préféré utiliser un stylo gel blanc pour mes cartes symboles, au lieu de mes Uni pin noirs… et franchement, je trouve que c’est beaucoup mieux comme ça. Du coup, puisqu’il fait trop chaud pour faire quoi que ce soit, j’ai repris toutes mes cartes symboles pour les passer au blanc….

les cartes originales:

et la nouvelle version… je trouve vraiment que ça change tout!

Qu’en pensez-vous?

Symbole n°30: Le Phoenix.

Cette semaine, nous allons voyager avec le Phoenix. Cet oiseau mythique, que l’on retrouve dans différentes civilisations et à travers l’histoire, symbole la renaissance. Il est dit que lorsque le Phoenix arrive à la fin d’un cycle, il se construit un nid fait d’encens, d’épices et d’aromates, puis s’expose au soleil, qui l’enflamme. Un autre phœnix apparait des cendres 3 jours plus tard. Il symbolise donc la mort et la résurrection, la fin d’un cycle et le début d’un nouveau. (vous pouvez lire cet article, qui me parait plutôt complet sur le sujet).

Quant à moi, je suis clairement en train d’expérimenter cette dynamique. Même si il m’aura fallu plus de 3 jours pour renaitre de mes cendres…. Disons plutôt un peu plus de 3 ans. Mais peu importe en réalité. J’ai la chance de pouvoir vivre un nouveau cycle, qui ne sera, je le sais déjà, ni le premier, ni le dernier de ma vie. Dans mon article de lundi, j’ai déjà parlé des précédents brasiers qui, dans ma vie, m’ont réduite en cendre. Non seulement j’ai survécu, mais j’en suis sortie à chaque fois plus forte, grandie, plus sage aussi. Mais pour ce faire, il a fallu que je sois détruite. Physiquement, psychologiquement, ou encore émotionnellement. Chaque incendie avait son propre incendiaire, qui, j’en ai conscience aujourd’hui, possédait une leçon bien particulière qu’il m’appartenait d’intégrer. Être réduite en cendres n’est jamais un processus indolore. Néanmoins, le feu est aussi purificateur et, quelque part, il m’apparait évident de ne commencer un nouveau cycle qu’une fois débarrassée de tout ce qui n’a plus lieu d’être. De repartir avec les idées claires, avec une énergie renouvelée et positive. Pour autant, avant de commencer un nouveau cycle, il faut intégrer ce qui doit l’être, afin de partir sur de nouvelles bases, plus solides.

C’est le cas aujourd’hui. J’ai levé les derniers voiles, j’ai fini d’explorer les derniers recoins de mon cocon. Cette fois, j’avais eu besoin de rester à l’intérieur de mon tas de cendres pour me laisser le temps d’intégrer la fin du dernier cycle, mais aussi mettre un terme aux précédents, qui finalement, continuaient de couver…

Il est donc temps pour moi, comme pour le phœnix, de renaitre de mes cendres et d’explorer un nouveau cycle dans ma vie. Et pour être tout à fait sincère, cette seule pensée me remplit de joie.

Je me retourne donc une dernière fois sur ce tas de cendres, symbole du cycle qui s’est achevé, cocon sûr qui a su me protéger pour me permettre d’accomplir ma transformation. Et je déploie mes ailes pour pouvoir m’élever vers ce qui m’attend, dispersant les cendres au vent.

2019 Epopee: card #15. I am RISING from my ashes.

As I am getting ready to face another heat wave in my area, I pondered about the fact that I really can’t stand heat. Well… THAT heat. Too warm for me, I am more a winter girl than a summer one… as I was thinking about the discomfort of the physical heat, I came to think about the fact that the emotional one, or the psychological one don’t bother me at all. Probably because some arsons put me into ashes more than once in my lifetime…. but I rose from them. Stronger, different, grown. Each and every time.

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edit: I took some time to write and post what follows… I pondered whether or not I would share these very personal experiences… But well, I guess that if it was time for me to share them, it means that it was time for you to read them too… so now you know where I come from…. you don’t need to read my rambling if you don’t feel like it, you can also go directly to my card at the end, I won’t mind, promise!

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The first arson was probably high school system I had to live through. I didn’t fit. And I didn’t really want to fit either… Think about a middle class country teen thrown into a prep school where money were all that mattered. Well, you get a pretty good image of what it was, even if it was a public downtown elitist high school. You were assured to get your final exam there (what they don’t tell you, is that they would throw you without any remorse before that, if they thought you couldn’t be an asset… We were only success percentages to these people…. elitists as I said). Anyway, the first months there were pure hell. Peer pressure, subtle ways to make me really feel my non belonging to the place, administration pressure, who only saw percentage of success to the final exam in each of us. If we were considered unable to fulfill the goal they had, they did all they could to make us leave… Nice people, really… Anyway, It put me into ashes, purely… I was denied the right to be who I started to be, I had to fit in this mold by all means… Thing is, I wasn’t the submissive kind of kid… so they tries to break me… and they succeeded, to a point, for almost a year… But I came back, with the will to show them the abuse of their system, and that I didn’t need them (my so called peers and/or the system they built there) to succeed. My senior year, I just used textbooks, I didn’t care about the lessons. I went to each and every class I was supposed to go, but only because the setting was perfect to study my own way. Yes, I was that weird girl lol. I made some friends in the process, other outcasts, as well as a place to hang out with them and have good coffee…. and some protection from bad asses that I saw as the teddy bears they actually were. So yes, at first, the whole system crushed me. Burnt my soul. But I learned how to fight. As they say, to beat the system, you have to understand it first. So this is when I learned to step back and observe. And I saw how I could survive in it without belonging to it. I was on the edge, but never broke a rule… They couldn’t fire me, and I was a constant reminder of what they didn’t want to see/be. I learned how to fight with my mind, how to look at people for who they really are. How to cope with life, really. And who I wanted to be. I also realize that WHAT you are wasn’t as important as WHO you are. I set my priorities, and I became stronger that I ever expected to be. And for those who wonder: yes, I passed my final exams, with distinction. And I don’t owe anything to anyone but me for that. This is what I call my first rite of passage… And if it nearly destroyed me (I considered suicide several times, and I know that I wasn’t the only one, this institution really had its way to crush teens…), I had within this will to live and to rise above my own ashes that gave me all I needed to go on and get out of there. And see… it backfired on the system: I am now a teacher for more than 10 years, making sure that each and every kid feels welcomed and takes pleasure to learn in my classroom, for the year they spend there with me. I refused the system I had to go through but armed myself mentally to face it and to find its weak point… I make sure to plant seeds of self confidence, of openness, of mutual aid so that if they have to face something similar at one point of their life, they have the tools to face it too. And beat the system too, if needed. When you are face to face with an arsonist who lacks the most basic human values, you show it what being human means! And let it backfire at them.

The second arson I had to deal with was cancer… And it took place the year of a huge heat wave… so I was both burning outside (remember, no air conditioning here!) and inside (chemo literally burned my veins, and rays burned my thyroid, among other parts of my body). Cancer put my body into ashes… Before treatments, I was rather healthy (if you forget about this golf ball growing on my left shoulder). At the end, I was so week I couldn’t really focus on anything, I had to really need to go anywhere to be able to move my body to go there, I was in constant pain, and my self esteem was at its lowest point. I live with my new husband at my parents… And I soon realized that « I » had to care about them. They didn’t handle the fact that I was sick very well… My husband had to deal with living in a new country which language he didn’t speak, my parents were too devastated (my mom once told me « it’s worse for me than it is for you »… huh, mom, I don’t think so, but… whatever, while my father couldn’t watch at my bald head, so he just avoid looking at me at all). I quickly understood that I could only count on me. I even tried to help them cope as I could, but I was fighting for my life and I had to focus on that first and foremost. I kept as much as I could to myself so that I didn’t have to deal with having to help them too… A lonely lonely journey… that taught me that I had a real deep core will to live… And that it was stronger than anything else. It harden me too. Psychologically. I remember, a months after my last treatment, I went to a place to make what they call a competence check up, to see which career I could think about… I didn’t talk about cancer, and I took the test… a coupe of day later, one of the persons asked me to come and talk, he had something he wanted to talk about in my results… One of my results was really awkward, he only saw it once with a veteran after 3 years in the legion corp (one of the hardest army branch you can find). I smiled which I guess scared him a bit more, and I told him I was just done with a 9 months war against cancer… that I won, but I still had to come back to a more civilized life, which I was working on it, but that it would take time to digest what I had to face and take lessons fro that experience. I will never forget the relief on his face. No, I wasn’t a sociopath… I was just a survivor, a warrior on my own… Sadly, what I learned through the process is that I couldn’t rely on those closest to me when faced to a real crisis… they just can’t handle that. It’s not their fault, they just aren’t wired to do so. I discovered that I was, on the other hand. I then was ready to face anything… or so I thought….

A few years later came the third arson… a toxic, really toxic one. My husband was bipolar, and became an alcoholic. A lot of things led him to that. Thing is, he wasn’t alone. I was took in the descending spiral, as well as our daughter. A spiral of pure, constant, hell… I had to face daily violence (never went physical though, probably because he knew I would reply and that he would be in big big trouble…). It took years for me to take things on hands and to call for help (well, years and a dramatic event when he reached my breaking point). I reached help from everybody I could think of…. and was left alone dealing with his disease. You can’t help someone who doesn’t want to be helped…. so I could only try to protect my daughter as well as I could, while trying to get her father medical assistance… and working full time to be a teacher (this is when I took the decision to take the competitive exam, in order for me to support my daughter if I had to be a single mother….). This fire burned love, trust, self esteem, taught me to ignore people reactions… It also gave me the opportunity to build my determination. I wasn’t alone this time, I had to take care of my daughter…. When he finally went back to the USA, to his family, I had to deal with the feeling of a total fail… My whole world had been crushed, put into ashes. I had accepted more that I would have ever thought, I had to provide safety and stability to my daughter. I put her first. I knew I wasn’t done with her father disease, that I would have to fight… and I had to be ready to do so. But this time, I couldn’t go full warrior. I had to be a loving caring mother too… So it was probably the hardest: I went out of my comfort zone, for her, to offer her a peaceful and safe childhood. It became ugly with her father… death threats, harassment, for years. I was safe anyway, as he was an ocean and a continent away… I forgot about myself… I was my own arsonist, putting me into ashes to let the warrior rise from it, to be able to be a mother, a protector and a provider…. nothing else mattered… And I guess I only now recover from that time, 11 years later. It took me that time to even thinking about eventually letting anyone come into my life. It took me that time to reconcile with the woman in me. And let her rise above all that, at last.

But before that I had to face the worst nightmare of all… My daughter’s disease. While fighting to protect her, I also had to fight with her crisis… Rage crisis. Who could happen anywhere, at any time, in front of anybody… nice, huh? Of course, as I was a single parent, the blame was put on me. I didn’t know how to raise her, I didn’t do anything right. people closer to us could witness the struggle and were very supportive. I did all I could to help her. I looked for help, I did researches, I tried everything I could…. Nobody could explain why she was behaving like that… But I learned to see the warning signs and ho to defuse them… well, sometimes… it took years, with weekly therapy, and monthly family counseling (yep, I still was responsible in the eyes of society). Then her health decline…. and I took her to the hospital where the diagnosis was brought to me quickly… DIPG . I remember doctors face when they told me… and their surprise when I remained calm… I just realized that all the energy I used to protect us from those bigots all these years could now be used to support her and live each and everyday she had left to live at its fullest. Which we did. And let me tell you, those 2 years were the best of our life together. We truly lived. The only times we let ourselves go were when the IMR results weren’t good. We cried for an hour, then looked at each other and she usually told me « Ok, now that’s enough, let’s don’t let the tumor to have more place in our life than it deserves…  » and we went back to fight, laugh, live, love. Her thirst of life fueled mine. My strength fueled hers. Nothing was taboo. We talked about everything. I never hid her anything… She could also see her father in person, and I know this moment was important for both of them. I am happy they could have it. But no one can fight forever… I won’t go further here, not yet… maybe one day I will be able to tell you about her last months.. i am not ready yet…. And on march 29th of 2016, at 6:15 am, I was put into ashes, again… My whole world, my whole self, everything was burned that day. The survivor in me took control for a while, to keep me alive… then the warrior in me took over. I made her a promise, I had to keep it. My word is my bond.

I kept on living under my warm, safe ashes pile for year, A cocoon from which I rebuilt myself, gathering my pieces, putting them back together, caring for that tiny flame that kept burning….

3 years later, I am ready to rise from it. Fully. Realizing that this time, ashes are behind me. This is probably the last time I do it. I am done with fire. It is part of me now, I fully accept it and let it burn if necessary. But I won’t be put into ashes anymore, until the day I am done with life. I don’t need to go there anymore, I’ve learned what I needed to learn the hard way, to be able to go on my path in peace. It wasn’t easy, it wasn’t softly. But it made me the one I am now, and I am ready to help others to rise too. See, I am not afraid to go into a blaze to help. Fire can’t hurt me. It can only change me, make me stronger, wiser, more compassionate, better…

So today, I am rising from my ashes, again, and for good.

Symbole n°29: Sesa Woruban

Ce symbole adinkra signifie « change ta vie ». Il est constitué de l’étoile du matin, qui peut symboliser un nouveau départ placée à l’intérieur de la roue, qui représente un mouvement indépendant.

Il représente parfaitement ce que je ressens en ce moment. Mais contrairement aux fois précédentes, où ce changement s’est fait brutalement, que ce soit par sa rapidité ou sa radicalité ou par son intensité, cette fois, il se fait en douceur, pièce par pièce. Et c’est ce qui fait que je l’embrasse complètement.

Parce que cette fois, il s’agit tout simplement d’un ajustement, de la matérialisation de ce qui se passe depuis quelques temps dans ma vie. Donc tout parait évident, tout se met en place sans heurt. Et je profite de l’été pour le faire à mon rythme, sereinement. Je sors de ma zone de confort, parfois, mais uniquement pour réaliser qu’elle n’était en fait qu’une illusion de plus, qu’une tentative de conformité. Et j’ai dépassé ce stade depuis belle lurette. En faisant un pas en avant, je me libère non seulement des attentes ou des jugements, mais je me conforme avec ce que je suis, et loin de m’affaiblir, je me sens renforcée, à ma place.

Il est temps pour moi non seulement de vivre complètement selon mes principes, mais aussi de le faire ouvertement. J’ai réalisé que non seulement les jugements (et il y en a, j’en ai bien conscience) m’atteignaient beaucoup moins que je ne le pensais, mais qu’aussi en étant fidèle à ce que je suis, j’ouvrais des portes vers de belles personnes, vers des expériences formidables. Et que le fait de le faire ostensiblement, d’être ouverte au dialogue ne met pas de barrières mais au contraire construit des ponts entre moi et les autres. Ce que je savais déjà au fond, puisque je suis plutôt ouverte et sincère en ligne et que les réactions ont toujours été positives, ou du moins constructives.

Il est temps pour moi de transformer ma vie dans le sens ou j’applique désormais dans ma vie quotidienne ce que je faisais déjà sur la toile. C’est cet ajustement, cette harmonisation qui se matérialise et qui m’apporte bien plus de sérénité qu’elle me demande d’effort. C’est une évidence. Il est temps de changer ma vie pour le meilleur. Il est temps de personnifier cet amour de la vie qui m’anime. Il est temps de brandir bien haut ma torche, et d’être un phare.

Et les jours de connexion aléatoires, comme aujourd’hui, j’en profite pour faire autre chose, pour méditer, gribouiller, lire, écouter de la musique, en jouer…. jusqu’à ce que j’ai le feu vert pour enfin taper ces mots hahaha. Rien n’est vraiment important, je suis persuadée que vous ne m’en voulez pas d’avoir attendu ce soir, tout comme je me libère peu à peu de la pression de devoir tenir mon agenda. Parce qu’au final, les choses viennent lorsqu’elles doivent le faire. Nous nous mettons des barrières derrières lesquelles nous nous emprisonnons au lieu de profiter de ce qui nous entoure, de ce qui nous fait vibrer, de ce qui nous passionne. J’en ai fini avec la négativité, qu’elle soit interne ou externe. Et ma vie en est transformée.

Et j’avoue, ça me remplit de joie.

cartes avril- juin / april-june cards

Aujourd’hui je vous propose deux pdf avec toutes mes cartes d’avril à juin.

Today I offer you two pdf docs with my cards from april to june.

Vous pouvez les télécharger, les imprimer, les colorier, les partager, les encadrer, en faire ce que vous voulez à partir du moment où c’est pour un usage personnel.

You can download them, print them,color them, share them, frame them, do whatever as long as it is for personal use.

J’espère qu’elle vous plaisent et que vous leur trouverez un usage!

Épopée 2019: carte n°15. Je vois la BEAUTÉ qui m’entoure.

Je publie mon article un peu plus tard que d’habitude. Disons que quelques imprévus sont venus enrayer ma belle mécanique. Mais ça n’a pas de réelle importance, puisque ça m’a permis de vivre des moments intéressants. A la fin de la semaine dernière, je suis tombée sur une vidéo que j’avais déjà vue, mais qui cette fois m’a laissée songeuse:

Bon clairement, je ne suis pas du tout du genre licorne et fleurs qui chantent au bord des chemins, mais je me suis dit qu’effectivement, il y avait quelque chose, là… Je ne vais pas pour autant aller dire à de parfait(e)s inconnu(e)s que je les trouve belles/beaux. Mais par contre, je peux changer mon regard. Et me concentrer sur ce qui fait d’une personne un être unique, une belle personne. De me concentrer, même pour un court moment, sur une vision positive de la personne qui se trouve en face de moi. De faire abstraction de ce qui à mes yeux est une barrière, un masque, pour voir au delà de ce qu’ils me donnent à voir.

Parce que je pense qu’être capable de voir cette étincelle en qui que ce soit change non seulement notre approche de la personne mais aussi notre façon de voir le monde qui nous entoure. Personne dans notre vie courante n’est fondamentalement mauvais. Le fait de rechercher cette partie d’eux qui les rend sensibles, unique nous aide à ressentir de la compassion. Et par ricochet, nous rend plus serein dans nos relations (nul besoin de défenses, nous ne sommes plus dans une dynamique potentiellement conflictuelle, mais plutôt dans une dynamique d’acceptation et de compréhension de l’autre). Je pense que j’ai du attendre d’être suffisamment au clair avec mes émotions et mon fonctionnement pour pouvoir faire ce pas vers l’autre sans remonter mes murailles à toute vitesse. Je suis suffisamment sûre de moi, de ce que je suis, de ce que je fais, pour être ouverte à ce qui se présente.

Pour autant, si il m’est facile de voir la beauté de la nature qui m’entoure, de l’entendre dans la musique, de la ressentir avec mes proches, je suis bien plus dure avec les êtres humains que je côtoie…. Tout comme j’ai pu l’être (et le suis encore parfois) avec moi-même. Parce que j’ai réalisé que je me suis construite en opposition avec mon milieu, en prenant le contrepied de ce qu’on attendait de moi. Je devais donc justifier ce choix en trouvant tous les défauts du monde à ce que je rejetais. Question de logique. Et c’est devenu instinctif: voir les failles, discerner les défauts, relever les incohérences, etc… La plupart du temps, je m’en sers pour aider ceux à qui je peux apporter mon aide, mais aussi pour comprendre leur mode de fonctionnement, leur mode de défense… Et parfois je remise juste les informations au fond de mon fourbis mémoriel pour m’en servir le cas échéant…. encore aujourd’hui…

Puis est venu le temps de l’acceptation, qui a changé et rééquilibré les choses. J’en ai longuement parlé l’année dernière, je ne reviendrai pas dessus. Et maintenant, il semble que le temps est venu pour moi de la compassion. Non pas de l’empathie, mais de la compassion ( je vous conseille la lecture de cet article sur le sujet, succinct mais très clair). Pour autant, je ne suis pas thérapeute et n’ai aucune intention de l’être. A quoi me servira donc cette pratique de la compassion? A écarter les souffrances, les masques et les barrières construits pour protéger cette étincelle que j’ai pour objectif de percevoir.

Parce que je suis persuadée qu’une fois qu’on parvient à voir de la beauté chez une personne, on touche à son essence et dès lors, nos relations ne sont plus les mêmes. Du moins, lorsque j’ai de l’animosité pour quelqu’un en réaction défensive, si je parviens à ressentir de la compassion puis à voir ce qui fait de cette personne quelqu’un d’unique, je suis plus à même de ne pas lui renvoyer son animosité en effet miroir. Au contraire, j’aurai tendance à lui renvoyer ce que j’ai perçu, et donc je me désolidarise de cette dynamique de conflit pour entrer dans une dynamique de compassion, de prise de recul et de sérénité. Et tout comme la perception des failles et défenses, je veux parvenir à ce que cette perception des qualités et de la beauté de quelqu’un me devienne un réflexe, à ce qu’elle devienne instinctive. Parce que j’ai envie d’autres relations, d’autres dynamiques, de rester détachée des drames qui se nouent et se dénouent pour nourrir certains égos. Et je n’ai plus envie que ce soit un travail quotidien, permanent, une mise en perspective perpétuelle qui finit par me drainer… J’ai envie que ça devienne instinctif, naturel.

J’ai envie de ne plus me laisser polluer par les drames. C’est là la clé. J’ai envie de sérénité, de compassion, de recul. Et surtout de protéger mon énergie pour la diriger vers ce qui en vaut vraiment la peine.

Cette semaine, donc, je pose un regard positif et je souris à ceux que je rencontre, je m’efforce de voir leur étincelle, et de me concentrer sur la beauté de ce qui m’entoure.

motif: in N out plaited

Symbole n°28: Svefnthorn

Svefnthorn, ou épine du sommeil, est un symbole Viking, qui est mentionné à plusieurs reprises dans les sagas nordiques. Bien que son apparence et ses qualités soient différentes d’une saga à l’autre, le symbole était utilisé pour endormir ses ennemis.

Dans la Saga des Volsungs, Odin plonge la Valkytie Brunhild dans un sommeil profond puis entoure son corps d’un cercle de feu. Elle ne pourra se réveiller que si quelqu’un brise le cercle. Sigurd se porte héroïquement à son secours, traverse le cercle et la réveille. (chap.20)

Dans la Saga du Kraka Hrôlf , la reine Olof utilise Svefnthorn pour endormir le roi Helgi afin de lui jouer, ainsi qu’à ses hommes, un tour. Il demeure endormi pendant des heures mais reprend conscience de lui-même, sans effets indésirables. ( chap 7)

Dans la Saga de Hrolf-Gongu, Vilhjalmr utilise Svefnthorn contre Hrolf qui ne se réveille pas avant le lendemain. (chap 24-25)

Pourquoi ai-je choisi ce symbole pour m’accompagner cette semaine? C’est simple, j’entre dans une période de repos et de changements majeurs. Et j’ai besoin de me purifier de toutes les tensions accumulées pendant cette année. D’endormir les facteurs de stress le temps que je prenne soin de moi. Ce à quoi je dédie cette semaine.

Chaque été, je commence mes vacances par faire un bilan de ce que l’année m’a apporté, de ce qui a évolué, de ce qui a besoin de mon attention. Je passe en général la première journée de congé dans ma classe, où je fais le vide et beaucoup de rangement. J’en profite pour me souvenir, pour me plonger une dernière fois dans les énergies qui m’ont accompagnée pendant les 10 derniers mois. C’est un bon point de départ, et je peux vraiment me baser dessus pour ce que j’ai à faire ensuite. Clairement, je passe le premier mois à travailler, à préparer ce dont j’aurai besoin, à fabriquer mes supports, à améliorer ce que j’ai déjà. Mais je me force à ne le faire que quelques heures par jour. La première semaine, j’en profite aussi pour prendre soin de mon lieu de vie, que j’ai négligé en général les dernières semaines de classe… Sauf que cette année, ce sera particulier. Et que ça me prendra sans doute tout l’été.

Pendant longtemps, volontairement, je me suis coupée relationnellement. J’avais besoin de cet espace et de ce temps avec moi-même, pour pouvoir me ressourcer, me retrouver, être au calme, me sentir bien. J’ai donc fait en sorte de rendre mon lieu de vie le moins accueillant possible pour quiconque ait envie de braver l’interdit: personne ne vient chez moi… J’avais besoin d’un refuge, gardé, qui plus est, par la poilue qui n’aime pas du tout les intrus. Bref, une grotte en milieu urbain. Un lieu de survie. Une antre.

J’avais besoin de me reconstruire après avoir vu mon monde s’écrouler en mille morceaux, mes projets s’envoler, mes perspectives s’évanouir. Bref… lorsque je rentrais chez moi, je voulais y être seule. Si je voulais voir des amis ou ma famille, je pouvais aller chez eux ou les rencontrer à l’extérieur. Mais chez moi, c’était mon lieu réservé.

Je parle au passé parce que j’ai bien évolué sur le sujet ces derniers temps. J’ai désormais envie d’un lieu accueillant, d’un lieu qui me ressemble, d’un lieu où partager un thé, des biscuits, des bavardages, des moments avec ceux à qui je tiens. Et pour atteindre ce but, j’ai beaucoup à faire. Mais je sens qu’il est temps pour moi d’entrouvrir la porte, et de laisser la possibilité aux autres d’entrer dans mon univers. Je n’ai plus autant besoin de me reclure, j’ai trouvé un nouvel équilibre et les barrières que j’ai érigées ne me sont plus utiles.

Cette semaine, donc, je me repose, je prends des forces, je me purifie de toutes les tensions accumulées le long des 10 mois passés. Et je fais la liste, la plus exhaustive possible, de ce que j’ai à faire. Ensuite, je pourrai me consacrer à rendre mon lieu de vie plus agréable, accueillant, et ouvert. Un changement majeur, mais dont j’ai envie. Et je pourrai alors refermer doucement la porte sur cette partie de ma vie pour me concentrer sur ce qui se présente.

Alors cette semaine, j’endors les tensions et je prends du temps pour me ressourcer. Je pourrai ensuite les libérer et m’en servir de combustible pour ce qui m’attend. Bien évidemment je n’oublie pas non plus de profiter de ceux à qui je tiens. Entre le travail, mon lieu de vie et mes relations, j’ai de quoi m’occuper! Donc pour en tirer le meilleur, cette semaine, je me repose physiquement, émotionnellement, socialement. Je reprends des forces et je prends soin de moi.

Symbole n°27: Mate Masie

Mate Masie est un symbole Adinkra, qui signifie « Ce que j’entends, je garde ». C’est un symbole de sagesse, de savoir et de prudence. La signification implicite de la phrase « mate masie » est « je comprends ». Comprendre est synonyme de sagesse et de connaissance. Il s’agit aussi de considérer ce que l’autre dit, de lire en lui bien plus que ses simples paroles, afin d’affiner sa connaissance.

En ce qui me concerne, j’ai choisi ce symbole en lien avec l’affirmation positive ‘je suis fière de ce que j’ai accompli’. Parce que c’est quelque chose qui résonne en moi. Ces derniers mois, j’ai vraiment essayé de comprendre au delà des discours, de percevoir le non dit, d’aller au delà du visible et de l’audible pour me faire une opinion. Et je dois avouer que j’ai vraiment apprécié la sérénité qui en a découlé. Parce qu’en agissant ainsi, on se place en dehors du jugement. Je ne cherche pas à valider ou non le discours qu’on me sert, je cherche à comprendre ce qui a donné lieu à ce discours. Je ne cherche pas à juger la personne, mais à comprendre ce qui la motive. Je ne cherche pas à tout pris à me placer au centre, à me sentir concernée par ce qui m’est dit. Mais je cherche à comprendre pourquoi la personne ressent le besoin de me le dire.

Dès lors, je me décentre, et il m’est bien plus facile d’accueillir les paroles d’autrui, quelles qu’elles soient. Qu’elles soient en adéquation avec mes propres pensées ou valeurs, ou qu’au contraire elles soient en contradiction avec elles. J’écoute, je lis, je vois. Et je garde en moi, pour chercher à comprendre. Puis je relâchee, parce que ça ne me concerne pas, ou je conserve, parce que ça me fait grandir. C’est en pratiquant cet exercice avec des personnes qui ne me sont pas proches, ou avec qui je partage peu de choses que j’ai vraiment pu ressentir de la compassion à leur égard. Nous sommes sur des chemins différents, et nous les parcourons à un rythme qui nous est propre.

Ce qui a une implication supplémentaire: ce que je dis, ce que je partage peut aussi être gardé par autrui. A moi dès lors de choisir mes mots, de choisir mon moment, de choisir mon émotion afin que mon message soit le plus clair, le plus simple possible.

J’ai la chance d’avoir conscience de cette dynamique. A moi d’en faire bon usage. De m’en servir pour grandir encore et aller vers plus de sagesse. De m’écarter encore d’avantage du jugement pour me rapprocher de la compréhension. Et je suis fière de ce que j’ai déjà accompli en la matière, ne serait-ce qu’en prenant conscience de cet aspect de la communication.

Mate masie. Ce que j’entends, je garde.