Le Bosquet de l’Alchimiste 30. La Marguerite.

Cette semaine, nous allons nous ouvrir, tels des marguerites. Nous ouvrir au monde, à nous-mêmes. Nous exposerons sans crainte notre cœur et recevrons ce que le monde a à nous offrir.

Être ouvert n’est pas si simple. Tant que nous sommes guidés par la peur. Peur d’être blessés, peur d’être mal compris, peur d’être jugés… En ce qui me concerne, il m’est devenu insupportable de rester fermée, juste parce que j’avais peur. Peu de blesser, peur de devoir me justifier encore, et encore, et encore. Et j’ai réalisé que j’étais celle qui m’enfermait dans ma propre prison. Mes plus grandes peurs n’étaient pas celles qui m’empêchaient de m’ouvrir. J’avais du faire face et surmonter ce qui me terrorisait. Ces peurs qui me gardaient enfermée étaient produites par des illusions, par des malentendus. Rien ne m’empêchait réellement de m’ouvrir complètement si ce n’était moi-même. Et il me devenait de plus en plus difficile de rester intègre. j’avais besoin de retrouver un équilibre. Et pour se faire, j’avais besoin d’apprendre qu’être vulnérable ne signifiait pas être faible. Bien au contraire, c’est une magnifique force; Je me suis rendue vulnérable, en exposant mon cœur de marguerite au monde. Mais j’ai aussi confiance dans mes capacités à faire face à ce qui vient, et d’en tirer de quoi évoluer encore.

La vie est faite de nombreux moments joyeux, beaux et heureux, et d’autres plus difficiles, plus sombres. mais ils font tous partie du chemin que nous avons à parcourir. Nous pouvons essayer d’éviter les défis, la douleur, la tristesse, mais nous les rencontrerons tôt ou tard. Ou nous pouvons les considérer comme des enseignants, comme des expériences qui nous rendrons complets. L’équilibre. J’espère que mes jours les plus sombres sont derrières moi, mais je sais également que si d’autres viennent sur ma route, je n’aurai pas à me fermer aux émotions qu’ils apportent. Je les reconnaitrai comme des amis de longues date et je les accueillerai. Ils resteront un moment, et nous nous séparerons de nouveau, ils laisseront leur place à des moments plus légers. Je sais que j’ai en moi la capacité d’apprendre de chaque expérience. Parce que je me suis ouverte à moi-même.

Alors que je traversais des moments très difficiles, j’ai ouvert ma boite de Pandore. Avec un esprit, les yeux et les bras grand ouverts. J’étais prête à accueillir chaque part de celle que j’étais. Et pour ce faire, j’ai laissé de côté ce troll de jugement qui nous accompagne tous. Cette créature créée par la culture à laquelle nous appartenons, par les croyances que nous avons apprises, par la société dans laquelle nous avons grandis. Elle ne nous appartient pas, elle nous a été imposée. Nous pouvons suivre les règles principales sans pour autant être spoliés de notre propre identité. Nous avons tous en nous une boite de pandore que nous gardons cachée au plus profond. En l’ouvrant, sans être dans le jugement, j’ai fait le choix de me libérer des chaines que je m’étais imposées. J’ai pris conscience de chacune des pièces qui constituait le puzzle de celle que j’étais, je les ai acceptées, et je les ai intégrée. Mon puzzle était enfin complet. Je me suis libérée des trolls, du jugement apporté par autrui. Et j’ai commencé mon chemin vers l’amour de moi-même. Pour être sincère, ce cheminement a pris un certain temps, mais il a été magnifique. J’ai mis beaucoup de temps à m’apprécier, à embrasser celle que je suis aujourd’hui, à respecter mon unicité. Mais en échange, j’ai reçu beaucoup de paix intérieur, et j’ai retrouvé mon intégrité. Ce qui me manquait, c’était ce respect de soi, en tant qu’être unique et spécifique, cet être parfaitement imparfait que nous construisons jour après jour. Et il m’a pris encore plus de temps pour oser montrer mon cœur au monde. Non pas parce que j’avais peur. mais plutôt parce que je ne me sentais pas à ma place la plupart du temps. Jusqu’à ce que je réalise que j’appartenais à ce flux, et qu’il était temps pour moi de me relever, et de briller, de montrer de quel bois j’étais faite, avec confiance, avec amour pour moi-même et avec une volonté tranquille mais indomptable d’apporter ce que pouvais au monde.

Bien sûr, certains n’ont pas compris ou accepté ma démarche. Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. et la leur est aussi valide que la mienne. Je ne peux pas leur en vouloir, nous marchons juste dans des directions différentes, et toutes ont besoin d’être explorées. De plus, je peux quand même apprendre d’eux, leurs expériences ajoutent une certaine perspective à ce que je vis. Je n’interfère pas dans leur cheminement, je les regarde juste évoluer et je prends ce que j’ai besoin de prendre de leur vision des choses, de leurs actions, pour enrichir mon point de vue. Mais ça ne change rien à mon propre voyage. D’autres personnes sont plus difficiles à vivre, parce qu’elles me blessent et déclenchent une réaction plus vive… En fait, ce ont les plus intéressantes, et leur enseignement est plus profond. Si elles déclenchent ces réaction en moi, c’est que je dois encore travailler sur ce qui m’a fait réagir comme ça. C’est que je ne me suis pas encore libérée de leur jugement envers ce domaine particulier. C’est que j’ai encore beaucoup à apprendre. Je suis loin d’être parfaite et je n’ai aucune intention de l’être. Et d’une certaine façon, savoir que je suis encore un travail en cours est vraiment merveilleux. Lorsque je suis blessée, ma première réaction est d’être sur la défensive. Ce qui dans mon cas signifie ériger de hautes murailles, me munir de ma hache à double tranchant et d’attendre la moindre occasion de m’en servir… Je me place en mode guerrière absolue, pour protéger ce qui doit l’être. J’essaie maintenant de prendre une autre voie, et ce n’est pas facile lorsque la défense est son mode de fonctionnement par défaut… mais en érigeant mes murailles, je m’enferme de nouveau… et ce n’est plus ce que je veux dans ma vie.

Alors maintenant, lorsque je suis blessée, je reconnais que je le suis, et je remercie la personne qui a déclenchée cette émotion. Non parce que j’apprécie ce qu’elle fait, mais parce qu’elle me donne l’opportunité de percevoir ce sur quoi je dois encore travailler pour poursuivre ma construction. Et lorsque c’est trop difficile (on en passe pas d’un mode « guerrière absolu » à une marguerite en un clin d’œil…), je les ignore, je lâche prise, et je travaille dessus lorsque je me retrouve seule.. bon, je laisse aussi la colère s’échapper un peu, je ne suis qu’au début de ce cheminement… et j’ai encore beaucoup de fierté en moi. On ne peut pas traverser certains de ses enfers personnels et en sortir sans ressentir de la fierté d’avoir été capable de le faire… si? Donc je sais que j’ai aussi quelques ajustements à faire dans ce domaine mais je pense sincèrement que c’est une des raisons pour lesquelles je suis encore très sensibles à certaines choses… je suis un travail en cours, et j’aime ça, parce qu’il y a toujours des choses à améliorer. Et je suis désormais capable de le faire avec respect et amour pour moi-même. Parce que je les mérite.

Donc de quoi devrais-je avoir peur? De découvrir ce qui a besoin d’être amélioré? C’est une réelle chance! D’être rejetée? Par quoi? Par ceux que je considère comme des professeurs intéressant, tout en continuant sur mon propre chemin. Ils ne me rejettent pas, ils me donne l’opportunité de prendre conscience de leur existence. Je n’ai pas à les suivre ou à appartenir à leur cercle, je suis entourée des personnes qui comptent vraiment pour moi. D’être jugée? Le jugement est une illusion. Il n’a pas sa place dans ma réalité. Et il est souvent du à l’incompréhension. S’ils ne comprennent pas, c’est qu’ils n’ont pas encore à le faire. C’est leur cheminement, pas le mien. Nous allons dans des directions différentes et je peux quand même apprendre d’eaux, avec compassion et ouverture d’esprit. D’être blessée? La douleur fait partie de la vie tout autant que le reste. C’est aussi un formidable enseignant, de ceux qui nous nous font grandir et nous rendent plus forts et plus sages. J’embrasse la peine aussi bien que la joie et la paix.

Alors cette semaine, laissez votre marguerite s’ouvrir, éclore, et montrer au monde quel magnifique cœur vous avez. Parce que, vous aussi, vous le méritez.

La carte

Lorsque j’ai réfléchis à la notion d’ouverture, j’ai tout de suite visualisé une marguerite. J’aurais pu la dessiner vue de dessus, mais je voulais exprimer la croissance que l’ouverture signifie pour moi. J’ai également choisi de ne pas montrer son cœur parce que nous n’avons pas besoin de le voir, il n’est pas dirigé vers nous, mais vers le monde. Nous avons construit ce cœur, nous savons combien il est merveilleux. J’ai préféré me concentrer sur les pétales, pour illustrer à la fois notre volonté d’ouverture ( ils mènent au cœur) et notre vulnérabilité (ils sont si délicats), et sur la tige, qui supporte tout ça, en étant à la fois ancrée et bien droite vers le haut. Nous pouvons alors envoyer notre magie dans le monde… j’espère qu’elle vous plaira.

Mon voyage

Notre journal

Je vous souhaite une douce semaine.

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