Symbole n°27: Mate Masie

Mate Masie est un symbole Adinkra, qui signifie « Ce que j’entends, je garde ». C’est un symbole de sagesse, de savoir et de prudence. La signification implicite de la phrase « mate masie » est « je comprends ». Comprendre est synonyme de sagesse et de connaissance. Il s’agit aussi de considérer ce que l’autre dit, de lire en lui bien plus que ses simples paroles, afin d’affiner sa connaissance.

En ce qui me concerne, j’ai choisi ce symbole en lien avec l’affirmation positive ‘je suis fière de ce que j’ai accompli’. Parce que c’est quelque chose qui résonne en moi. Ces derniers mois, j’ai vraiment essayé de comprendre au delà des discours, de percevoir le non dit, d’aller au delà du visible et de l’audible pour me faire une opinion. Et je dois avouer que j’ai vraiment apprécié la sérénité qui en a découlé. Parce qu’en agissant ainsi, on se place en dehors du jugement. Je ne cherche pas à valider ou non le discours qu’on me sert, je cherche à comprendre ce qui a donné lieu à ce discours. Je ne cherche pas à juger la personne, mais à comprendre ce qui la motive. Je ne cherche pas à tout pris à me placer au centre, à me sentir concernée par ce qui m’est dit. Mais je cherche à comprendre pourquoi la personne ressent le besoin de me le dire.

Dès lors, je me décentre, et il m’est bien plus facile d’accueillir les paroles d’autrui, quelles qu’elles soient. Qu’elles soient en adéquation avec mes propres pensées ou valeurs, ou qu’au contraire elles soient en contradiction avec elles. J’écoute, je lis, je vois. Et je garde en moi, pour chercher à comprendre. Puis je relâchee, parce que ça ne me concerne pas, ou je conserve, parce que ça me fait grandir. C’est en pratiquant cet exercice avec des personnes qui ne me sont pas proches, ou avec qui je partage peu de choses que j’ai vraiment pu ressentir de la compassion à leur égard. Nous sommes sur des chemins différents, et nous les parcourons à un rythme qui nous est propre.

Ce qui a une implication supplémentaire: ce que je dis, ce que je partage peut aussi être gardé par autrui. A moi dès lors de choisir mes mots, de choisir mon moment, de choisir mon émotion afin que mon message soit le plus clair, le plus simple possible.

J’ai la chance d’avoir conscience de cette dynamique. A moi d’en faire bon usage. De m’en servir pour grandir encore et aller vers plus de sagesse. De m’écarter encore d’avantage du jugement pour me rapprocher de la compréhension. Et je suis fière de ce que j’ai déjà accompli en la matière, ne serait-ce qu’en prenant conscience de cet aspect de la communication.

Mate masie. Ce que j’entends, je garde.

Symbole n°26: le nœud de Dara

Je vous propose de passer cette semaine avec le nœud de Dara. Il s’agit d’un symbole celte qui connait différentes formes et variations. Il représente les racines du Chêne. Le mot ‘dara’ vient de ‘doire’, ce qui signifie chêne en gaélique. Cet arbre symbolisait la sagesse, la force, la direction, la destinée et le pouvoir.

Lorsqu’ils créaient un nouveau campement, les Celtes abattaient les arbres mais laissaient toujours un arbre unique au centre. Il devenait le cœur du campement et c’était le lieu où les réunions ou la classe avaient lieu. Le nœud nous rappelle la force intérieure, telle celle des racines du chêne, qui sont cachées sous la surface.

Cette semaine, je prend conscience de ma force intérieure, et surtout de son évolution ces dernières années. Mon chemin de vie m’a amenée à me renforcer émotionnellement, mentalement. J’ai du affronter plus d’une tempête et je n’aurai jamais pu m’en sortir relativement indemne sans cette volonté de poursuivre mon chemin quoi qu’il m’en coûte. Si ces épreuves m’ont transformée, m’ont façonnée même, elles m’ont aussi donné un cadeau inestimable, la force intérieure. Ce que j’ai longtemps appelé mon côté guerrier, ma détermination, mon instinct de survie. Cette capacité que j’ai acquise à affronter les batailles les unes après les autres, avec le plus de lucidité possible. A accueillir ce qui se présente, à l’envisager sous différents points de vue et à être déterminée à en tirer le meilleur pour la poursuite de mon chemin de vie. A faire face, à en profiter pour apprendre, pour partager, pour grandir.

Pour cela, j’ai eu à affronter mes pires peurs, les unes après les autres. Et à y survivre. Ma détermination en a été renforcée et surtout, je me suis libérée de ce qui pouvait me freiner dans mon chemin de vie. Je n’ai plus de peurs, parce que j’ai réalisé qu’en définitive, elles ne sont que des projections de ce que je pensais ne pas pouvoir surmonter. Mais lorsque j’ai été confrontée au pire, la question de pouvoir ou non ne s’est pas posée. J’ai agi, j’ai fait, j’ai avancé, j’ai affronté, j’ai survécu, j’ai vaincu. Et j’ai construit puis renforcé ma force intérieure au fil des épreuves surmontées. Ce qui me permet à la fois d’accueillir ce qui vient avec sérénité et d’y faire face avec la certitude que je m’en sortirai peut être transformée mais surtout grandie.

Mais pour cela, il faut d’abord être capable de se faire face à soi. De se regarder le plus objectivement possible. De prendre conscience de ses faiblesses et de ses forces. Et de parvenir à considérer ses faiblesses comme autant de forces en devenir. Parce qu’elles nous permettent d’éprouver de la compassion, de la curiosité, de la motivation. Parce que tout change, à tout moment, et que c’est en embrassant ce changement tout en conservant son identité propre qu’on évolue et qu’on tire le meilleur des événements que l’on a à affronter.

Tout n’a pas été si simple au départ. J’ai du me retrouver plus bas que terre pour être capable de me dire que la seule chose à faire était de me reconstruire. Je me suis donc relevée, et j’ai considéré la tâche à accomplir. J’ai eu à me battre en premier lieu contre tout ce qui me heurtait. Contre moi-même aussi… Mais j’ai réussi à en sortir plus forte. Et de là, j’ai pu envisager la vie plus sereinement. Parce que je ne voyais plus chaque épreuve que j’avais à traverser comme quelque chose d’injuste, de destructeur, de difficile, mais comme une occasion de grandir, d’apprendre ce qui me serait nécessaire pour la suite, d’ouverture vers autrui, d’exercer mon endurance mentale aussi. Les rancœurs, les jalousies, les coups bas, les incompréhensions étaient autant d’enseignements. J’ai appris à me détacher, à me construire un sanctuaire intérieur où me réfugier, à toujours envisager une situation sous différents angles. Avec le temps, c’est devenu un réflexe, une part de moi qui ne me quitte jamais. Et je ne considère plus ça comme un système de défense… Parce que je ne suis pas attaquée. Ce que je représente, ce que je suis, peut l’être…. ou plutôt la perception que les autres peuvent en avoir. Et qui les confrontent à la perception de ce qu’ils sont… ça n’a donc rien à voir avec moi. Mais tout à voir avec leur propre cheminement, leur propre construction. Et j’éprouve la plupart du temps de la compassion pour ces personnes. La plupart du temps. Mais lorsque mes limites ont été franchies, c’est une toute autre histoire…. enfin, c’était une autre histoire.

Parce que cette dernière année en particulier, j’ai beaucoup travaillé sur cet aspect de ma vie. J’ai assumé, j’ai accepté, je me suis pardonnée. Et depuis, je suis bien plus sereine encore. Je sais qui je suis, ce que je fais, pourquoi je le fais et comment je le fais. Je marche la tête haute sur mon chemin de vie, sans peur, mais avec une curiosité non feinte. Je sais que je pourrai accueillir tout ce qui se présentera, parce que chaque situation sera un nouvelle enseignement, une transformation, ou encore une perspective nouvelle.

Et puis je sais aussi que j’aurai la capacité d’en tirer le meilleur. Parce que c’est mon point fort. Ma force intérieure.

Alors cette semaine, accueillez votre force intérieure, et réjouissez-vous d’avoir vécu ce qui vous a permis d’en prendre conscience.

Symbole n° 24: Gromoviti znaci

Les gromoviti znaci ou marques de tonnerre, sont des symboles slaves. Ils peuvent prendre plusieurs formes mais tous s’inscrivent dans des hexagones. Ils étaient souvent gravés sur les poutres faitières des maisons pour les protéger de la foudre. Des symboles similaires ont été découverts sur des poteries protoslaves appartenant à la culture Tcherniakhov du IVème siècle. On pense qu’ils symbolisent Perun, le dieu slave de l’orage et du tonnerre, ainsi que des guerriers. Il est aussi le protecteur des agriculteurs.

Comme je l’ai expliqué pour ma carte de lundi, cette semaine, tout me ramenait à l’idée de l’orage, de la tempête. Certes les conditions climatiques m’ont bien aidée. Mais c’est aussi ce contraste entre l’état de nervosité de plusieurs personnes autour de moi et le calme qui m’habitait toute la semaine qui m’a poussée à m’interroger. Et puis clairement, tout me ramenait à l’orage. Tout ce que je lisais, tout ce que j’écoutais, tout ce que je gribouillais aussi… Bref, je devais me plonger dans le sujet…

Le plus drôle, je pense, c’était de voir toutes ces synchronicités s’accélérer samedi. J’étais sur le point de gribouiller ma carte ( qui n’avait aucun rapport avec l’orage…) lorsqu’une amie m’a envoyé la citation

Ils lui murmurèrent: « Tu ne peux résister à la tempête ».

Elle leur murmura en retour « Je suis la tempête ».

J’ai lu cette citation de nombreuses fois déjà, et je l’aime beaucoup. Plusieurs personnes me connaissant bien me l’ont envoyé au fil du temps en me disant qu’elle leur faisait penser à moi…. je ne vois vraiment pas pourquoi…

J’ai donc changé d’avis sur la carte de la semaine et j’ai gribouillé celle que j’ai mise en ligne lundi, puisque de toute évidence, elle devait l’être hahaha.

Bien…. maintenant voila pourquoi j’ai ressenti les synchronicités s’accélérer… J’avais choisi comme motif pour illustrer ma carte originelle Haf n Haf.

Puisque l’affirmation de la semaine requérait quelque chose de moins statique, j’ai décidé de gribouiller ce qui me venait à l’esprit…

Puis je me suis lancée à la recherche d’un symbole qui pouvait entrer en résonance avec la carte (ceux que j’ai déjà dessinés ne correspondaient pas à mon idée). Et je suis tombée sur les gromoviti znaci… Et c’était une évidence… me voila donc à faire mes petites recherches sur la signification du symbole, sur son origine, sur la culture de Tcherniakov (et là, BAM, j’ai vraiment un truc avec la Biélorussie en ce moment..) sur la mythologie liée… tout trouvait sa place.

Bref, revenons aux gromoviti znaci. Ces symboles étaient gravés pour protéger les maisons de la foudre. On peut aussi penser que du fait des attributs de Perun, le fait de les graver sur des poteries assurait la fertilité des terres et l’abondance des cultures. J’ai évoqué mon état de sérénité cette semaine, qui me posait question puisqu’autour de moi il régnait une tension, une nervosité certaine. Et puis j’ai réalisé que j’étais aussi très créative, que les idées fusaient de toutes parts, et que finalement, c’était ma réponse personnelle à la tempête qui s’annonçait.

J’ai toujours aimé les orages, cette énergie dans laquelle puiser pour se régénérer, se laisser inspirer, à la fois purifiante et créatrice. Finalement, les attributs de Perun, dieu du tonnerre, de la fertilité (agricole mais pourquoi pas plus générale?), des guerriers (avec son tempérament de feu, il ne pouvait en être autrement) me parlent bien hahaha. Et ce symbole m’encourage à laisser parler la tempête qui couve en permanence en moi, à travers mes écrits, mes gribouillages, la musique. Il est temps de me débarrasser de ce qui m’encombre pour faire de la place à l’expression de ma créativité, que ce soit dans le domaine matériel (je dois vraiment faire quelque chose pour mon chez moi, ça déborde de partout…), émotionnel, ou spirituel. Il est temps d’augmenter ma vibration pour laisser s’exprimer ce qui doit l’être et que je contiens depuis trop longtemps…

Donc cette semaine, faisons preuve d’énergie créatrice, purifiante, de détermination à accomplir ce qui doit l’être quels que soit les obstacles. Soyons des tempêtes!

Karahody

En ce moment, j’écoute en boucle l’album Rujnuj de Dzivia. Je vous en est déjà parlé, mais plus je l’écoute, plus je suis inspirée. Il nourrit ma créativité, résonne en moi à un niveau rarement atteint par quelque musique que ce soit… C’est vraiment une expérience unique, spirituelle, artistique… Bref, je me sens connectée.

I listen to Dzivia’s album Rujnuj over and over again for a while now. I told you about it earlier, but the more I listen to it, the more I am inspired. It feeds my creativity, speak to my soul at a rarely reached level by any music…. it’s a unic experience, both spiritual and artistic…. I feel connected.

Le morceau Uźniasieńnie (Ascension) m’avait déjà inspirée un gribouillage, le premier que j’affiche sur mes murs depuis…. plus de 3 ans….

Uźniasieńnie (Ascension) inspired me a doodle already, the first one I’ve put on my wall for more than 3 years.

Pour célébrer cette sorte de renaissance, j’en ai gribouillé une version noir et blanc sur mon carnet de croquis préféré, celui qui reçoit les gribouillages qui me parlent vraiment…. une sorte de recueil de vibrations particulières.

To celebrate this kind of rebirth, I doodled a black and white version of it, in my favorite sketchbook, the one receiving doodles that really speak to my soul… A sort of special vibes library.

Un autre morceau de cet album m’attirait…. Karahody.

Another tune called me… Karahody.

Je n’ai pas pu résister, j’ai attrapé mes crayons de couleurs et j’ai gribouillé un truc sur mon bloc note de l’école (j’ai fait les premiers traits au porte mine pendant une réunion mais chuuut)….

I couldn’t resist, I grabbed my color pencils and doodled something on my school notepad ( the first lines where drawn during a meeting but you never heard of it….).

Dès que j’ai eu fini avec la version noir et blanc de Uźniasieńnie, j’ai répliqué mon gribouillage à l’aquarelle sur les pages suivantes de mon carnet. Puis j’ai décidé de le compléter avec des gribouillages blancs…. et voila donc Karahody dans mon carnet… qui sera surement refait sur papier aquarelle puis il rejoindra Uźniasieńnie sur mes murs….

As soon as I was done with Uźniasieńnie black and white version, I replicated my doodle with watercolor on my sketchbook, on the very next pages of it. Then I decided to add some line work in white… So here is Karahody in my sketchbook…. And I guess it will soon me replicated on watercolor paper and join Uźniasieńnie on my wall…

Je ne sais pas encore quel prochain morceau les rejoindra, mais il est clair que je n’en ai pas terminé. Ce que j’aime dans cette expérience, c’est la traduction des langages en quelque chose qui a du sens pour moi. La traduction de l’émotion qu’une musique m’inspire en traits graphiques, la traduction d’une langue dont j’ignore tout en mots que je puisse comprendre…. Et la surprise de voir qu’en fait les paroles correspondent à l’émotion que j’ai ressentie en écoutant le morceau. Ce qui traduit (ah) une sincérité de Dzivia dans la composition de sa musique et l’écriture de ses paroles. Son univers se révèle être proche du mien (contribule!!), ce qui facilite la communication je pense… Quoiqu’il en soit, il n’ a pas fini de me faire voyager… Le plus extraordinaire, c’est que sa musique parvient à me donner la motivation de faire ce que je repousse depuis longtemps, et ce, sans effort. Il me suffit de mettre mon casque et de me laisser porter… Je suis vraiment heureuse de vivre cette expérience à fond. Dans tous les domaines.

I don’t know yet which tune will join them, but clearly, I am not done yet. What I love about this experiment, it’s the translation of different languages into something meaningful to me. Translation of the emotion a music inspires me into graphic lines, translation of a language I don’t know anything about into words I can understand. And the surprise to realize that in fact lyrics fit with emotions I felt listening the tune. Which translate (ah) the sincerity of Dzivia in his composition and writing. His universe reveals itself to be close to mine, which ease the communication I guess… Anyway, I am not done traveling thanks to him. The most extraordinary is that his music succeeds in motivating me to do things I postpone for a long time, and it seems really effortless. I just have to put my headphones on and let myself be carried away. I am both really lucky and happy to be able to live this experience in depth. Really.

Symbole n°23: Ouroboros

Ouroboros, est un symbole représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue. On le retrouve en Egypte, en Chine, dans la mythologie nordique, en Amérique latine, en Amérique du Nord. Sa signification varie selon les cultures. Je retiendrai ici l’idée d’éternel recommencement, de cycle qui se reproduit infiniment.

En ce qui me concerne, une des nombreuses choses que j’ai retenu de mes études d’histoire est l’existence de cycles, plus ou moins longs, à plus ou moins grande échelle, qui se répètent et dont il faut avoir conscience pour pouvoir contextualiser les événements. Avec le temps, identifier des cycles devient plus naturel, et permet une mise en perspective plus aisée de ce qui se passe. Évidemment, tout n’est pas affaire de cycle, mais il est toujours intéressant d’essayer de resituer un événement dans un contexte plus large, de prendre du recul, de tenter de voir les choses sous une perspective différente en les inscrivant dans une dynamique plus vaste.

Dans ma vie personnelle, cette notion de cycle est aussi apparue comme une évidence. Le cycle lunaire a toujours eu une influence sur moi, ne serait-ce qu’au niveau de mon sommeil, ou de mon cycle menstruel. Le cycle des jours et des nuits, avec ses variations, le cycle des saisons, le cycle d’une année scolaire, le cycle des ans, et bien d’autres encore sont autant de cycles qui me touchent dans ma vie quotidienne…

Pour autant, le fait qu’un cycle commence ne signifie pas qu’il se déroulera de manière identique au précédent. Si je prends l’exemple du cycle d’une journée, il illustre parfaitement les variations importantes qui peuvent se produire à l’intérieur d’une unité identique de 24h. L’alternance du jour et de la nuit n’est pas la même en hiver ou en été, les températures peuvent avoir de grandes variations également, sans parler des phénomènes météorologiques. Une journée travaillée ou passée en réunion ne sera pas vécue de la même manière qu’une journée de congé entre amis ou en famille. Une soirée entre amis est très différente d’une soirée en solitaire passée à lire. Une nuit blanche n’est définitivement pas la même qu’une nuit passée à dormir paisiblement et profondément. Et quand bien même nous nous réveillerions à la même heure tous les matins, chacun d’entre eux sera différent, unique.

Si j’ai bien conscience de l’existence de cycles dans ma vie, pour autant ils ne définissent ni un carcan ni quelque chose d’inéluctable. Un cercle peut être brisé. Un cycle peut être ignoré. Un autre peut être créé. Et surtout, rien ne se répète exactement de la même manière. En prenant conscience des cycles qui opèrent dans notre vie, on s’autorise également à en modifier le contenu, la permanence, l’occurrence.

Puisque je suis dans une période créative, j’ai tendance à envisager les cycles de ma vie comme une toile vierge, un support sur lequel je viendrai broder, peindre, gribouiller, que je pourrais modifier, bonifier. Mes actes ont une incidence sur chaque cycle que je traverse, et ils en modifient la structure, le déroulement. Avec le temps, ils s’enrichissent des modifications que je leur apporte. Et sur un plan plus linéaire, celui de mon chemin de vie, ces cycles sont autant de bornes qui me permettent de mesurer mon évolution. Autant de témoins de ce qui est permanent et ce qui ne l’est pas.

Un cycle n’est ni bon ni mauvais par essence, ce sont nos perceptions de ce qu’ils représentent qui leur donnent une valeur positive ou négative. Et c’est justement sur ces perceptions que nous pouvons agir. Dès lors soit nous acceptons ce qu’il représente, soit nous pouvons en profiter pour en comprendre le sens, et voir ce que nous pouvons modifier, comment nous pouvons agir afin qu’il ne soit pas aussi problématique pour nous à sa prochaine occurrence. Rien n’est jamais gravé dans le marbre. A nous de voir quels cycles nous portent, quels cycles nous entrainent dans des lieux que l’on préfèrerait éviter. A nous de définir quels cycles sont de notre fait, de part notre progression, ou du fait d’événements extérieurs sur lesquels nous n’avons aucune prise. A nous de briser les cycles qui peuvent/doivent l’être, et de profiter pleinement de ceux qui nous apportent ce dont nous avons besoin. A nous d’intégrer ou de désintégrer ces cycles à notre chemin de vie.

Cette semaine, je prends conscience des cycles qui existent dans ma vie et je me les approprie.

Ascension

OU lorsque mes deux obsessions du moment se rencontrent, se mêlent, s’harmonisent au parfait moment…

When my two latest obsessions meet, merge, harmonize themselves, at the perfect time.

Parmi tous les morceaux de l’album Rujnuj de Dzivia, certains ont une saveur particulière. C’est le cas d’Uźniasieńnie (Ascension).

Among all tunes on Dzivia’s album Rujnuj, some have a special taste. Uźniasieńnie (Ascension) is one of them.

J’ai commencé par recopier les paroles en cyrillique sur mon bloc note… un peu comme un exercice graphique…. ou mystique…. quoi qu’il en soit, j’ai vraiment aimé le rendu, et puisque la musique résonnait dans mon casque (oui, j’épargne mes voisins à certaines heures….) je me suis laissée porter et mon porte mine s’est laissé emporter… à dessiner un arbre de vie, le symbole de la semaine (et je pense que je vais m’amuser un peu avec pendant un moment….).

I started with copying lyrics in cyrillic on my note pad, a sort of graphic exercise, or a mystical one… I loved it! As music played loudly in my hears (I had my headphones on, to spare my neighbors at some hours of the day….night….), I let my mind wander and so did my pencil… and a tree of life, my weekly symbol (but I have the feeling that it won’t only last a week…) joined the lyrics on the paper.

voici donc ce que ça a donné:

Here is what I ended with:

J’ai envie depuis un moment déjà de mélanger paroles et dessins, que ce soit des paroles de chansons, des poèmes, des citations, mais c’était encore à l’état d’idée diffuse…. jusque là. J’ai attrapé mon matériel, et j’ai décidé de tracer les lettres en noir, et par contre de partir sur quelque chose de très coloré pour l’arbre de vie…. J’ai hésité pendant un moment sur le médium à choisir… crayons de couleurs, feutres, peinture acrylique…. aquarelle? L’aquarelle a gagné même si je suis moins à l’aise avec… et que l’idée que j’avais en tête de lui convenait pas vraiment … et justement, il est temps de sortir un peu de ma zone de confort, non?

For a while now, I want to mix letters (lyrics, poetry, quotes) and drawings together, but it was only ideas, not really defined… until now. I took my stuff and I decided to go for black lettering and something far more colorful for the tree… I pondered a while. Color pencils, markers, acrylic paint, watercolor? Watercolor won, even if I was far less comfortable using it, and that the way I wanted to do it wasn’t really suited to watercolor… but whatever, this was the way I felt doing it, so …. I had to do it!

Etape 2: lettrage au feutre technique Uni Pin noir 0.8, arbre et pointillés à l’aquarelle

Oui, mes talents de peintre sont très très limités…. pas convaincue par le rendu…. et là, je me suis dit, qu’il était temps de revenir à ce que je savais faire…. Opération stylo gel blanc! Et là je me suis lâchée… Un vrai plaisir… et l’envie de recommencer dès que l’occasion se présentera! J’ai utilisé des stylos gel gelly roll de Sakura (05, 08 et 10).

My painting skills are really limited, and I wasn’t thrilled by the way it looked… So it was time to go back to something I felt comfortable with: doodling! I took my Sakury gelly roll pens (05, 08 and 10) and I started doodling of watercolor areas… I loved it, I loved the process, I loved the way it looked afterwards!

Le plus drôle? Je l’ai fini…. le jeudi de l’Ascension… parfait timing!

The funniest part? I finished it the day of Ascension here in France…. it was meant to be that way hahaha!

Je file lui chercher un cadre pour le mettre au mur… et me tenir prête pour une nouvelle inspiration! (Oui bon, j’en ai quelques unes déjà…)

Off I am to go look for a frame and put it on the wall… and get ready for a new inspiration! (well, I have quite a few…..)

Symbole n°22: l’Arbre de Vie

Le symbole de l’arbre de vie se retrouve dans de nombreuses cultures, à travers l’histoire… Sa signification varie selon les perceptions des uns et des autres, des concepts qu’on lui associe. Rien d’étonnant à vrai dire qu’un arbre ait pu inspirer autant de respect à travers l’espace et le temps. Après tout, un arbre symbolise le force de la nature, témoigne de son renouvellement, incarne son cycle etc…

L’arbre de vie est un mythe ou un archétype que l’on retrouve dans de nombreuses mythologies en lien avec l’idée d’arbre sacré en général, tant du point de vue religieux que philosophique. L’arbre de la connaissance, qui fait le lien entre le paradis et le monde du dessous ou l’arbre de vie, qui connecte toutes les formes de vie, sont deux expressions de l’arbre monde, ou arbre cosmique.

  • Mésopotamie: on trouve de nombreuses représentations d’un arbre sur les parois des palais etc… Les archéologues ne se sont pas accordés sur sa signification. le nom d’arbre de vie lui a été attribué par les scientifiques modernes, il n’est pas utilisé dans les sources assyriennes. Aucun texte n’y fait référence, mais il est néanmoins largement présent dans les gravures et les bas reliefs. Il doit donc avoir une importance symbolique.
  • Urartu (Royaume de Van, en Arménie, à l’âge de bronze), l’arbre de vie était un symbole religieux et était gravé sur les murs des citadelles et sur les armures des guerriers. Les branches étaient équitablement réparties vers la droite et la gauche du tronc. Chaque branche avait une feuille, et une autre feuille se trouvait à la cime de l’arbre.
  • Bouddhisme: L’arbre sous lequel le Bouddha était assis lorsqu’il atteint l’illumination.
  • Chine: Il existe plusieurs représentations d’un arbre accompagné d’un phénix et d’un dragon. Le dragon représente souvent l’immortalité, alors que le phénix est le symbole de la renaissance (à suivre, j’ai prévu de le voir, celui-ci).
  • Chrétienté. L’arbre de la connaissance du bien et du mal et source de la vie éternelle. Pour les chrétiens d’Orient, l’arbre de vie est l’amour de Dieu.
  • Mythologie nordique: Yggdrasil l’arbre monde qui est un des symboles les plus importants de cette culture.
  • Celtes: de nombreux arbres étaient considérés comme sacrés à leurs yeux et étaient honorés.
  • Islam: L’arbre d’immortalité apparait dans le Coran. Contrairement à la Bible, le Coran mentionne un arbre unique au paradis, aussi appelé l’arbre d’immortalité, interdit à Adam et Eve.
  • Amérique centrale: Le concept d’arbre monde est très commun dans les cosmologies et iconographies précolombiennes. Il s’étendait dans les 4 directions cardinales, son tronc étant un axe symbolique entre les plans inférieur, céleste et terrestre.
  • Amérindiens: Le mythe Iroquois du monde sur le dos de la tortue explique l’origine de la terre dans laquelle un arbre de vie est décrit. Selon ce mythe, cet arbre se trouve dans les cieux, où les premiers humains vivaient jusqu’à ce qu’une femme enceinte tombe et atterrit dans une mer infinie. Sauvée de la noyade par une tortue géante, elle forma le monde sur son dos en y plantant de l’écorce prise à l’arbre.

Quel que soit son ancrage culturel, l’arbre de vie est donc un symbole fort, porteur d’espoir, servant de connexion entre un monde matériel et un autre plus symbolique.

Quant à moi, j’avais envie de passer cette semaine avec l’arbre de vie tel que je le ressens. Pour moi, il représente la connexion entre mes racines, mon être, et mes aspirations. Mon histoire, mon héritage, mes connaissances, mes expériences, tout cela constitue des racines fortes et bien ancrées dans la terre, mais qui en même temps communiquent avec d’autres arbres, chacun d’entre eux étant une part d’un tout bien plus grand, bien plus vaste, dans lequel nous pouvons puiser ce dont nous avons besoin. C’est ce qui me nourrit, c’est ce qui me lie aux autres, c’est ce qui m’inscrit dans une réalité.

Le tronc serait la symbolique de ce que je suis, de ce que je fais, ce lieu de croissance, là où l’alchimie se met en œuvre pour sublimer ce que je reçois, peu importe sa nature. C’est là aussi que se trouve ce qui me fait sentir vivante, ce qui me motive, ce qui m’anime. C’est cette ébullition permanence, ce brasier qui ne s’éteint jamais, ce souffle qui m’inspire, cette matière qui prend forme. C’est aussi ce qui me protège, qui me permet de rester droite quoi qu’il arrive.

J’aime penser au branches comme autant de ramification de mes centres d’intérêt, de ce qui m’attire, ces petits riens et ces grands interrogation qui me font aller chercher plus loin, plus profondément, plus fort aussi… Quant aux feuilles, ce sont les représentations de ce que j’ai su créer, ce que j’ai pu en tirer, ce que je donne, ce que j’imagine, ce que je sème. Mon amitié, ma confiance, mon expérience, mes moments de joie, de partage, de douce folie aussi parfois. Ce sont toutes ces émotions qui envoient leur oxygène à ce qui m’entoure. Ce sont tous mes rêves, toutes mes idées, toutes mes envies.

J’aime aussi penser à l’arbre de vie comme cette connexion entre mon caractère très terrestre, très terre à terre, et ces envies, ce côté très spirituel, voire mystique qui m’emporte parfois. Ce lien entre les connaissances académiques et cette intuition qui me fait prendre tel ou tel chemin. Cet ancrage dans le réel et mon univers intérieur, tellement onirique parfois. Ce côté très analytique et ma créativité qui peut partir dans tous les sens. Ce passé qui me nourrit et me sert de base, et toutes les possibilités que m’offre ce futur qui m’attend.

Et si j’avais besoin de m’assurer de la solidité et de la bonne santé de mes racines, j’aspire maintenant à m’élever, à me laisser porter par le vent, à le laisser me chuchoter ses secrets, à le laisser m’inspirer. Mon hiver s’achève bel et bien. Il est temps de laisser les bourgeons, depuis longtemps en sommeil, se réveiller, éclore. Il est temps de prendre une grande inspiration, et de déployer mes branches, de m’épanouir au grand jour. Cette carte entre en résonance avec la carte de la semaine, mais aussi avec une dynamique bien pus grande. J’ai passé un pallier dans ma croissance personnelle, j’ai pris conscience de connexions improbables et pourtant réelles qui me donnent à sourire et qui me confortent dans les décisions que je prends. Je sens que je suis connectée à la fois à mes racines et à l’inspiration qui m’insuffle des envies nouvelles, des idées farfelues, une sérénité retrouvée.

Cette semaine, je vous souhaite de prendre conscience de ce que votre arbre de vie vous apporte. De réaliser toutes les connexions qui se font et se défont, de vous aussi vous déployer. Il est temps de redonner vie à notre forêt!

Symbole n°21: la main Hopi

La main Hopi, ou Main du Guérisseur, ou encore Main du Chaman est un symbole ancien de guérison et de protection. Il s’agit d’une main avec une spirale dans la paume. On pense qu’elle vient des pétroglyphes solaires amérindiens qui ont été trouvés dans de nombreux lieux dans le Sud Ouest des États-Unis.

La spirale est universellement acceptée comme tant un symbole d’éternité et de spiritualité. Le fait qu’elle soit mêlée au graphisme de la main lui confère une dimension thérapeutique. Cette main est un talisman populaire et elle est souvent portée pour attirer la bonne santé, la chance, le bonheur et la richesse.

Quant à moi, je vois dans cette main la possibilité pour chacun de se connecter au tout, à la collectivité, de participer à une dynamique positive, de faire du bien autour de soi.

Je ne suis pas fan du mouvement actuel qui tourne autour du terme de blessures. Je ne suis pas fan de l’idée que nous devons tous être guéris de quelque chose. Par contre j’estime que nous avons tous à apporter quelque chose. Nos expériences, nos visions du monde, notre sensibilité au monde et aux personnes qui nous entourent. Et qu’en les partageant (en donnant et en recevant), nous grandissons, nous mûrissons, nous avançons sur notre chemin de vie.

Et pour moi, c’est ce qu’exprime cette main. Une main ouverte vers l’extérieur, la spirale représentant ce que nous sommes, notre savoir, notre expérience de vie, nos émotions, sans cesse en croissance, sans cesse en mouvement, sans cesse en évolution. C’est aussi cette vibration qui nourrit note créativité, notre capacité à voir au delà, notre capacité à rendre tangible ce qui ne l’est pas.

Je m’exprime beaucoup à travers mes mains. Que ce soit en écrivant, en dessinant, en jouant de la musique, en bidouillant, ou même en parlant (haha). Elles jouent un rôle central dans mon langage corporel. Lorsque je touche quelqu’un, c’est un geste que je fais en toute conscience, qui est riche symboliquement, énergétiquement. C’est la création d’un lien tangible, physique, concret entre nos deux espaces de vie. C’est quelque chose qui signifie beaucoup pour moi. Mes mains sont donc le lien entre mon énergie intérieure (ce qui me motive, ce que je ressens, ce que je perçois) et le monde dans lequel j’évolue.

Et elle entre en résonance avec l’affirmation positive de la semaine. Puisque c’est par mes mains que je vais le mieux pouvoir exprimer cette sensation ou cette volonté d’être en harmonie avec ce qui m’entoure.

Prenez soin de vos mains cette semaine!

Symbole n°20: L’étoile à 8 branches

L’octogramme, ou l’étoile à huit branches, se retrouve dans de nombreuses cultures, de la Mésopotamie aux Amérindiens, en passant par l’Égypte antique, l’hindouisme ou même dans le christianisme. Elle représente souvent un astre, que ce soit le soleil ou une étoile, symbolise parfois une divinité (Ishtar, ou lakshmi). J’ai choisi sa forme amérindienne, pour son symbolisme: l’étoile à 8 branches encercle, représentant l’espoir.

En effet, Cette forme de l’étoile à 8 branche symbolise l’espoir et la guidance.

  • Le cercle extérieur exprime la protection. le cercle n’a pas de fin et ne peut être brisé. Le cercle intérieur lui représente notre être.
  • L’étoile intérieure pointe vers les 4 points cardinaux, Est, Ouest, Sud et Nord.
  • L’étoile extérieure, elle, pointe vers les solstices (d’hiver et d’été) et équinoxes (de printemps et d’automne). Chacun d’entre eux a une importance particulière dans l’année dans l’année et sont symboles d’espoir pour le futur.

Le nombre 8 représente l’équilibre. De ce fait, avec ce symbole, d’un cercle dans un cercle, connectés par les saisons et les directions, l’équilibre est atteint, et porte l’idée de l’espoir pour le futur.

Si ce post parait plus tard qu’à l’accoutumée, c’est que je l’ai laissé en suspens. Ce matin, un arbre a été plant dans la cour de l’école où ma fille a fait toute sa scolarité jusqu’au CM2, année de son décès. 3 ans, 1 mois et 2 semaines après son décès. Je ne parlerai pas des raisons du délais, je les ai apprises ce matin et il va me falloir les mettre en perspective pour pouvoir les intégrer…. Peu importe en fait. Cet arbre, aux fleurs violettes, couleur préférée de celle qui ne voulait rien de plus qu’aller à l’école, malgré la maladie, même à bout de forces, grandira, fleurira, forcira jour après jour. Quel plus beau symbole que celui là? Et si parfois j’ai l’impression de me débattre dans un chaudron de mélasse, cet arbre m’a redonné espoir.

J’ai pu avoir une belle conversation ce matin, en dehors des rôles qui nous sont habituellement attribués. De personne à personne. Et ce qui en ressort, c’est que j’ai su acquérir un respect certain de part mon attitude, à travers les valeurs que je transmets, et du ‘courage’ dont j’ai fait preuve en revenant travailler, déterminée, la tête haute, droite dans mes bottes, au même endroit, malgré l’absence, malgré tout ce qui avait pu être dit et fait à mon encontre, sans tirer à vue sur ceux qui avaient colporté, entretenu les rumeurs. Sans accorder à ces dernières plus de crédit qu' »avant ». J’ai souri à cette évocation. Il en faut plus pour m’abattre, et je l’ai prouvé je pense. Et si j’ai voulu revenir, c’est avec espoir. Espoir d’illustrer ce qu’est l’intégrité, espoir de démontrer qu’une autre voie est possible. Prouver qu’on n’a pas à se renier pour grandir. Espoir d’ouvrir les yeux d’autrui: la vérité finit toujours par être sue, dite, révélée. Espoir de leur montrer qu’on peut survivre au pire, jour après jour, et avoir encore la force de donner. Espoir de leur faire comprendre que l’empathie n’est pas un vain mot. Espoir de leur ouvrir les yeux et peut-être aussi un peu l’esprit… Et j’ai remporté mon pari. A moi d’en faire bon usage.

C’est aussi ce qui me motive chaque jour: l’espoir que les graines que je plante chez mes élèves germeront et les aideront à grandir, dans tous les sens du terme. L’espoir de leur transmettre des valeurs saines. L’espoir de leur donner les outils pour bien démarrer leur vie d’écoliers, de citoyens.

Et si je n’ai pas peur du chaos, si je sais affronter mes tempêtes internes, si je traverse les ouragans avec détermination, c’est parce que j’ai l’espoir d’en tirer quelque chose. C’est que je sais que j’en sortirai, grandie, plus sage peut être, plus forte sans aucun doute. Avec une compréhension du monde plus affûtée. Avec le recul nécessaire pour faire face à ce qui se présente.

Si je ne renonce jamais, c’est que j’ai ancré en moi l’espoir de nouvelles aventures, de nouveaux voyages, de nouvelles rencontres.

Et que finalement, c’est ce qui devrait tous nous guider: l’espoir.

Symbole n°19: le Griffon

Aujourd’hui, j’ai décidé de choisir le Griffon antique, animal mythique à tête, serres et ailes d’aigle, à corps de lion, et oreilles de cheval. S’il a joué plusieurs rôles dans les mythologies de différentes civilisation, et à travers le temps, de compagnon de dieux ou héros grecs dans l’antiquité à figure héraldique au moyen âge, ou encore comme emblème de firmes actuelles, j’ai choisi de l’envisager sous l’aspect de celui qui tirait le char de Némésis, déesse grecque de la juste colère et du châtiment divin, et de sa déclinaison romaine, Invidia, l’indignation devant un avantage injuste. Bref, aujourd’hui, je vais vous parler de la colère…

Je suis d’un tempérament volcanique… c’est dans ma nature. On pourrait ne voir et ne s’intéresser qu’à mes éruptions (rares, j’ai appris à les contenir), déplorer mon mauvais caractère, mon agressivité (rarement contre des personnes, la plupart du temps contre des situations), ou on pourrait comprendre qu’il ne s’agit que de l’expression d’une indignation bien plus profonde, qui n’a pu être contenue par des limites pourtant élevées.

Avec le temps, et parce qu’il s’agissait de ne pas provoquer de réaction cataclysmique de ma progéniture, branchée en permanence sur mon état émotionnel, j’ai appris à contenir ma colère. A la maitriser, à l’étouffer, à l’ignorer, à la nier. Après tout, il s’agissait d’un énorme défaut, d’un péché capital même…. Personne n’avait à subir mes humeurs, et je devais apprendre à garder pour moi ces émotions bien embarrassantes pour mon entourage…. mes réactions étaient souvent taxées d’excessives, d’exagérées.

Je n’ai jamais vu ma colère ou son expression comme quelque chose de négatif. Au contraire. Elle s’est avérée être un moteur formidable. Pour ma créativité, pour ma construction, pour ma réflexion. Sans colère, je ne remettrais rien en question, je me contenterais de suivre, de faire ce qu’on me demande de faire. Or c’est en bousculant mes certitudes, en ruant dans les brancards que j’ai eu à me pencher sur la pertinence ou non de mes idées. C’est en tentant de justifier mes coups de sang que j’ai appris à argumenter. C’est en cherchant à déterminer la source de ma colère que j’ai pris conscience de mes valeurs et de mes principes. C’est en me confrontant à l’autre que j’ai pris en considération l’existence et la validité de points de vue différent des miens. C’est en tentant de canaliser, d’exprimer ou encore d’exorciser cette colère que j’ai pris goût à l’écriture, au gribouillage, à l’introspection, à la philosophie, à la psychologie, à l’histoire, à la sociologie. La colère loin d’être un frein à ma construction en a été le moteur le plus puissant.

Et pourtant… la colère que j’exprimais ou qu’il m’arrive encore d’exprimer, n’était en définitive que le pâle reflet de l’indignation que je ressentais.

Parce que ma colère n’est pas hystérique… Elle trouve ses racines dans l’accumulation de faits, de sensations, d’actes qui nourrissent un sentiment d’indignation par rapport à une situation. Je peux tenter de comprendre pas mal de choses, je peux tenter d’expliquer à défaut d’excuser, je peux tenter d’avoir une vision la plus objective et neutre possible, mais certaines situations me font sortir de mes gonds…. littéralement.

J’ai la chance d’être dotée d’une sensibilité à fleur de peau. Oui, la chance. Parce qu’elle me permet de percevoir beaucoup, et d’apporter des nuances à mon jugement plus tranchant naturellement. Là aussi, j’ai du apprendre à apprivoiser cette sensibilité, cette perception du langage corporel, des tonalités du discours, ces non dits qui en disent pourtant beaucoup plus que les mots qui sont prononcés. J’ai donc la chance d’avoir des capteurs de signaux d’alarme intégrés. A moi cependant de les éteindre d’une pensée ou au contraire de leur accorder l’importance qu’ils méritent. Et ce n’est qu’avec le temps, l’expérience que j’y suis parvenue.

Ces dernières années, toute mon énergie étant consacrée à livrer une bataille perdue d’avance et à y survivre, je me suis concentrée à ma réparation et à ma reconstruction… en limitant au maximum les interactions avec des situations susceptibles de provoquer un déséquilibre. Je me suis anesthésiée. Je me suis coupée de la plupart de mes capteurs, ne conservant que ceux qui me permettaient de ‘fonctionner’ basiquement. J’ai ainsi choisi de ne vivre qu’en partie, à survivre, coupe de mes émotions les plus fortes pour me consacrer à recoller ce qui pouvait l’être, à reconstituer une base sur laquelle m’appuyer, capable ensuite de supporter mes émotions les plus déstabilisantes sans pour autant s’effondrer mais au contraire se renforcer. Il me fallait aller au bout des choses, tester la résistance de chacune de mes valeurs, de chacun de mes principes, en ayant toujours à l’esprit qu’ils pouvaient évoluer, en fonction des nouveaux éléments que je rencontrerais et des expériences de vie que je ferais en cheminant. Et puis une fois cette base solide constituée, optimisée, le temps est venu de l’éprouver, de me reconnecter avec cet aspect plus sensible de ma personnalité. Je n’avais plus ni le besoin ni l’envie de rester… éteinte.

J’ai commencé à me resociabiliser, à me reconnecter avec ceux qui m’entouraient, à regarder de nouveau le monde qui m’entourait avec les yeux et l’esprit bien plus ouverts. A ressentir de nouveaux les dynamiques en action, l’énergie qui émanait de tel ou tel mouvement, de telle ou telle situation. Je me suis reconnectée, tout simplement.

La première chose que j’ai ressentie, c’était une colère sourde, une indignation, un brouhaha de frustrations et de sentiment d’injustice, d’impuissance également. Puis une révolte devant l’injustice, devant l’inertie, devant le mépris… Et ce dans des domaines très différents. Je me suis pris une claque, clairement… Il m’a fallu du temps, une nécessaire prise de recul pour pouvoir analyser toutes ces émotions, toutes ces dynamiques, à travers le prisme de ma propre expérience de vie, de mes connaissances propres, de mes sensations intérieures également. Ces dernières années, j’ai appris à maitriser mes émotions, à ne pas les laisser m’entrainer dans les tréfonds du désespoir. Et pour ce faire, j’ai du les identifier, les accepter, et les désamorcer. Mais là, il ne s’agissait plus de moi… je percevais les mêmes émotions (colère, révolte, impuissance, désespoir, rage, frustration, ressentiment) chez beaucoup de monde autour de moi, dans beaucoup d’écrits, partout.

La seconde chose que j’ai ressentie, c’était une explosion imminente. Les limites sociétales ne sont extensibles qu’à un certain point. Et elles étaient étirées à leur point de rupture. Inévitablement, elles ont cédé devant la pressions à laquelle elles étaient soumises. Et partout, des mouvements pour l’urgence climatique, pour une justice sociale, pour une humanité plus… humaine se sont créés. Et pourtant, leur impact étaient bien moindre qu’il aurait du l’être… Si ils auraient du être l’expression d’une majorité (parce que je doute fortement qu’une majorité de gens soient en faveur des concepts de mort, de destruction, d’anéantissement, de l’autodestruction de la race humaine… et je ne crois pas être naïve), leur impact a été au mieux minime, au pire minimisé. Une chape de plomb empêchait et empêche encore aujourd’hui, l’expression d’une réalité. Pour ne pas provoquer de mouvement globaux de panique peut être, pour ne pas accélérer un bouleversement global qui pourtant me parait inéluctable.

Et j’ai alors perçu, en creux, une dynamique froide d’étouffement de tout mouvement mettant en question un ordre du monde bâti sur du vent, sur une illusion. Que ceux qui en bénéficient croient y croient réellement ou qu’ils fassent preuve d’un cynisme frôlant la psychopathologie n’est pas de mon ressort. Par contre, la manipulation mentale visant à anesthésier des populations entières afin qu’elles n’aient accès qu’à une information tronquée et édulcorée, les culpabiliser afin de garantir leur coopération, présenter tout mouvement en désaccord avec la ligne officielle comme antisocial, les réprimer avec une violence légitimée par des mensonges quant au maintien d’un ordre social illusoire, tenter de fermer peu à peu les canaux d’expression d’opinion dissidente, supprimer les acquis sociaux en reniant par là le travail et les idéaux de ceux qui ont voulu une société plus juste au sortir de la guerre, décrédibiliser et délégitimer les services publics en appliquant une stratégie aussi efficace que cynique… tout ça m’a mise dans une colère noire….

Je suis donc en colère. Je suis révoltée. Je suis indignée. Et si la plupart du temps je parviens encore à canaliser cette colère en en faisant le moteur de ma créativité (que ce soit à travers mes mots, mes dessins, la musique, ou encore en montant des séquences de classe visant à faire prendre conscience à mes élèves l’importance de la compassion,d e l’entraide ou que sais-je encore), j’ai bien conscience que ce n’est pas suffisant. Je partage donc des liens amenant la réflexion, je dialogue, j’écoute, je tente de convaincre, j’affute mes arguments, je me confronte. Je passe à l’action. A mon tout petit niveau. C’est peut être peu, une goutte d’eau dans l’océan, mais je compte bien persister. Parce que cette énergie positive, cette étincelle est bien plus déterminée et importante que l’obscurité qui l’entoure.

Il est temps de briser le cercle. Arrêtons de nous voiler la face, de fermer les yeux. Retrouvons notre humanité, notre esprit critique, réapproprions-nous notre vie! Un peu partout dans le monde, je note que d’autres se réveillent, que d’autres décident de faire un pas vers la vérité, vers la lucidité, vers l’action.

A nous de faire de cette colère, de cette indignation, de cette révolte quelque chose de constructif. A nous d’allumer notre lumière intérieure pour éclairer les ténèbres d’ignorance dans lesquelles on tente de nous garder enfermés. A nous de transmettre, de propager cette dynamique tournée vers l’autre, vers l’espoir. A nous de dire stop aux aberrations que l’on tente de nous faire passer pour inéluctables et inébranlable. A nous de créer, de communiquer, de partager, de construire. A nous d’affirmer notre liberté. En nous exprimant, en partageant, en agissant. Chacun d’entre nous est une composant d’un tout bien plus grand, et chacun d’entre nous peut à son tout petit niveau, seul ou collectivement, avoir une incidence positive sur son existence ainsi que sur celle d’autrui.

Je l’ai déjà écrit ici. je suis indomptable. Dans le sens où je refuse de donner à qui que ce soit le droit de faire ce qu’il ou elle désire de mon existence. Dans le sens où je refuse que mes pensées soient contrôlées par une morale imposée par des principes basés sur la peur. Dans le sens où je revendique mon droit d’être celle que je suis, où je choisis d’obéir à des règles qui œuvrent pour le bien commun mais que je me réserve le droit d’en contester la validité le cas échéant. Dans le sens où je suis capable de mettre toute mon énergie au service d’une cause qui me semble juste. Dans le sens où ma colère me donne l’énergie de me battre, encore et toujours, si besoin est. Dans le sens où cette flamme qui brûle en moi, cette passion, cette détermination est inextinguible.