Symbole n°18: Akoben

Akoben est un symbole adinkra qui représente la corne de guerre posée sur un socle de pierre. Il symbolise la vigilance et le fait d’être prêt à servir une bonne cause. Ce symbole encourage à être prêt à tout moment. La corne de guerre servait à mobiliser les guerrier en cas de guerre.

Ce symbole me parle beaucoup en ce moment. Non pas que j’aie une quelconque intention de partir en guerre contre quoi que ce soit, mais qu’il est temps pour moi d’être prête à toute éventualité. Et cette éventualité offre toujours une belle aventure à vivre. J’aime donc me sentir prête, faire ce qu’il faut pour être capable de répondre à l’appel aussi rapidement que possible. Bien sûr, en ce qui me concerne, il s’agit surtout d’idées, de gribouillages, de mots, de rencontres… rien de révolutionnaire.

J’aime être prête à apprendre quelque chose de nouveau. J’aime être prête à rencontrer des personnes nouvelles. J’aime être prête à découvrir de nouveaux univers. Et c’est ce que signifie Akoben pour moi.

Pour cela, il faut garder son esprit, ses yeux et ses bras ouverts. Pour cela, il faut savoir d’où on part. Pour cela, il faut avoir envie d’aller vers l’autre.

Ces derniers temps, je ressens un besoin de sociabilisation. Non pas d’appartenance, mais de sociabilisation. J’ai envie de dialoguer, de comparer, d’apprendre des autres. J’ai envie de partager. Et pour ce faire, je me suis préparée. J’ai appris à regarder ce qui m’entoure avec un regard le plus ouvert possible, à exercer mon esprit à analyser les cheminements d’autrui, à les valider sans pour autant les partager. J’ai appris à rester la plus ouverte possible, à accueillir ce qui se présentait à moi. Et j’ai pu le faire parce que j’avais au préalable fait tout un travail pour identifier ce qui faisait de moi celle que je suis, parce que j’avais pu accéder à une sérénité intérieure basée sur mes valeurs.

Aujourd’hui, il est temps pour moi d’échanger. De transmettre et de recevoir. Et de le faire non pas à travers un clavier, ce qui était déjà une première étape, mais directement. Et ce qui parait évident, simple, ne l’est pas forcément pour moi. Ou du moins ne l’était pas. Disons que je me sens rarement à ma place, ou que je n’éprouve pas le besoin en général d’être avec les autres. Je ne suis pas devenue très sociable hahaha. Bien sûr je l’explique par les années compliquées que j’ai eu à vivre, et par l’ostracisme que j’ai pu subir au départ, par l’isolement que j’ai voulu, pour me protéger ainsi que les autres. Lorsqu’on est au coeur de la bataille, on se focalise sur ce que l’on fait, sur sa protection et sur sa cause. On passe toute son énergie à se battre, et on en arrive parfois à manquer d’empathie, à manquer de tact. C’est aussi pour ne pas blesser autrui avec une agressivité qui ne leur était pas destinée mais qui était symptomatique des forces que je devais mobiliser pour simplement survivre et poursuivre mon chemin, que je me suis volontairement peu à peu isolée. Mais depuis quelques mois, je constate que je reviens à une dynamique d’échanges. Une fois les sujets compliqués évoqués et intégrés, ça se passe plutôt pas trop mal.. Ce qui était pour moi un moyen très efficace de me protéger, et de me concentrer sur mes propres combats à mener, ce qui était nécessaire à ma reconstruction, n’a plus lieu d’être. Et il est temps de revenir à des relations directes.

Donc cette semaine, je vais garder Akoben en tête. Et être prête à toutes les éventualités. Avec l’esprit, les yeux et les bras grands ouverts sur ce qui se présentera.

Il est temps de procéder à un renouveau.

symbole n°17: Molvinet

Cette semaine, le symbole qui va nous accompagner est d’origine slave: Molvinet. Son origine est très ancienne et il est surtout porté en amulette visant à protéger son porteur et par extension sa famille. Il fait partie des symboles solaires qui protègent contre les énergies négatives.

Afin de comprendre le sens de son nom, il faut l’examiner de plus près. Les experts proposent de le diviser en deux parties distinctes: le mot « MOL » et le mot « couronne ». le premier mot est intéressant à analyser car chacune de ses lettres a une signification particulière.

  • La lettre « M » se réfère au pensées humaines, qui sont considérées comme le moteur le plus puissant des changements internes et externes dans le monde.
  • La lettre « O » implique l’énergie intérieure d’une personne.
  • La lettre « L » est la plus terre à terre, puisqu’elle signifie une personne, le vieu « peuple » slave.

Ces trois lettres symbolisent une trinité de personnes: le monde des individus, la connexion avec les forces supérieures et l’âme immortelle qui est la protection harmonieuse de toute personne.

Pour ma part, je perçois Molvinet comme le symbole de la réalisation de soi, de l’harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Quelle meilleure protection pouvons nous-avoir? Lorsqu’on sait qui on est, nous n’avons rien à craindre. Cette paix intérieure est le meilleur rempart contre le jugement d’autrui. Parce qu’il n’a aucune incidence sur notre être. Il peut nous inspirer de la compassion pour ceux qui ne sont pas encore parvenus à cette réalisation. Mais c’est tout. Cet équilibre intérieur est la meilleure réponse au chaos qui nous entoure. Il nous permet une analyse plus détachée, un recul permettant d’envisager la situation dans son ensemble, à la recontextualiser dans l’espace et le temps.

Dès lors, toute action est le résultat d’un accord entre les trois composantes de notre être. La pensée, le mental nous permet d’analyser ce qui se passe, nos émotions entrent en concordance avec nos valeurs et ce qui nous anime, et notre corps prend les mesures nécessaires à la réalisation de ce que nous voulons et nous sentons de faire.

C’est cette dynamique, cette symbolique que représente Molvinet pour moi. L’harmonisation de l’émotionnel, du physique et du mental. Qui nous permet une connexion avec autrui plutôt qu’un isolement. Parce qu’elle entre en concordance avec les dynamiques de ceux qui nous entourent, et participe à ce grand tout dont nous faisons tous partie. Nous appartenons certes à un lieu et à un temps donné, mais nous avons également accès à cet espace affectif dématérialisé, qui nous connecte les uns avec les autres à travers le temps et l’espace. Nous avons accès aux connaissances de ceux qui nous ont précédés, à leur expérience, d’un seul clic. Nous pouvons communiquer, échanger, partager avec des personnes partout dans le monde en instantané.

Par conséquent, l’équilibre dont je parlais plus tôt revêt une nouvelle dimension. L’émotionnel peut soit s’exprimer plus violemment et spontanément ou au contraire être pondéré par la forme de son expression. Je peux avoir une réaction épidermique à quelque chose, et l’exprimer par une émoticône sur les réseau sociaux, ou prendre le temps de faire un article sur mes états d’âme, en essayant d’être la plus explicite possible. Le mental également est touché, puisqu’il doit faire la part des choses entre des informations réelles et sourcées et tout un tas de déformations de la réalité à travers le prisme de certains. (J’avoue que ma formation d’historienne m’est d’une grande aide dans ces cas là.). Et il doit également s’adapter à la quantité de données à traiter, faire des choix, avoir une idée claire de ce sur quoi il se penche pour ne pas se perdre de liens en liens, et perdre le sens de sa quête. Là aussi il doit prendre en compte la dimension temporelle et spatiale des sources, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant, et qui ouvre un nouveau champs des possibles fascinant. Le corps quant à lui, est mobilisé même si son action est moindre que dans l’espace ‘physique’. L’attention visuelle importante et constante, la motricité fine,, les tensions (inhérentes à la frustration, à la volonté de convaincre, à l’absorption de grandes quantités d’informations, à la position assise pendant de longs moments) sont autant d’actions physiques de notre activité sur la toile.

Pour autant, loin d’être antagonistes, ces deux perceptions de notre être, la perception ‘concrète’ et la ‘virtuelle’, sont complémentaires. Elles participent toutes deux de notre action dans le monde, sur le monde. Chacune de nos actions, qu’elle soit dans le monde physique ou sur la toile, a un impact potentiel sur autrui, que ce soit de manière directe ou indirecte, que ce soit de manière instantanée ou différée. Nous sommes responsables de nos actions, et par là même, nous devons prendre conscience que notre responsabilité ne se limite pas, ou plus, à notre environnement immédiat mais peut avoir des résonances bien plus importantes, bien plus globales, et ce bien plus rapidement qu’auparavant.

C’est la raison pour laquelle parvenir à un équilibre des trois sphères de notre être (physique, mentale et émotionnelle) est si important. Et c’est ce que symbolise Molvinet pour moi, c’est sur quoi je vais me concentrer cette semaine.

Symbole n°16: Beke Saka

Beke Saka, « sac de noix de cola », est le symbole adinkra de richesse, puissance, abondance, solidarité et d’unité. La noix de cola a joué un rôle important dans l’économie du Ghana. Cette culture au grand rendement est étroitement associée avec la richesse et l’abondance. Ce symbole illustre également le rôle de rassemblement et de cohésion que l’agriculture joue dans les organisations humaines.

A une époque où on oscille entre individualisme forcené et mouvement sociaux d’exaspération, Beke Saka nous demande de nous recentrer sur ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise. Sur le bien commun et sur ce qui nous fait croitre ensemble et non au dépend d’autrui. Sur ce qui enrichit une communauté, qui assure par là sécurité et paix, et non sur ce qui ne profite qu’à certains, entretenant par là même des rivalités, des divisions.

Parce que nous avons tous la capacité d’apporter à autrui. Quel que soit notre parcours, notre histoire, ce qui nous anime et nous inspire. Nous avons tous la capacité d’apporter notre expertise, notre expérience, notre motivation, notre vision, et ainsi d’ajouter notre pierre à l’édifice. A l’heure où les technologies nous permettent de communiquer internationalement d’un simple clic, où l’information circule d’un écran à l’autre quasi instantanément, il nous appartient de définir ce qui nous apparait important de partager, ce qui pour nous à de la valeur, ce qui donne du sens à ce que nous sommes.

Si les sacs de noix de cola avaient une valeur pour les villages les cultivant, nos mots et nos idées en ont dans cette zone devenue affective qu’est l’internet. Et qui ,si elle est par sa nature même dématérialisée et délocalisée, peut jouer un rôle bien concret dans nos vies. Parce qu’en définitive, il y a une grande porosité entre ce que nous vivons physiquement, avec nos proches, avec nos voisins, et ce que nous pouvons vivre sur la toile. Le partage des connaissances, de ce qui nous fait vibrer est facilité par le clavier et l’écran, mais pour autant il est réel et peut avoir une incidence tout ce qu’il y a de plus concret sur nos vies. Nous nous trouvons à une ėpoque hybride, où la richesse nous vient non seulement de nos expériences physiques, effectives, mais aussi de nos expériences et de nos réflexions dématérialisées, « virtuelles ». Je met le mot virtuelles entre guillemets parce qu’en réalité, elles sont tout sauf virtuelles, s’appuyant sur des émotions réelles et des processus on ne peut plus concrets. Mais leur réception, elle , est plus… aléatoire, plus intangible.

On pourrait dire que les échanges aujourd’hui sont bien moins efficaces que ceux qui étaient menés sur la place du village. Moins productifs… Mais si on y réfléchit bien, on constate que la dynamique est complètement différente. L’information n’est plus simplement diffusée à tous. Elle répond également à une interrogation de certains. Ce que je veux dire, c’est que si lors d’une réunion publique, l’ordre du jour doit être clairement établit et suivi, en revanche, la toile permet de poser des questions bien plus ouvertes et diversifiées. De même, les réponses ne sont pas seulement offertes, elles sont aussi recherchées. Je peux écrire ce que je désire partager sur mon blog. Pour autant, il ne sera peut être lu que par quelques personnes. Et puis un de mes articles correspondra à une attente des jours, des mois plus tard, et plusieurs autres personnes y trouveront une réponse à leur interrogation du moment. Je n’ai encore une fois aucune prétention. Je partage juste mes états d’âme au moment où je les ressens. En gardant en tête que peut être ils trouveront écho chez d’autres. Et que mes mots les aidera peut être à cheminer. C’est ainsi que j’envisage la toile, sur des sujets divers et variés. J’espère juste en tapant ces mots apporter ma contribution.

Symbole n°15: le Triskel

Ah le triskel! On retrouve ce symbole gravé dans des monuments datant du Néolithique et il est encore utilisé de nos jours, généralement comme emblème breton. Il est l’un des rares à avoir su traverser le temps et à être toujours présent dans la culture humaine.

Seulement voila, il existe de nombreuses interprétations de ce symbole, de la représentation des 3 points du mouvement d’horizon du soleil (lever, zénith, coucher), à la symbolique d’éléments (eau terre et feu pour certains, ciel terre et eau pour d’autres), en passant par la symbolisation des 3 états de la vie (enfance, age adulte et vieillesse), ou encore du temps (passé présent et futur).

Quoi qu’il en soit, ce symbole perdure et finalement, chacun voit en lui une certaine dynamique, certainement du fait de sa construction, les trois spirales évoquant le mouvement.

Pour ma part, j’aime l’idée du triskel comme symbole d’enthousiasme, de dynamique positive. Et c’est cet état d’esprit que je veux garder cette semaine. Le fait d’avancer avec envie, avec enthousiasme, avec la curiosité de ce qui vient, avec un esprit de conquête, de découverte, cette envie de plonger dans l’inconnu sans retenue, sans restriction.

Pour moi, le triskel est aussi un symbole de croissance. Je me suis récemment posé la question de la culpabilité. Parce que j’ai réalisé que j’en étais enfin libérée. Bien entendu, comme chacun d’entre nous, j’ai fait des choses dont je ne suis pas très fière. J’ai blessé des personnes auxquelles je tenais, je me suis égarée parfois. Et j’ai culpabilisé. Longtemps. Énormément. Jusqu’à ce que je prenne le temps de regarder tout ça sous un angle différent. J’ai effectué des choix. Et je les assume. Peu importe ce qui les a motivés au moment où je les ai faits. Ils m’ont fait prendre une direction qui m’a menée à celle que je suis, ici et maintenant. Ils correspondaient à des leçons que mon moi d’alors devait recevoir. Et vu d’ici, clairement, je les ai reçues. Ces choix m’ont apporté de merveilleuses rencontres, m’ont également plongée dans des profondeurs très douloureuses, m’ont fait prendre des chemins de traverse parfois tortueux. Mais mon parcours, déterminé par ces choix, est mien. J’ai fait des choix. Et ils m’ont construite.

Il m’apparait évident aujourd’hui que je ne referais pas certains d’entre eux. Parce qu’ils ne correspondraient en rien à ce dont j’ai besoin d’apprendre maintenant. Mais les regretter signifierait renier une part de mon parcours. Puisque j’apprécie la personne que je suis aujourd’hui, puisque je l’accepte sans condition, je ne me vois pas l’amputer d’une expérience de vie qui a contribué à la composer.

J’essaie de faire mes choix avec intégrité depuis un bon moment maintenant. Et je me fie à ce que je ressens. Je ne laisse plus personne interférer avec ma prise de décision. J’essaie de m’écouter, d’écouter mon intuition, de voir au delà de ce qui est visible au premier abord, de prendre du recul, de me décentrer. Par contre, il m’apparait clairement que je ne renierai plus jamais mon cœur. Et je compte bien continuer ainsi.

Aujourd’hui, je sens que je me trouve de nouveau à la croisée des chemins, ou du moins que je m’en approche. Et c’est avec enthousiasme que je parcours le reste du chemin jusqu’à ce nouveau choix. A moins que d’ici là il devienne une évidence. J’ai confiance. En moi, en mon jugement. En mon avenir.

Symbole n°14: le Soleil aztèque

Deuxième symbole solaire, après le soleil des Zia, j’ai choisi cette fois la représentation des aztèques. Parce que son esthétique me parle.

J’ai choisi le soleil cette semaine parce que pour moi, je suis à l’aube d’une nouvelle année, d’une nouvelle aventure, et qu’il représente parfaitement mon état d’esprit. Et puis il entre en résonance avec la carte d’affirmation positive. Il est temps de briller, d’être une source de chaleur et de créativité. Tout un programme! Et puis nous avons changé d’heure, c’est le printemps…. bref, tout un tas de raisons d’honorer le soleil cette semaine.

S’il y a bien un symbole universel, que ce soit dans le temps ou dans l’espace, c’est le soleil. Il est honoré, craint, redouté, respecté partout et depuis toujours. Il rythme nos vies et celles qui nous entourent. Il nous apporte la chaleur et la lumière indispensable à toute vie.

Alors cette semaine, j’avais envie d’honorer le Soleil. Parce que chaque aube est une promesse, qu’en chaque crépuscule réside un mystère et des secrets prêts à être explorés. Parce que si je fuis un contact trop franc, j’aime me réveiller avec sa lumière, j’aime sentir ses rayons me caresser et me réchauffer doucement. Parce qu’il me rappelle que tout est affaire de cycle, et qu’il ne dépend que de moi d’en faire quelque chose ou de lâcher prise, jusqu’à la fois prochaine. Parce qu’il apporte l’espoir aussi, qu’il révèle ce qui doit l’être. Qu’il nous dynamise, qu’il nous offre son énergie, qu’il est un principe créateur, un principe de vie.

Parce qu’il est temps pour moi de vivre pleinement, et qu’il est le compagnon idéal pour ça.

Bref, cette semaine, laissez vous envahir par sa lumière, afin que votre soleil intérieur puisse rayonner à son tour!

Symbole n°13: la grenouille

J’ai choisi la grenouille Taino, des Caraïbes. On la retrouve sur de nombreux pétroglyphes dans les Grandes Antilles. Les Taino ont été présents sur ces îles du VI ème au XV ème siècle (pour avoir un aperçu de leur art, suivez ce lien!).

Le symbole de la grenouille se retrouve un peu partout dans le monde, et à toutes les époques. Tantôt symbole très positif, tantôt liée à des catastrophes.

La grenouille est généralement considérée comme un symbole de transformation, de changement, de l’impermanence de la vie. Sûrement du fait de ses nombreuses transformations afin d’atteindre l’âge adulte. Elle peut aussi symboliser la renaissance. Elle est également un symbole de purification, qui vise à éliminer ce qui est toxique, notamment de part son lien avec l’eau des rivières etc, qui lave et emporte au loin ce qui n’a plus lieu d’être.Enfin, si certains l’imitent ou l’invoquent pour faire tomber la pluie, d’autres racontent des pluies de grenouilles comme étant un châtiment divin.

J’ai choisi ce symbole pour cette semaine parce que pour moi, c’est un temps de transformation, de détoxification aussi sûrement. Un temps d’introspection et de remise en ordre émotionnelle. Et je sais qu’à l’issue de cette semaine, je serai capable de reprendre le cours de mon voyage, si ce n’est transformée, du moins parée à affronter une nouvelle année, débarrassée de certaines choses si ce n’est définitivement, du moins pour un bon moment.

J’ai donc choisi la grenouille pour effectuer cette transition le plus sereinement possible.

Promis ensuite je reviens à des symboles plus… ‘abstraits’ hahaha

Symbole n°12: le corbeau

Le corbeau… Ceux qui ont la chance de me côtoyer dans la vraie vie savent à quel point cette histoire de corbeau me trotte dans la tête depuis un petit moment…

Le corbeau est un animal symbolique partout où il est présent. Que ce soit en Europe, au Nord Ouest de Amérique du Nord, en Sibérie, en Asie, en Afrique du Nord, il fait partie de légendes fondatrices ou est lié à des divinités. Il peut être aussi bien vu comme une force bénéfique que comme un oiseau de mauvaise augure. C’est ce qui est fascinant chez cet animal: il semble jouer un rôle dans la construction culturelle de civilisations aussi variées que les Romains et les Grecs, les Vikings et les Celtes, les Amérindiens, les Inuits, ainsi que dans les religions telles que le Judaïsme et le Christianisme, l’Islam, l’Hindouisme.

Pour certains peuples (Nord Ouest de l’Amérique du Nord, Sibérie, Inuit, Nord Est de l’Asie, Bouthan), le corbeau est créateur du monde, ou du moins il protège les hommes, leur donnant de quoi survivre et se développer. Son plumage noir représenterai le Néant, le vide avant la création. Selon les légendes, il est à l’origine du monde en tant que tel, ou du genre humain, ou encore du Soleil, de la Lune, des étoiles, de l’eau et du feu (rien que ça!). Il est une divinité en soi, plutôt positive et constructrice. Il aurait également joué un rôle dans la création de la ville de Lyon, en France.

Le corbeau peut aussi jouer le rôle de gardien. Lorsque les corbeaux cesseront de voler autour de la montagne où il repose, Frédéric Barberousse se réveillera et règnera de nouveau. Dans le même ordre idée, il est dit que tant qu’il y a des corbeaux à la tour de Londres, l’Angleterre ne sera pas envahie.

Le corbeau peut également être associé à une divinité.

  • Apollon, dans la Grèce Antique, donne son plumage noir au corbeau par punition pour avoir fait preuve de négligence dans la surveillance de sa maitresse.
  • Odin dans la tradition Nordique envoie deux corbeaux, Hugin (la réflexion, la pensée) et Munin (la mémoire) autour du monde pour qu’ils lui rapportent ce qu’ils voient et entendent. C’est ainsi que le dieu sait ce qui se passe dans le monde.
  • Morrigan, et Badb, dans la tradition celtique irlandaise. C’est sous la for me d’un corbeau que la déesse Morrigan se pose sur l’épaule de Cuchulainn à sa mort

Le corbeau étant charognard, il est souvent lié aux morts, à la guerre, à la maladie. Son plumage noir accentue ce côté inquiétant, sans ‘âme’. Il est présent sur les champs de bataille, jouant un rôle en faveur d’un ou de l’autre camps, se nourrissant de ceux tombés au combat. C’est sans doute ce qui lui a donné sa mauvaise réputation, bien ancrée encore de nos jour en Europe notamment. De nombreuses légendes lui attribuent un côté malsain, traitre, infidèle, manipulateur, se jouant des hommes pour son seul profit.

Malgré cet aspect sanguinaire (ou peut être de ce fait), il est choisi pour orner les bannières de plusieurs rois Vikings. C’est leur esthétique que j’ai choisie pour ma carte. Il figure également sur les armoiries de l’Ile de Man, sur celle du Bouthan.

Le corbeau revêt également une symbolique plus mystique, magique. Il est celui qui fait le lien entre les vivants et les morts, qui permet la communication entre les deux mondes. Il est celui qui fait prendre conscience de la magie ordinaire. Il est celui qui élève la perception, qui permet d’acquérir un meilleur discernement, qui représente la détermination à atteindre son but, seul ou en groupe. Il revêt aussi un rôle symbolique de transformation, alchimique.

Enfin, le corbeau est un oiseau extrêmement intelligent, qui vit en communauté, et qui est capable de se souvenir de celui qui lui a fait du bien ou du tort…. ce qui donne à réfléchir à notre attitude face à lui!

J’édite: et si je vous disais que la pleine lune de mars est surnommée la lune du corbeau? Si si, véridique! J’aime être en phase avec l’Univers hahahaha.

Quant à moi, j’ai la chance d’avoir pour voisins un groupe de corbeaux, qui viennent me rendre visite en se posant sur les arbres à hauteur de mon appartement quotidiennement. Je suis également saluée tous les matins de la semaine par un corbeau qui semble garder ma voiture jusqu’à ce que j’arrive. J’ai aussi remarqué qu’ils se trouvent tout le long de mon trajet pour aller au travail. Et puis les deux premiers morceaux que j’ai appris à jouer à la flûte portent sur des légendes concernant les corbeaux…. sans parler des rêves où ils apparaissent…. Bref, ma vie est colonisée par les corbeaux ces derniers temps, sans que je saisisse encore bien le message qu’ils ont à me transmettre, si ce n’est que je vis dans une région où ils sont nombreux et en bonne santé (haha) mais au moins, ça m’aura donné l’occasion de me pencher sur la symbolique de cet oiseau et d’écrire cet article!

Et puisque j’aime les paradoxes, tous les paradoxes haha, je n’ai pas voulu faire les contours du symbole en noir…. j’ai opté pour un fond à l’aquarelle et j’ai peint le symbole à l’encre violette…. leur seul symbole jusqu’ici qui aurait légitimement pu être noir…. non, je l’ai dessiné à l’encre violette…

Symbole n°11: Kokopelli

Cette semaine, nous danserons avec Kokopelli. C’est un personnage mythique révéré par les Navajo, les Hopi, les peuples amérindiens du Sud Ouest de ce qui est aujourd’hui les Etats Unis. Kokopelli est symbole de fertilité, de joie, de longue vie. Il est représenté par un joueur de flûte bossu, sa bosse recelant selon les traditions des graines, des plantes, des objets sacrés ou médicinaux (les uns et les autres pouvant très bien être liés). Tout en semant ses graines, il chante et joue de la flûte. Il insuffle ainsi le souffle de la vie dans ses semences.

Dans d’autres mythes, il parle au vent et au ciel. On entend sa flûte dans les vents du printemps, qui apporte sa chaleur après le froid de l’hiver. C’est un nomade, son arrivée et son départ sont annoncés par sa flûte. Ses voyages lui ont octroyé la sagesse et il a une leçon pour chacun. Il apporte également prospérité et bonne fortune à qui écoute ses chansons.

C’est donc aussi un ménestrel, un esprit de la musique, un conteur, un faiseur de pluie, un guérisseur, un professeur, un magicien farceur, un séducteur, un sage. Sa plus grande leçon étant de ne pas prendre la vie trop au sérieux.

C’est un personnage extrêmement positif.

J’aime beaucoup Kokopelli, et ce symbole me parle profondément. Ma première ‘rencontre’ a été sous forme d’une bague le représentant, ramenée par mes parents au retour d’un voyage dans le grand Ouest américain. J’ai tout de suite été attirée par ce petit bonhomme courbé et dansant, avec sa flûte. Je l’ai trouvé joyeux et optimiste, et elle est longtemps restée à mon doigt.

Je l’ai retrouvé lors de mon séjour en Arizona. Il était partout, des talus d’autoroutes aux enseignes diverses et variées. Sur des textiles, des poteries. Partout. Et si le côté commercial d’exploitation de son image ne m’a pas échappé, sa seule vue me remplissait de joie. A chaque fois. Comme si il me souhaitait la bienvenue chez lui.

Clairement, je me sens liée à Kokopelli. Peut être parce que moi aussi j’essaie de semer mes graines en classe, dans ma vie quotidienne ou ici. Peut être aussi par mon côté conteuse d’histoires, par mon métier, par mes inspirations, par ma flûte, même si la mienne est irlandaise et non amérindienne (mais qui sait, je vais peut être y venir aussi!). Peut être aussi par ce détachement que j’ai acquis au fil des années. Et cette certitude chevillée au corps: il faut profiter de la vie à chaque instant, sans regret, avec joie et reconnaissance. Rire aussi, et se dire que si on est peu de chose, on a aussi tous la capacité de planter, nous aussi, nos graines d’espoir, de joie, de sérénité, de connaissance, de compassion, de respect, et que sais-je encore. Et qu’une fois partis, c’est ce qui restera de nous, et quel bel héritage!

Alors cette semaine, comme toutes les autres, je vais tenir compagnie à Kokopelli, en jouant de la flûte, en semant mes graines, et en vivant, tout simplement.


Symbole n°10: Alatyr

Alatyr est un symbole ukrainien. Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, cette étoile à 8 branches est brodée sur les vêtements des personnes de pouvoirs ou de savoir, portée comme une amulette aussi bien par les hommes que par les femmes, notamment au départ pour un long ou périlleux voyage. Les deux croix qui se croisent au centre (verticale, masculine et oblique, féminine) représentent la naissance de l’harmonie (intégrité, accord). Le soleil à 8 rayons est quant à lui le symbole de la spiritualité dans les croyances védiques. Alatyr symbolise l’harmonie universelle.

Alatyr peut être vu comme une protection divine, ou l’expression d’un lien entre l’humain et le divin. Il porte la connaissance de l’univers, de ce qui n’est pas visible, et de ce fait on lui porte des propriétés protectrices.

Quant à moi, je le vois surtout comme le symbole de l’harmonie universelle, qui existe entre toute chose, un état de sérénité et de confiance. Et puisque cette semaine, nous sommes des aventuriers, guidés et inspirés par l’acceptation, Alatyr me semble être le compagnon symbolique parfait. Parce qu’on en peut vivre pleinement notre aventure de vie sans se sentir en harmonie avec soi, avec ce qui nous entoure. Et pour moi, cette harmonie est intimement liée à l’acceptation.

Comme je l’ai dit lundi, l’acceptation n’est pas du tout synonyme de passivité ou d’impuissance. Bien au contraire, elle nous permet d’agir en toute conscience et sereinement.

Car par l’acceptation, nous nous libérons des émotions parasites qui nous empêchent d’avoir une vision globale de ce que nous vivons. En acceptant ce qui se présente devant nous, en tentant d’en saisir le sens avec sérénité et confiance, nous entrons en résonance avec l’harmonie universelle.

L’acceptation est également liée à cette certitude intime que nous ressentons, notre intuition. Si nos émotions peuvent nous parasiter, l’intuition, quant à elle, nous permet de faire des choix plus sereins, en accord, en harmonie avec ce que nous sommes à un moment donné.

J’espère donc que cette semaine, Alatyr vous donne cette opportunité de vous sentir vous aussi en harmonie.

Symbole n°9: le soleil des Zia

Ce symbole appartient aux Zia, une branche des amérindiens Pueblo se situant au Nouveau Mexique. Si on le retrouve sur le drapeau de cet État américain, les Zia ont tenté à de nombreuses reprises de le faire ôter , en vain. Il s’agit d’un symbole sacré, et de ce fait, les Zia demandent à ce qu’il soit utilisé avec respect. Il est constitué d’un cercle et de 4 fois 4 rayons extérieurs.

Le cercle tout comme le nombre 4 sont sacrés pour les Zia. Ce symbole représente:

  • Les 4 points cardinaux (Nord, Sud, Est, Ouest)
  • Les 4 saisons de l’année (printemps, été, automne, hiver)
  • Les 4 temps de la journée (le matin, le midi, le soir et la nuit)
  • les 4 saisons de la vie (l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte, et la vieillesse)

Ces 4 éléments sont liés ensemble par le cercle de la vie qui n’a ni début ni fin. De plus, les Zia croient aussi que les humains ont 4 obligations sacrées. Ils doivent développer:

  • un corps fort
  • des idées claires
  • un esprit pur
  • une dévotion au bien être des siens

Les Zia peignent ce symbole sur des vases cérémoniels, le tracent au sol autour des feux de camp, et l’utilisent pour présenter les nouveaux nés au soleil.

J’éprouve beaucoup de respect quant à ce symbole, tant par sa signification que par son importance pour son peuple. Il a su lui aussi traverser les âges et porter ces valeurs constituantes, malgré les obstacles. J’aime beaucoup sa symbolique, ce qu’il représente, et je suis heureuse de faire un bout de chemin avec lui, cette semaine.