Racines

Après une semaine de vacances sous la pluie et la fraicheur, me voila de retour chez moi… Alors j’aurai pu râler sur la météo et ce qu’elle nous a empêcher de faire. Mais cette semaine avec mes parents a été très riche.

Nous avons passé beaucoup de temps à parler, à partager, à nous souvenir, à rire aussi. Ce sont des moments précieux, qui mettent du baume au coeur. Les racines, qui nous permettent de grandir.

Du coup, nous avons transformé cette semaine en retraite littéraire et philosophique, ponctuée de ci de là de balades entre deux averses.

Lorsqu’on nous sommes arrivés sur notre lieu de vacances, j’étais encore pleine de la tension du travail, des relations compliquées, et j’étais épuisée. Cette semaine m’a permis de prendre du recul, et de faire un grand pas en avant. Bon, j’avoue, la relecture de l’Art de la guerre de Sun Tzu, du prince de Machiavel et des Pensées de Marc Aurèle ont aidé…. oui, dans les cas de fatigue mentale, je me replonge dans les classiques…

L’Art de la guerre… non pas pour partir au combat, mais pour mieux comprendre les mécanismes qui régissent les rivalités, les conflits, et les décisions prises pour écraser son adversaire…. bon, dans mon cas, on est loin, très loin du respect que Sun Tzu accordait à ses adversaires… mais ce n’est pas grave, j’ai compris pas mal de chose…

« Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. »

« Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre »

« C’est lorsqu’on est environné de tous les dangers qu’il n’en faut redouter aucun. »

« Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi de lui. »

Machiavel m’a aidée en ce sens hahaha.

« Il y a trois sortes d’esprit. Les uns entendent par eux-mêmes ; les autres comprennent tout ce qu’on leur montre ; et quelques uns n’entendent, ni par eux, ni par autrui. Les premiers sont excellents, les seconds sont bons, et les derniers inutiles. »

« Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es. »

« C’est ici l’occasion de remarquer qu’on peut inspirer la haine aussi bien par les bonnes œuvres que par les mauvaises. »

« Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.  »

« Les mots sont des armes.  »

« Le vulgaire est toujours séduit par l’apparence et l’événement : et le vulgaire ne fait-il pas le monde ? « 

Et puis une fois que je m’étais libérée de cette tension, que j’avais lâché prise, Marc Aurèle m’a donné de quoi reprendre des forces, de quoi relativiser, de quoi me retrouver…

« Si tu es en peine à cause d’une chose extérieure, ce n’est pas cette chose qui te trouble, c’est le jugement que tu portes sur elle. »

« Tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle retraite n’est plus tranquille ni moins troublée pour l’homme que celle qu’il trouve en son âme. »

« Qui vit en paix avec lui-même
vit en paix avec l’univers. »

« Creuse au dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuse toujours. »

« Le meilleur moyen de te défendre est de ne pas leur ressembler.  »

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux.  »

« Tout est éphémère , et le fait de se souvenir , et l’objet dont on se souvient .  »

« Comprends-le bien, sois sensé ; tu peux revivre. Vois à nouveau les choses comme tu les voyais ; car c’est cela revivre.  »

« Il est honteux que, dans le temps où ton corps ne se laisse point abattre, ton âme, en ce même moment, se laisse abattre devant lui.  »

« Juge-toi digne de ne jamais dire ou faire que ce qui convient à ta nature. Que le blâme ou les discours d’autrui ne t’en imposent point.  »

« Je suis souvent étonné de voir combien chacun s’aime lui-même plus que tout et pourtant tienne moins compte de son propre jugement sur lui même que celui des autres.  »

 

Si on ajoute à ça une bonne dose de méditation, je suis remontée à bloc, prête à poursuivre mon chemin.

 

mon voyage intérieur: avril (06)

Quelques petites citations à méditer…

citation 01citation 02citation 03

mon voyage intérieur: avril (03)

Je reviens au format post-it ce mois-ci. Je préfère le format carré en ce moment…

confiance

  • fond: aquarelle
  • lettrage: une de mes polices expérimentales.
  • motif: Kaboom
  • stylo: Uni ball signo vert métallisé
  • crayon de couleur.

 

Mon voyage intérieur: avril (01)

voyage en tête

Quatrième étape de mon voyage intérieur. Si la dernière a été complexe et riche en enseignements, très chargée émotionnellement, celle-ci sera plus intéressante encore.

Nous allons devoir ouvrir des portes et les franchir sans crainte, avec sérénité. Ce mois ci, nous allons explorer la confiance


Confiance

nom féminin.

  • Assurance, hardiesse, courage qui vient de la conscience qu’on a de sa valeur, de sa chance : Faire face aux difficultés avec confiance.
  • Sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose : Notre amitié est fondée sur une confiance réciproque.

1. Faire confiance aux autres

se fier entièrement à quelqu’un…. pas si simple.

Pourtant faire confiance, donner sa confiance facilite les relations, et simplifie la vie. Évidemment, je ne parle pas d’avoir une confiance absolue en toutes les personnes qui nous entourent ou que nous rencontrons. Il faut aussi faire preuve de discernement.

Pour ma part, j’ai opté pour compartimenter ma confiance. Si si. Je sais que je peux faire une entière confiance à certaines relations concernant un aspect de ma vie. Pour certains, ce sera le côté professionnel, pour d’autre l’émotionnel, pour d’autres encore le relationnel. Ces personnes ont le recul nécessaire, l’intégrité nécessaire et l’honnêteté nécessaires pour que je puisse leur accorder ma confiance dans ces domaines précis. C’est parce que je leur reconnais des qualités réelles ou supposées que je donne ma confiance à ces personnes.

Il en va de même de certains professionnels (notamment dans le domaine médical). J’avais une totale confiance dans mon généraliste, qui connaissait mon dossier médical sur le bout des doigts (il a été mon médecin de l’âge de 7 ans à 42 ans… ça aide!). Lorsqu’il est parti à la retraite (bien méritée), j’ai du choisir entre plusieurs remplaçants… Comment savoir si je pouvais leur accorder ma confiance ou non? En leur posant des questions, en observant leurs réactions, en essayant de voir si le feeling passe ou non… et j’ai fini par choisir celui qui me paraissait avoir les qualités que je recherchais chez mon médecin traitant.

Dans la vie de tous les jours, c’est la même chose. C’est en posant des questions, en écoutant l’autre, en observant ses réactions et son comportement, qu’on peut déterminer si on peut lui faire confiance ou non. Et avec le temps, avec une connaissance plus profonde de l’autre, la confiance peut s’étendre à des domaines plus variés. Ou être retirée, en cas de trahison.

Et qu’il est compliqué de redonner sa confiance une fois qu’elle a été trahie! En ce qui me concerne, je garde toujours une certaine méfiance envers ceux qui m’ont trahie. Lorsqu’il s’agit de sujets bénins, elle est minime, mais lorsqu’il s’agit de sujets plus sérieux, donc de personnes plus proches, elle est irrévocable. Je suis capable de rayer une personne de ma vie en cas de trahison importante (qu’on ne me parle pas de pardon dans ces cas là…). Et pourtant ma tolérance est plutôt élevée….

Aujourd’hui, je donne facilement ma confiance. Je suis arrivée à un stade de ma vie où je n’ai pas grand chose à cacher, et où je pense être capable de cerner assez facilement les personnes que je côtoie. J’ai donc tout intérêt à leur faire confiance. Ça simplifie grandement mes relations. Et puis au pire, si trahison il y a, je continuerai mon chemin sans souci.

Parce que la personne la plus importante en qui j’ai confiance, et qui me permet d’avoir cette sérénité, c’est moi.

2. Avoir confiance en soi

Bon, clairement, ce fut un chemin de longue haleine pour parvenir à avoir confiance en moi, en mon jugement, en mes émotions. Mais là aussi, je suis arrivée à un stade de ma vie où j’ai compris que j’étais la seule personne avec qui j’allais passer ma vie entière, et qu’il valait mieux que je me fasse confiance, que ça simplifierait ma vie.

Effectivement. Ça simplifie grandement les choses. Je me moque du regard d’autrui, je n’ai nullement besoin de leur approbation. Je me connais suffisamment pour suivre mes instincts lorsque c’est nécessaire. Je me remets aussi constamment en question, sans complaisance, mais toujours le plus sincèrement possible.

Mais pour cela, j’ai du ouvrir une à une toutes mes petites boites de Pandore personnelles, même celles bien cachées dans les recoins de mon être… en regarder le contenu, l’apprivoiser, et l’accepter en tant que partie de moi. Je me connais donc plutôt bien. J’ai appris à reconnaitre mes qualités ainsi que mes défauts, mes forces et mes faiblesses. Et je les ai acceptés comme faisant partie de moi, faisant de moi celle que je suis. Sans jugement. Le plus objectivement possible.

Dès lors, que vaut le jugement d’autrui sur celle que je suis? Au mieux, ils ne voient qu’une partie de ma personnalité, ils ne connaissent qu’une fraction de mon être. En m’acceptant dans mon intégralité, je m’exonère de leur opinion. Je n’ai plus de boite de Pandore à ouvrir, je n’ai rien à craindre.

Et au final c’est là la clé: j’ai confiance en moi parce que je n’ai rien à craindre. Je n’ai pas peur du regard d’autrui, celui que j’ai posé sur moi était encore bien moins complaisant et je l’ai accepté. Je n’ai pas peur de l’opinion d’autrui sur moi: celle que j’ai de moi dans mes plus sombres heures n’a rien de flatteur… mais je l’ai acceptée.

Et au final, je réalise que ces dernières années, j’ai parcouru mon chemin de la confiance en moi en courant, abattant chaque obstacle sans pour autant m’arrêter. J’avais déjà les armes pour ça, il me suffisait juste de les utiliser… dans les jours qui viennent, je vous donnerai les pistes pour construire les vôtres.

Et c’est parce que j’ai cette confiance en moi que je peux avoir confiance en l’avenir.

3. Avoir confiance en l’avenir

Je n’ai pas peur de l’avenir, de ce qui vient, de la vie. Parce que j’ai confiance. Et que je suis bien déterminée à vivre chaque moment, chaque rencontre, chaque étape pleinement.

Attention, je ne suis pas naïve. Je sais qu’il y aura de nouveaux obstacles, de nouvelles épreuves mais je sais que je serai capable de les surmonter. Avec l’aide de ceux qui m’entourent.

Je ne vais pas vaincre la faim dans le monde, je ne vais pas mettre un terme à ces guerres qui gangrènent l’esprit humain. Je ne peux rien faire contre la violence, quelle qu’elle soit. Si ce n’est de ne pas en faire preuve moi-même, que ce soit physiquement, psychologiquement ou administrativement.

Mais je plante chaque jour des graines de compassion, d’empathie, de compréhension du monde dans le coeur de mes élèves. C’est ma part du travail. Et je l’accomplis chaque jour avec confiance qu’un jour ces graines germeront, que je sois là pour le voir ou non.

Je plante aussi des graines ici, à travers mes mots. En me disant qu’ils toucheront peut être quelqu’un qui en a besoin, et qu’à son tour cette personne fera son chemin.

Pour le reste, ça ne dépend pas de moi. Il est donc inutile que je m’en inquiète. Par contre, j’ai confiance. Je sais que d’autres agissent aussi à leur niveau.

Voila, la confiance, une notion qui m’a longtemps, très longtemps été étrangère… mais qui aujourd’hui fait partie intégrante de celle que je suis…

Une nouvelle année s’ouvre à moi, et j’ai bien l’intention de la rendre épique!

 

Mon voyage intérieur : mars (06)

Aujourd’hui, j’aimerais aborder deux notions distinctes, voire antagonistes, et qui pourtant m’occupent beaucoup l’esprit ce mois de mars: accepter et renoncer d’une part, et accepter l’inacceptable d’autre part.

Et étrangement, elles se retrouvent dans cette citation:

« L’acceptation est une alternative à l’affliction, pas à l’action ».

Christophe André

1. Accepter et renoncer

Accepter ce n’est pas renoncer, même si on pourrait penser le contraire. Accepter, c’est se libérer émotionnellement de quelqu’un ou de quelque chose qui jusque là nous empêchait d’avancer. En acceptant, on lui retire en quelque sorte tout le pouvoir qu’on lui octroyait sur notre existence, nos pensées, nos actes.

Attention, l’acceptation ne signifie pas pour autant échec, ou même défaite, ou lâcheté.

J’accepte de ne pas pouvoir faire grand chose pour la paix dans le monde. Ce n’est pas de mon recours. J’arrête donc de m’inquiéter ou de m’angoisser à ce sujet. Toute cette énergie que je ne dépense plus à ce sujet, je peux la focaliser sur ce que je peux faire, à mon niveau (en l’occurrence, à un niveau très local, avec ma famille, mes voisins, et dans mon cas, j’ai la chance de pouvoir planter des graines chez mes élèves). J’ignore si ce que je fais portera ses fruits, et j’accepte de ne faire que semer. Mais c’est déjà bien plus que rien.

En fait, accepter permet de se décentrer d’une situation anxiogène ou un sentiment d’impuissante pour nous permettre d’agir réellement, concrètement.

En acceptant, on se réapproprie la capacité d’agir, d’être soi, et uniquement soi, et non de n’être qu’une réaction émotionnelle à un événement ou à une personne. On se détache, voila tout, mais on ne renie pas, on ne renonce pas. Au contraire. On a bien conscience de l’existence de ce que nous acceptons, on lui donne même une existence plus ‘légitime’, mais on s’en libère émotionnellement.

ce qui m’amène à mon deuxième point:

2. Accepter l’inacceptable ?

Un exemple très personnel: je suis tombée sur cette citation de Christophe André il y a tout juste 2 ans. Alors que je veillais ma fille en réanimation pédiatrique, après qu’elle ait fait un AVC dans le cabinet de l’oncologue. Ne sachant pas si elle allait passer la nuit, mais étant parfaitement consciente des enjeux et des décisions que j’allais avoir à prendre, j’étais révoltée, inquiète (bon d’accord, folle d’angoisse), submergée par mes émotions. Impossible évidemment de dormir… j’avais pris de quoi lire et vers 2heures du matin, j’ai lu cette phrase. Et tout m’a paru bien plus clair. J’ai pu me libérer de ces angoisses et réfléchir posément à ce qui se passait, et à ce que j’allais devoir faire. La première chose, évidemment, était d’être là avec elle, de l’accompagner pour ce qui lui restait de temps. De continuer à être nous, de lui sourire, de la faire rire. De lui dire combien je l’aimais, aussi souvent que ces mots me venaient à la bouche. Et de la libérer le moment voulu. Et c’est ce que j’ai fait. La date anniversaire de son décès approche à grand pas… j’ai encore en moi les derniers jours de ma fille, leur intensité, leur violence, mais aussi leur richesse… Si je n’avais pas accepté son départ proche, je n’aurai pas sur/pu être là pour elle, et je ne le regrette pas. Pour autant, le combat a continué jusqu’au bout, vraiment jusqu’au bout…

Et si j’ai pu accepter, c’est que j’ai eu la chance d’avoir 2 ans pour m’y préparer.

En 2014, on m’annonçait non seulement que ma fille souffrait d’une tumeur cérébrale, mais qu’en plus celle-ci tait inopérable et incurable. Aucun espoir de survie. Après tout ce que nous avions vécu, toutes les épreuves traversées, c’était une claque de plus, et de la violence la plus cruelle qu’il soit… Inacceptable. Je suis passé par à peu près tous les stades émotionnels:

  • le soulagement: si si. Le soulagement que le comportement de ma fille, malgré ce qu’on m’avait reproché les 5 années précédentes, n’ait rien à voir avec moi. C’était la tumeur. Je n’étais pas responsable. Je n’étais pas coupable.
  • La colère: j’en ai voulu à la vie, à la chance ou son manque, à la terre entière.
  • L’acceptation: ok, c’est ce qui nous arrive. C’est comme ça, on n’a pas le choix. Par contre, on a le choix de gérer ça à notre manière.
  • La détermination: que ce soit ma fille ou moi, on a revêtu nos plus belles armures, et on a fait face. J’avais déjà affronté la mort, le crabe. Et j’avais gagné. Je savais ce qui nous attendait, même si j’avais parfaitement conscience que l’issue serait très différente. Mais je n’avais pas peur, et je pense que j’ai pu transmettre cette détermination à ma fille. Dans ses propres mots « je veux vivre aussi normalement que possible le plus longtemps possible. Je veux retourner à l’école et être avec mes copines. » Et c’est ce qu’elle a fait.
  • l’accompagnement: j’étais celle qui veillait. Aux moindres symptômes de rechute, aux rdv, au traitement, à l’apaiser lorsque l’angoisse la prenait, à lui donner la vie la plus sereine possible, la plus normale possible, à profiter de chaque jour comme si il était le premier.

Et je n’ai pu le faire que parce que j’avais accepté. Tout en gardant l’espoir d’un traitement, chaque jour étant une victoire en soi.

Un jour peut être que j’écrirai les derniers jours d’Emma. Pour le moment, ils sont encore trop à vifs pour que je puisse trouver les mots.

J’ai encore un long travail d’acceptation à faire, mais c’est une autre aventure qui s’appelle le deuil. Accepter l’absence.

Mon voyage intérieur: mars (03)

Pas de post-it ce mois-ci: j’ai acheté un cadre dans lequel je place le mot du mois. J’ai voulu faire simple cette fois. Toujours avec cette idée de paix. Au final, ma carte raconte une belle histoire: prendre ce que l’on est, l’accepter pour se sentir libre.

Scan

Mon voyage intérieur: mars (01)

voyage en tête

Deuxième escale de notre voyage. Nous avons d’ores et déjà découvert des contrées inconnues en nous et il nous faut maintenant commencer à les apprivoiser.

Ce mois de mars, j’ai choisi de me concentrer sur la notion d’acceptation. Ce n’est pas vraiment un hasard, puisque c’est un mois encore très douloureux pour moi, mais j’avais envie de le vivre différemment, plus profondément, sans me laisser submerger par mes émotions mais au contraire en faisant la paix avec tout ça.

Parce que pour moi, l’acceptation est loin d’être une simple résignation. C’est aussi et surtout ce qui me permet de me libérer et d’aller plus loin.

Commençons par quelques définitions:


accepter

verbe transitif

  • Consentir à prendre quelque chose, à recevoir ce qui est offert
  • Se déclarer prêt à faire quelque chose, à assumer une charge, à courir tel ou tel danger.
  • Consentir à subir quelque chose, à le tolérer de la part de quelqu’un, l’admettre, le supporter.
  • Considérer quelque chose comme juste, fondé, exact, l’admettre, l’approuver.

Pas si évident comme concept… et pourtant, il est tellement enrichissant!

1. L’acceptation d’une situation

Nous sommes tous confrontés à des situations désagréables, inconfortables, qui nous stressent. De celles qui nous tiennent éveillés la nuit, que nous ressassons encore et encore, qui nous frustrent. Ces situations pour lesquelles nous nous sentons impuissants mais qui, par contre, ont une réelle emprise sur nos pensées et nos vies… qui nous paralysent et nous entravent.

En laissant ces situations prendre une importance qui ne devrait pas être la leur, en les laissant prendre le contrôle de nos pensées, de nos émotions, nous nous coupons de moments et/ou de personnes qui pourraient avoir une importance bénéfique dans nos vies. En les acceptant, c’est à dire en se disant : « oui, soit, c’est là, ça existe, ça arrive, c’est comme ça », nous les privons de ce pouvoir qu’elles avaient sur nous.

J’ai été terrassée par la grippe. Et je suis une très mauvaise malade… J’ai du mal avec la sensation de faiblesse, les contraintes dues à la fièvre, la fatigue de la toux… Les premiers jours, la frustration était très forte. Et puis j’ai accepté de devoir me reposer, de ne pas pouvoir faire ce que je fais habituellement. J’ai profité de mon immobilisation forcée pour faire un petit bilan personnel, pour écouter de la musique, pour être dans le moment présent, tout simplement. Concrètement, j’étais toujours malade, toujours aussi faible. Rien n’a changé physiquement, matériellement. Par contre, émotionnellement, j’étais beaucoup plus disponible, beaucoup plus ouverte, beaucoup plus sereine. Et c’est ce qui a fait toute la différence. C’est en acceptant mon état de faiblesse que j’ai pu vivre de jolis moments. C’est en acceptant d’être malade et que ça prendra quelques jours avant de voir une amélioration que j’ai été disponible émotionnellement.

Accepter une situation permet une mise en perspective, une distanciation qui favorise l’action. C’est par l’acceptation que la prise de recul est possible. Tant qu’on refuse une situation, on ne peut être disponible émotionnellement. On est englué dans notre stress, notre colère, notre frustration et que sais-je encore. On alimente de fait l’emprise qu’à la situation sur nous. Pour reprendre les rênes de notre vie, il faut être capable d’accepter de ne pas tout maitriser, et de laisser ces expériences nous enseigner ce dont nous avons besoin.

En acceptant de vivre des expériences inconfortables, nous nous ouvrons à des aventures bien plus enrichissantes que notre quotidien si bien maitrisé (du moins le pensons-nous….).

Accepter c’est aussi prendre conscience que chaque émotion a sa propre valeur. En acceptant la tristesse, la frustration, la douleur même, on enrichit notre dictionnaire émotionnel personnel. Elles peuvent en plus mettre en perspective d’autres émotions plus positives, plus agréables. C’est en explorant l’éventail de nos émotions que nous parvenons à nous connaitre vraiment. En acceptant le fait que chaque émotion peut nous apporter quelque chose, nous nous permettons de vivre une expérience de vie bien plus riche.

Accepter c’est donc être en paix avec ce que la vie nous apporte, que ce soit positif ou négatif.

 2. L’acceptation des autres

Accepter l’autre est indispensable pour vivre plus sereinement. Nous vivons parmi les autres, avec les autres. Et les accepter tels qu’ils sont peut vraiment et simplifier et apaiser nos relations.

Accepter l’autre, ce n’est pas le juger. Il faut donc se décentrer et ne pas le voir à travers le prisme de ses propres valeurs. Ce n’est qu’en prenant de la distance, qu’en l’observant le plus objectivement possible qu’on peut parvenir à l’accepter. Cette personne n’est pas ‘plus…. ‘ou ‘moins ….’ que nous. Elle est, tout simplement.

Accepter l’autre, c’est prendre conscience qu’il suit son propre chemin, qu’il vit ses propres expériences, indépendamment de nous. C’est accepter sa différence et lui accorder de la valeur. Et au-delà de ça, c’est aussi l’opportunité d’observer un cheminement différent, et d’en tirer des enseignements. Et pour ce faire, il faut être capable d’avoir des relations apaisées avec les autres.

Accepter l’autre c’est donc faire preuve d’ouverture d’esprit, d’indulgence, de compréhension et se permettre des relations plus harmonieuses. Par contre, il est nécessaire d’établir des limites bien définies. Ce n’est pas parce qu’on accepte l’autre pour ce qu’il est qu’on l’autorise à nous blesser, à nous juger. Dans l’absolu, on peut attendre de l’autre la même acceptation. Dans l’absolu. En réalité, ne nous leurrons pas, le jugement d’autrui est une chose plutôt commune. A nous de savoir nous en protéger, d’en tirer les enseignements nécessaire et de passer à autre chose.

Accepter d’être jugé est aussi une expérience plutôt intéressante si on y réfléchit bien. je ne peux empêcher les autres de me juger à travers le prisme de leur propre expérience de vie. Pour autant, il m’appartient de ne pas permettre à ce jugement extérieur d’atteindre ma sérénité, mon équilibre intérieur. Pendant des années, j’ai été jugée, jaugée également, du fait des troubles du comportement de ma fille. Étant maman solo, ils ne pouvaient s’expliquer que par mon incompétence maternelle… au départ, j’ai beaucoup souffert de ce jugement injuste et si loin de la réalité. Et puis j’ai pris la décision d’accepter ce jugement pour ce qu’il était: de l’ignorance, de l’incompréhension, de l’intolérance. Peu à peu, je me suis détachée, j’ai accepté qu’il ne m’atteigne plus. Je dois avouer que ça n’a pas été facile, la frustration reprenait parfois le dessus. Le sentiment d’injustice m’oppressait parfois. Mais j’ai tenu bon. J’avais défini ma ligne de conduite, et j’espérais que, de guerre lasse, on ferait preuve de plus d’empathie. Ce qui n’est jamais arrivé. Par contre, tout a changé lorsqu’on a eu un diagnostique. Si j’ai été soulagée (je n’y étais effectivement pour rien!!), ceux qui ont été si prompts à me juger se sont sentis bien mal à l’aise (ma fille souffrait d’une tumeur cérébrale). Mon attitude n’a en rien changé. Par contre j’ai pu constater un grand changement chez ceux qui m’avaient jugée… En définitive, la leçon n’était pas pour moi, mais pour eux. J’espère qu’ils l’ont retenue, l’avenir nous le dira. Pendant ces années où leur regard se faisait vraiment pesant, j’ai moi aussi appris quelque chose: faire preuve d’intégrité, garder la tête haute, faire preuve de compassion. Nous en avons donc tous tiré quelque chose.

Enfin, il est un écueil dont il faut prendre conscience: lorsqu’on travaille sur soi, lorsqu’on découvre des philosophies, des pratiques qui nous conviennent, nous pouvons faire preuve d’un enthousiasme important et vouloir partager nos découvertes avec notre entourage.  Sans parfois prendre en compte leur propre cheminement. Voir le nier. Partager son expérience, partager son voyage est une étape vraiment enrichissante. Mais il faut aussi être capable d’accepter que l’autre ne soit pas réceptif, qu’il a son propre voyage à faire, son propre cheminement, son propre rythme. J’ai personnellement beaucoup de mal à me voir imposer des principes ou des préceptes parce que telle ou telle a entendu que ce truc était vraiment bien et que je devrais vraiment essayer, vraiment, parce que c’est ce qu’il FAUT faire….. euh…. comment dire… non. Si j’ai envie de tenter l’expérience, ce sera avec joie, mais par contre, je ne pense vraiment pas qu’il existe une seule et unique façon de …. de quoi d’ailleurs? De grandir? De prendre soin de soi? De se sentir bien dans son corps?

Je n’attends pas d’autrui qu’il accepte mon cheminement. Il m’est propre et je suis la seule concernée au final. Par contre, il m’appartient de préserver mon intégrité et de ne pas me laisser envahir. Pour cela, il me faut savoir où je me situe, et surtout accepter d’être celle que je suis.

Accepter les autres, c’est donc être en paix vis à vis d’eux.

3. L’acceptation de soi.

C’est au final l’étape la plus difficile. Mais elle est aussi la base du reste. S’accepter, c’est à la fois faire preuve d’honnêteté et de tolérance envers soi…

S’accepter, c’est prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses sans se juger, en essayant d’être le plus objectif et exhaustif possible. « Je suis comme ça. Et alors? »

On a trop souvent tendance à être très dur avec soi-même, bien plus qu’avec autrui. Nos défauts prennent le pas sur nos qualités. Pour autant, les accepter comme la preuve de notre imperfection les rend beaucoup plus ‘vivables’. Parce que non, désolée, personne n’est parfait, et que nos défauts, petits ou grands, font de nous ce que nous sommes au même titre que nos qualités.

S’accepter tels que nous sommes nous libère de la pression du regard d’autrui, du jugement d’autrui. Je sais qui je suis, je sais ce que je dois améliorer, ce qui fait ma force, ce qui est ma faiblesse. Si je le désire, je peux travailler sur moi et agir sur un domaine particulier. Mais si il est temps pour moi de faire une pause et de juste prendre conscience de celui ou celle que je suis aujourd’hui, je peux tout aussi bien le faire.

S’accepter passe par ce temps d’observation intérieur. Ce temps où on se permet de regarder le plus sincèrement possible la personne que nous sommes. Encore une fois, sans jugement aucun. Faire un état des lieux, un constat. Libre à nous d’en faire ce que nous voulons par la suite.

S’accepter c’est surtout se dire: « Je suis comme ça. Et c’est très bien ainsi. » A nous de prendre conscience des changements que la vie et son voyage opère sur nous, d’accepter que rien n’est gravé dans le marbre et qu’on va évoluer, mais que ce sera bien aussi.

S’accepter c’est donc surtout être en paix avec soi même.

Je ne suis qu’au début de mon cheminement sur l’acceptation…. je pense que le voyage sera riche ce mois-ci. Je n’oublierai pas de partager mes étapes, mes balises, mes escales.
Pour moi, ça ne sera pas la partie la plus simple, mais ce sera certainement l’une des plus riches. J’espère qu’il en sera de même pour vous.