Carnet de croquis. Thé.

En ce moment, j’expérimente avec du thé. Je teins du papier, et depuis hier, je gribouille avec. Pour faire mon ‘encre’, j’ai fait infuser une cuillère à soupe de thé noir (que je ne bois pas, je ne l’aime pas du tout celui-là), dans un pot en verre rempli d’eau bouillante pendant…. loooooooooongtemps…. parce que je voulais que ça soit le plus foncé possible…. bon, il est resté un peu clair, donc la prochaine fois (parce qu’il y aura une prochaine fois, je me suis beaucoup amusée et il me reste plein de ce thé!!!), je passerai le pot au micro onde une fois froid et je remettrai une bonne dose de thé à infuser…. loooongtemps. Et le bonus, c’est que ma page sent super bon!! Par contre, je pense recommencer sur un autre carnet, dont les pages sont blanches (celles-ci sont écrues, donc le contraste n’est pas folichon). Si ça vous tente, il vous faut du thé (en sachet, en vrac), noir de préférence, mais je vais aussi tenter avec du thé vert, pour voir ce que je peux obtenir, ou du café (soluble ou non)… Je vais aussi tenter avec de la cannelle, du gingembre moulu, des tisanes diverses et variées….. je sens que je vais surtout consacrer un carnet à mes expérimentations (mais je ferai attention à ne pas utiliser de base qui risque de ne pas sentir bon du tout, comme le chou, etc…. mon but est de prendre du plaisir, pas d’être nauséeuse…)

Passons aux choses sérieuses: voila la double page que j’ai faite avec mon encre au thé et mes feutres Uni Pin fine liners habituels (je crois que j’ai utilisé le 0.5 et le 0.1).

Mes pages ne sont pas plates, non pas à cause du thé, mais parce que j’ai bidouillé sur les pages précédentes et que du coup mon carnet était bien humide (si je parviens à en faire quelque chose, je vous montrerai).

Pour la première page, j’ai ‘peint’ des pétales de fleurs à main levée, en forme de larmes, un peu au hasard. Je voulais que les pétales de chaque fleur aient une forme différente, certains dodus, d’autres plus fins, des grands, des petits… en les groupant autour d’une même origine. J’ai ensuite tracé des tiges. J’ai attendu que tout soit bien sec et je suis revenue sur les pétales pour un peu plus de contraste en faisant une ‘tache’ au centre de chaque pétale. Une fois sec, je suis encore revenue dessus pour faire un trait au centre de chaque pétale (mais il ne se voit pas vraiment… ça ne me dérange pas vraiment). Ensuite j’ai tapoté mon pinceau plein d’encre ‘thé’ pour ajouter plein de gouttelettes partout, de tailles différentes.

Une fois sec, j’ai expérimenté avec un porte mine, pour voir ce que ça donnerai (je le dis uniquement parce que je n’ai pas effacé mes esquisses avant de scanner et qu’elles se voient… mais j’ai la flemme de rescanner ce soir…). J’ai d’abord essayé de tracer en suivant la forme des pétales… et puis j’ai essayé en étant un peu plus libre. J’ai choisi la seconde option. Pareil pour les feuilles, j’ai tenté plusieurs formes avant de faire mon choix.

Et puis j’ai attrapé mon feutre 0.5 et je me suis lachée. J’ai essayé de faire des pétales les plus fluides possibles, en rectifiant la forme de certains. J’ai accentué le trait au gré de mes envies et de l’inspiration. J’ai tracé et colorié le cœur de chaque fleur (et j’aime beaucoup l’effet que ça donne avec les pétales qui en sortent). Pour les tiges, J’ai décidé de passer plusieurs fois sur le tracé au thé, pour un effet un peu plus « fibreux ». J’ai tracé et gribouillé les feuilles. Ensuite j’ai pris mon feutre 0.1 et j’ai suivi le contour des ‘taches intérieures’ de chaque pétale. Et c’est tout!

J’ai surtout pris beaucoup de plaisir à gribouiller, sans réfléchir, en me laissant porter, et en essayant d’être la plus simple possible (bon, j’avoue, les feuilles….).

Pour la seconde page, j’ai ‘peint’ des ronds plus ou moins réguliers (le but n’était pas là), de taille différente un peu partout sur ma page. Et j’ai fait d’autres taches en forme de feuille de ci de là. Comme pour l’autre page, une fois sec, je suis revenue dessus pour faire des taches. J’ai recommencé plusieurs fois. J’avais donc de gros ronds tachés… Cette fois, je me suis lancée directement avec mon feutre 0.5 . J’ai tracé le contour des feuilles en premier. Ensuite j’ai tracé celui de chaque rond et j’ai ajouté une tige qui en partait et qui passait près d’une feuille. J’ai fait les tiges des feuilles. J’ai épaissi un peu mon trait à la base de chaque fleur, puis j’ai dessiné un ovale. J’ai ajouté des pois noirs à l’intérieur, avec des tiges allant vers le centre. Et j’ai pris mon feutre 0.1. J’ai ajouté des rayures à l’intérieur des ovales et j’ai repris le contour des taches, ou j’ai juste tracé des séparations là où bon me semblait. J’aurai du m’arrêter là, mais j’ai voulu expérimenter un peu plus sur une fleur… ça ne m’a pas plus donc elle est restée seule à avoir bénéficier de mon idée. Et voilà!

Je me suis vraiment beaucoup amusée et j’ai bien envie de recommencer, ce que je vais faire les jours qui viennent. J’espère vous avoir donné des idées!! (du thé, du café, des épices….. tout ce qu’on peut trouver à la maison!)

Une année toute en nuances / Happy Hue Year. Avril/Avril

Ce mois-ci, nous allons nous amuser avec ce rouge, bien rouge.

This month, we will play with this really red red…

Tout de suite, j’ai pensé à un coquelicot…. Première tentative de peinture de fleur… Pas évident d’essayer de rendre les transparences, mais je suis plutôt contente de ce que j’ai réussi à faire…. à vous de jouer!

I immediatly thought poppy…. First attempt at digitally painting a flower…. Not that easy to epress transparencies, but I am pretty proud of what I succeeded to do. Now it’s your turn to play!

Patience

Nous voilà à 3 semaines de confinement. Et tout commence à se mettre en place, nous nous adaptons à cette nouvelle réalité.

j’ai déjà été confinée à plusieurs reprises pendant la maladie d’Emma, que ce soit à l’hôpital ou à la maison, j’ai donc vite retrouvé certains automatismes, même si cette fois, c’était différent: j’étais seule avec la poilue ronronnante. Et puis d’autres paramètres sont venus s’ajouter pour rendre l’expérience un peu plus complexe: mes allergies sont très virulentes, j’ai une laryngite et ce confinement survient au moment de l’anniverciel de ma fille… Je savais donc que j’allais devoir traverser quelque chose qui ressemblait fortement à un enfer personnel. Et que j’en sortirai plus forte, plus sage, plus humble aussi…. Comme mes expériences précédentes me l’ont appris. Et que la leçon principale était simple: la patience.

Les deux premières semaines, j’étais complètement aphone. Les rares fois où j’essayais de parler (en forçant, pas malin du tout), c’était lors de l’appel téléphonique quotidien de mes parents. J’en ressortais épuisée, en toussant pendant un bon moment. Mais je savais que ça les rassurait, et puis ça me faisait plaisir aussi d’avoir une conversation, même limitée, avec un être humain (parce que le chat, clairement, a un vocabulaire un peu pauvre….).

La deuxième semaine, j’ai eu comme chaque année depuis 4 ans (déjà 4 ans!), des flashback des derniers jours d’Emma. Et là, problème, parce que lorsque ça se produisait, les années précédentes, je partais au bord du lac ou de la rivière, je prenais l’air, et je laissais les souvenirs s’évaporer tranquillement. Là clairement, impossible. Du fait de ma crise allergique plutôt violente (d’où la laryngite), j’étais sous stéroides et corticoides. Et malgré ça, les symptômes étaient toujours là dès que j’ouvrais la fenêtre. Donc confinement stricte…. je faisais partie des personnes à risques…. J’ai donc du m’adapter, trouver de nouvelles solutions.

Impossible de jouer de la flûte (ça m’aide beaucoup à retrouver ma sérénité, entre les mélodies et la gestion du souffle, c’est plutôt efficace en cas de stress…), frustration, beaucoup de travail (il a fallu tout réinventer, tout expliquer, tout adapter, être là pour les parents, pour les aider, les rassurer, les épauler, les déculpabiliser, les motiver, trouver des solutions pour garder le contact avec les enfants…). Et pas du tout envie de gribouiller. Par contre, une énorme envie de bidouiller…. et de mettre de l’ordre (dans ma tête et chez moi… rassurez-vous ça n’arrive que quelques semaines par an, le reste du temps, je cultive…. ma créativité).

J’ai donc commencé par faire un peu de tri… et puis début mars, j’avais eu une petite idée pour occuper la dernière semaine du mois, pendant laquelle je savais que j’allais être arrêtée parce que très compliquée….J’avais acheté de quoi m’occuper de mes jeux de cartes. J’en ai un certain nombre, maintenant, entre les cartes citations, les cartes d’affirmations positives, les cartes symboles, et d’autres encore…. je me suis dit que c’était l’occasion de me débarrasser également de mon stock de papiers scrap, vu que je ne fais plus de scrapbooking depuis un bon moment…. et je me suis mise à la confection de petites boites pour les organiser et les rendre plus accessibles aussi… j’ai passé du temps à sélectionner des papiers qui leur correspondaient, soit par leurs couleurs, soit par leur thème… une à la fois, pendant mes pause de travail, ou lorsque les flashbacks étaient trop présents… Aujourd’hui, j’en suis là (je vais leur faire un article pour elles toutes seules):

Et puis j’ai surtout redécouvert l’écoute. L’écoute en général. De ce que qui m’entoure, de ceux qui m’entourent (même si là, c’était surtout par écrit, mais tout passait quand même), et de moi, aussi. J’ai vraiment fait un gros travail dessus. Comment dissocier ce qui vient de l’extérieur de mes propres émotions? Et là, j’avoue, le moment particulier de ce confinement m’a vraiment aidée à relativiser, à être lucide aussi. Et à remettre tout ça en perspective. Je connais les gestes barrière, tout parent dont l’enfant a été immunodéprimé, tout malade immunodéprimé, toute personne en contact avec des malades immunodéprimés les connaissent, en période d’épidémie de grippe,de gastroentérite, voire en temps normal… La peur de contaminer l’autre, d’être contaminé, c’est un sentiment quotidien dans ces situations là. Il faut savoir faire ce qu’il faut pour se préserver. Et préserver ceux qu’on aime. Les consignes étaient claires, une fois suivies, on pouvait être un peu plus sereins. Le plus compliqué c’était toute la communication sur l’insuffisance respiratoire due au virus… Emma en est décédée… et j’ai donc du faire un gros travail pour que la simple évocation de ces mots ne provoque pas une immédiate montée de larmes (c’est un travail toujours en cours… ). Mais du coup, je suis parfaitement consciente de ce que ça implique. Le plus compliqué a été de gérer mes émotions personnelles face à l’égoïsme, à la bêtise, de certains… ma misanthropie latente y a trouvé un terrain de jeu infini… Mais j’ai réussi à relativiser…. Comme pour d’autres domaines, je fais ce que j’ai à faire, je me protège et protège ceux qui me sont proches, j’explique, mais ensuite j’accepte de ne pas pouvoir changer celui ou celle qui n’en a pas le désir. Ce n’est pas mon problème, c’est le sien. Les leçons que nous tirerons ce cette expérience seront clairement très différentes, mais elles seront tout aussi valables.

J’ai vraiment pris la mesure de ce qu’est la patience. Je n’attends pas la fin du confinement (déjà parce qu’il ne me dérange pas tant que ça, asociale que je suis, même si j’aimerais être un peu plus libre de mes mouvements et que j’ai hâte d’aller boire un verre avec mes amis pour qu’on puisse dédramatiser et rire de tout ça). Je patiente. Je ne suis pas passive, au contraire, je mets des choses en place, j’agis, j’évolue, je m’adapte. Je redécouvre des choses que j’avais oubliées, dans un contexte particulier qui me donne l’occasion de les vivre pleinement.

Et hier, donc, j’ai reçu mon jeu de cartes d’introspection. J’ai récupéré un cahier à peine entamé, que j’ai bidouillé pour mettre tout ça par écrit. Pour les fixer, et parce que ce sera toujours intéressant de revenir dessus de temps en temps…. et je me suis dit que ce serait bien de le faire tous ensemble. Donc demain, je vous propose une nouvelle aventure, toute en douceur, quelques minutes par jour, pour tirer de cette expérience quelque chose de constructif, de positif, pour nous aider à patienter et à en tirer le meilleur. Si ça vous tente, on en reparle demain. Ce sera aussi simple que vous le voulez, aussi créatif que vous désirez, aussi profond que vous en avez envie.

Votre mission du jour, trouver un carnet, un cahier, ou en fabriquer un (j’ai découvert le junk journal, pour ceux qui veulent se lancer dans un projet créatif, ça peut être l’occasion), ou rassembler des post-it, des bouts de papier, ce que vous voulez, où vous pourrez écrire, et on se retrouve demain pour que je vous explique tout ça!

Finalement, je ne regrette pas d’avoir vécu les deux premières semaines comme je l’ai fait. Elles étaient le tunnel un peu étouffant, plutôt sombre, assez désagréable qui m’a permis de me retrouver là où je suis aujourd’hui, la tête pleine d’idées, et bien déterminée à tirer le meilleur de ce confinement. Et à partager cette expérience avec vous.

A demain!

Pffffffffff

Je n’ai pas trouvé de meilleur titre… peut être aussi parce que je ne peux plus faire sortir de son de ma bouche…. La situation des derniers jours m’a laissée sans voix…..

Pour ceux qui l’ignorent, dans la vraie vie, je suis professeur des écoles, cette année chargée d’une vingtaine de lutins de CP. C’est mon métier. J’en parle rarement ici, parce que ce n’est pas le lieu, et que je suis aussi tout un tas d’autres choses, et qu’en général j’arrive plutôt bien à cloisonner… Mais là ça déborde, c’est compliqué….

Depuis 1 semaine, j’ai une trachéite… pas grave en soit…. sauf que faute de remplaçant, je suis allée travailler, en toussant, en inhalant de la ventoline régulièrement, en essayant de faire sortir quelques sons de ma bouche, parce que bon, en CP, tout ou presque passe par l’oral… et parce que mes élèves n’ont pas à subir les défaillances du système qui ne me permet pas de m’arrêter sans que leurs apprentissages soient compromis…. Bref…. je voulais tenir encore une semaine, parce que la semaine suivante, aucun doute là dessus, j’aurai été absente…

Parce qu’il y a 4 ans, ma fille unique, l’être solaire qui illuminait ma vie, est décédée d’une tumeur cérébrale. De ça je parviens à parler ici, parce que je pense que c’est le lieu. Bref…. la semaine anniversaire de son décès, la semaine annivercielle, je n’arrive pas à travailler, je n’ai aucune empathie, et je me prends des flashback compliqués émotionnellement. Les larmes me viennent facilement, je revis chacun de ses derniers jours, cette descente en enfer inexorable pour laquelle je pensais être préparée, mais non, en fait… Je ne peux pas encore tout dire, tout partager, c’est trop violent, je n’ai pas les mots.

Bref. Je me demandais comment faire pour assurer encore une semaine… parce que ma voix ne s’arrangeait pas, que j’avais de plus en plus de mal à respirer… Et que les infos me renvoyaient inexorablement 4 ans en arrière… les mots insuffisance respiratoire ne sont pas que des mots pour moi… Je sais très exactement ce que c’est que de voir mourir quelqu’un d’insuffisance respiratoire. C’est ce qui a fini par éteindre mon soleil…. mais j’ai continué à faire classe malgré ça, j’ai éteint ma télévision, je me suis concentrée sur les loulous dont j’ai la charge 6h par jour, j’ai plongé dans la créativité pour me vider la tête, j’ai câliné la poilue ronronnante aussi… beaucoup, dès que possible….

Et puis la nouvelle est tombée jeudi soir.. fermeture des écoles… et vendredi matin l’injonction est tombée: nous devions fournir 15 jours de travail aux enfants pour vendredi 16h30, tout en faisant classe, et en ayant une réunion pour mettre un peu d’ordre dans les informations contradictoire de nos supérieurs…. le tout sans internet (plus de connexion à l’école depuis des mois.. mais on bidouille, on se débrouille…. sauf que là, ce n’était pas possible)… Mais j’ai fait, tout en faisant classe habituellement, mes élèves sont repartis avec de quoi travailler 15 jours en maths et en français, une adresse email spécifique pour que je puisse assurer la sacro sainte continuité pédagogique, et surtout garder le contact avec les parents, leur donner les consignes, des trucs et astuces, leur donner des liens, des idées, les faire sourire aussi… bref, assurer le service après vente… mais cette journée m’a achevée, j’avoue.

17h30, après avoir passé du temps à rassurer les parents, leur avoir donné mon plan d’attaque pour les 2 prochaines semaines, avoir entendu leur anxiété, y avoir répondu avec peu de mots, mais des sourires, des trucs et astuces, et une assurance toute professionnelle, je suis rentrée chez moi… 5 minutes plus tard une quinte de toux plus violente que les autres m’a décidée. Stop. rdv chez le médecin dans la foulée. Diagnostique confirmé, trachéite, accompagnée d’une tension stratosphérique…. je suis arrêtée pour 2 semaines (1 semaine pour trachéite, et l’autre parce que c’est la semaine maudite et que pour le bien être de l’humanité, je garde mon caractère apocalyptique isolé du reste du monde.).

Je n’irai donc pas à l’école la semaine prochaine… même si mon chef veut que nous y soyons histoire de pouvoir vérifier que nous ne tirons pas au flanc et nous pousser à utiliser des outils archaïques et qui ne rempliront jamais leur office… Sérieusement, nous avons l’habitude d’utiliser des outils glorifiés par la hiérarchie mais qui ne supportent pas l’afflux de connexion… le numérique la bonne blague sans réseau ni internet…. bref… je me passe de la réunion de lundi matin où on nous expliquera qu’on n’a pas compris, que c’est génial et que jamais on aurait pu imaginer que ça puisse planter…. je ne ferai pas de réunion où on mettra en place une énième usine à gaz… alors qu’il y a des moyens simples et efficaces de faire mieux, mais que ce n’est pas ce que veux le chef, ou le mini chef, ou le chef intermédiaire…. On en joue pas, il y a des enfants au milieu de cette soupe d’égo…. je ne ferai pas de réunion à n’en plus finir. Je ne ferai pas acte de présence dans un lieu où la connexion internet est une vue de l’esprit… je n’avalerai pas de nouveaux boas, ce sont d’ailleurs peut être les derniers en date qui ont achevé ma trachée…. je resterai chez moi… où je mettrai en oeuvre mon plan d’attaque avec et pour les parents de mes élèves, où je bénéficierai d’une connexion digne de ce nom, du matériel digne de ce nom (l’ordinateur que j’ai à l’école est aussi le mien, tiens, je n’ai jamais pu obtenir quelque chose de moins de 10 ans par d’autres moyens….). Où je ferai en sorte que mes élèves et leurs parents aient tout ce qu’il faut pour pouvoir passer ces quelques semaines dans des circonstances compliquées… Où je saurai me rendre disponible, même si je ne suis pas sensée le faire, mais parce que c’est ma nature.. j’ai la « chance » d’avoir vécu et surmonté plus d’une crise… j’ai l’esprit clair et je sais que tout ira bien. Et surtout que personne ne vienne me donner de leçon. Parce que je suis incapable d’entendre de nouvelles absurdités sans réagir violemment…

Je suis une professionnelle… Et je ne suis pas sensée travailler pendant un arrêt, c’est évident…. Mais j’ai une conscience professionnelle qui fera que je mettrai tout en oeuvre pour que mes élèves puissent travailler dans les meilleures conditions possibles à la maison… Et c’est pour ça que je suis devant mon ordinateur à travailler non stop au lieu de gribouiller ma carte de la semaine… ça ne me pèse pas, c’est normal dans les circonstances actuelles, je dois faire face à une situation d’urgence et mettre tout mon professionnalisme en oeuvre pour adapter ce que je voulais faire en classe pour que les enfants et les parents ne soient pas perdus ni surchargés…. et ça prend du temps…. de concocter des trucs bidules un peu plus fun aussi….

Alors voila, je suis en arrêt, et je sais que je ne le respecterai pas, que je me rendrai disponible pour mes élèves, pour leurs parents, et que j’essaierai de leur donner de quoi faire, dans les meilleures conditions possibles… et puis j’avoue, le télétravail, c’est ce qui pouvait m’arriver de mieux en ce moment, je n’ai pas à être en contact direct avec qui que ce soit, mais je peux continuer à faire mon travail… j’ai promis à mes élèves que dès que je retrouvais ma voix, je leur enverrais des vidéos… ça promet d’être intéressant….

Mais là, j’ai juste envie de tenter de prendre un bon bol d’air et de me dire que ça va aller… que si ma hiérarchie, au plus haut niveau, fait preuve d’une incompétence crasse, et nous met encore une fois dans une situation complexe (injonctions contradictoires, situations ubuesques… aucune réflexion, que de la réaction, où comment assumer lorsqu’on a sorti sa tête du sable un peu trop tard et faire peser tout le poids de la situation sur les épaules de ceux qui ne sont pas là pour satisfaire leur égo mais pour leurs élèves)… comment dire.. non, là, en ce moment, je ne peux pas. Je ferai donc encore une fois preuve d’autonomie, de liberté… et je vais travailler, alors que je ne suis pas sensée le faire…. et qu’on ne vienne pas me faire la morale… je le fais pour mes élèves, et parce que je le peux, bien mieux en tout cas que si je n’étais pas en arrêt… quand au jour de carence, je leur en fait cadeau, ma sérénité n’a pas de prix….

Alors non je ne suis pas du tout du tout en vacances, je ne me reposerai pas non plus autant que je le devrais (mais bien plus que si j’avais été en classe, clairement… je peux envisager de retrouver ma voix et mon souffle un jour…. ). Et tout ça, comme le reste, passera…

J’ai bien l’attention de trouver le temps lundi pour gribouiller ma carte de la semaine, avec le mot qui reflètera mon état d’esprit alors… mais là je vais me coucher avant de passer ma journée de demain à travailler… parce que tout est à faire, les mensonges de ceux qui parlent sans savoir ne pourront pas couvrir très longtemps le fait que nous improvisons complètement, avec les (pauvres) moyens du bord… mais nous en ferons quelque chose de bien, parce que c’est notre métier, et que nous sommes des professionnels, même sous ventoline et stéroïdes, même en dormant peu pour nous assurer que tout sera prêt lorsqu’il le faudra…. et que pour nous, c’est normal et naturel…

Alors ce soir, oui, le seul mot qui me vient à l’esprit, là tout de suite, c’est pffffffffffffffffff. J’espère que vous me pardonnerez cet diatribe amère et fatiguée, mais voila, oui, je suis amère et fatiguée… et c’est légitime je pense… ça ira mieux bientôt… je vais retrouver un équilibre, je le retrouve toujours, et je prendrai grand plaisir à vous faire partager cette aventure mais ce soir il fallait que ça sorte…. encore des injonctions à l’heure où je tape ces mots, qui contredisent les précédentes, et qui exigent que nous mettions en place en un temps record quelque chose qui n’a aucun support pour l’accueillir, et dont les compétence des personnes sensées le mettre en oeuvre sont plus qu’insuffisantes en la matière…. stop. Je suis en arrêt, je me déconnecte de tout ça, ej me concentre sur mes élèves et ma classe, je fais ce que je pense être le mieux. Le reste, on y réfléchira en temps et en heure, à tête reposée, pas dans l’urgence, l’à peu près, et pour le bien de nos élèves et non l’égo de ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’ils demandent.

2020 Saga. Creativity.

This week, we will live with creativity. Let’s make our dreams a reality. Let’s dive into ideas and projects, let’s materialize what live in our head only.

Creativity is my answer to the world, I think. If I feel something really strongly, I know that my answer to this feeling, positive or negative, it doesn’t really matter actually, will be by creating something to honor it. When I feel confused, I usually write, or draw. When I feel stressed, I grab my crochet or my tin whistle, or my pencil too… When I feel sad, music is my way of dealing with it, as well as writing, painting. If I feel happy, I will draw, play music, dance in the middle of my living room, sing, take pictures… When I need answers, I will tend to dive into a bigger project, that will need me to think about solutions to problems I may encounter and thus set my mind in a problem solving mode… Usually, the answer I was looking for will appear while doing something unrelated to the subject, but that required my attention and focus.

And when I am angry, or frustrated, I love to pile rocks… because in order to do so, I need to focus and find balance, within and in the rocks. This is also when I go and look at nature, when I let my bare feet play with grass while drawing or writing something, when I let the air help me breathe into my tin whistle. When I reconnect with the world. Some would say when I ground.

Creativity is part of my alchemist way of seeing things. To materialize ideas, concepts, feelings. To express my will to act on something or to honor it, in making it ‘real’. To build milestones, to measure my path, to measure my progression too.

Creativity is everywhere when you let it enter your life. it can be in those little things I cherish, or in bigger projects. It can be part of your life for a short time, allowing you to enter a realm you never thought about, or for a life time, breathing through each of your cells.

So this week, let creativity take the lead, for a short time or longer. Dive into its reality and enjoy each step of the process!

Une année toute en nuances / Happy Hue Year. Mars/March

Ce mois-ci, pas de vert en vu, mais un orange chaud.

This month, we won’t play with green but with a sweet orange…

Bon, clairement, je me suis lancée un véritable défi, les trois premières couleurs ne sont pas celles que je préfère! Mais voila, un rêve cette nuit, et ce matin, j’étais parée à gribouiller!

Clearly, I love challenges because the first 3 colors of this year are far from my comfort zone… But last night, I had a dream and this morning, i knew exactly what I wanted to draw…

Voici donc ma proposition pour ce mois de mars. Une première tentative de représentation de plumes, je me suis bien amusée! Un oiseau de proie imaginaire, mix entre un hibou, une perruche ou que sais-je encore…. mais son oeil est orange, ha!

So here is what I drew for this month hue. I tried to draw feathers for the first time, and I had a lot of fun. A bird of prey, mix of owl, cacatoes and I don’t know what more, but… its eye is orange!!

A vous de jouer!

Now it’s up to you!!

Gribouillage digital: arbres.

J’avais envie d’un nouveau fond d’écran de verrouillage. Je suis toujours aussi obsédée par les arbres, et les ifs en particulier… j’avais envie d’un peu de magie aussi… Mon fond d’écran, parce que j’en ai envie et que je peux le faire…

j’ai attrapé ma tablette, ouvert Krita, mis mon casque audio avec la musique qui va bien (en ce moment, c’est Peter Gundry qui m’accompagne). Et hop!

Quelques heures plus tard….

2020 saga. Power.

This week, a word came again and again in my mind and in my conversations: power. So I guess I have to do something with it… even if it’s a notion I don’t really care about most of the time… Maybe was it time for me to look into it more deeply.

I tend to be really critical about people exercising power… mundane power, that is. Political power, economical power, spiritual power even… I was raised in a society where your learn at a really young age to take responsabilities, to exercise your rights, and I am thanksfull for that. It’s also a society based on cultural traditions that find their roots in religion and a certain idea of government. For centuries, power was in the hands of the well born, the religious ones (who belong to the same families, actually) and the wealthy (who weren’t well born, but wanted to live as such). And this ‘tradition’, as it lasted a millennium or so, is deep rooted in people’s mind.. Nowadays, economical power is all mighty…

I chose to follow my own path, away of all these considerations… probably because it’s deep rooted in my blood. My ancestors lived through history being humble people. And I have no doubt about the fact that I owe my fierce personality to some of them…

I decided to learn history. To understand where we all come from, and to go deeper into it. I specialized into history of mentalities and everyday history. My master was about testaments in late Middle Ages, before, during and after the Black Plague in a spanish city. I learned a lot, and never stopped read and learn about what make people live, believe and go on the way they do. This is probably one of my powers: being able to put into perspective what I witness in my everyday life.

I was also interested in the way religion exercise a power on people. Throughout all history, and even before, spirituality is something that plays an important part in people’s life. I am not a believer myself, and being raised in a catholic tradition probably didn’t help me in that matter. But I can understand that people find comfort in belonging to a group that believe in the same values, that obey to the same rules. It’s just not for me. I am probably to free minded to be able to follow this kind of path. And my way of seeing my own evolution is not something that can fit into religion, I guess… But it’s ok. I spent time learning about religions, about spiritualities, about philosophies, and I can understand why they make sense to people. I just chose to follow my own flow.

My own power express itself in this idea of freedom I guess. I am free to believe in whatever makes sense to me, to follow whatever path presents itself, to be who I choose to be, to live and leave wherever and whenever I want. it’s the life I’ve chosen for myself, helped of course by some…. ‘events’.

I am now in my mid 40s. Strong as ever. This inner strength life gave me by putting me into some storms, making me go through my personal hell several times. I survived. I learned a lot about people and myself in the process. It is the path I chose to follow. I don’t regret it. It was made and meant for me. It made me the one I am now. And I can enjoy each and every moment of my life without being afraid of anything. This is my true power: knowing that whatever may come, I will be able to face it and learn from it.

In a time where power seems to be given to people only desiring to be powerful, without the single ability to exercise it with decency, I step back and look at what really matters: people I care about, things I can do, and most of all, seeds I can plant. I don’t know if or when they may grow, but it doesn’t really matter. My only duty is to plant them… seeds of empathy, understanding, care, integrity.

So this week i wish you can exercise your own personal power and shine in the darkness or these troubled times. We are the beacons.

Une année toute en nuances/ Happy hue year: Février/ February

Ce mois ci, l’inspiration était belle et bien présente. J’ai tout de suite eu l’idée d’une ascension vers la lumière… comme un peu d’espoir dans une époque morose… une ascension intérieure aussi… c’est dans l’air du temps… Voici donc ma proposition avec la couleur du mois de février:

This months, I was inspired! I had this idea of an ascension to the light… a spark of hope in trouble times… An inner ascension too… as it’s the energy I feel lately. So here is what I doodle with the february color:

2020 saga. Respect.

This week, we will focus on respect. You can’t enjoy your inner journey if you don’t express and feel and live respect.

The first thing to understand and to do is to respect yourself. Respect your rhythm, respect your needs, respect your self, body, mind and soul. This is different for each of us, but it starts by taking care of yourself. And accept yourself. Love yourself. Be aware of your strengths as well as your weaknesses and embrace them all. Look for what makes you vibrate and dive into it. Try to spend even a few minutes a day doing what you love, what you need, what makes you happy. We all have those simple things that bring us joy, peace, laughter. Those are the ones you need to reach. And enjoy. Then go on to self affirmation. Be proud of who you are, be proud of what you lived. Look at past errors as the most valuable lessons you received. Thank them and go on. You don’t need to remind them anymore. They were true for the one you were then. You are not the same person now. So they became irrelevant in your life. You learned your lesson well, you moved on, you grew, you assimilate what needed to be. It’s time to part. Let them on the side of your path, and go on, without the burden they represent. Forgive the one you were then. Whatever was done, it belongs to the past, to the one you were then. You are entitled, now that you evolved to a better version of your self, to forgive the one you were. Be gentle with yourself. There is enough adversity out there, you don’t need to be your inner enemy. Treat yourself with respect, acknowledge your errors and stop being your own tormentor. Be your best friend. Don’t elude your defaults, but accept them as part of who you are, someone evolving and dealing with what needs to be dealt with, step by step. If perfection is an illusion, improvement is not, though. So as long as you improve the way you live your life, your vision of it, your way of walking on your own personal path, you are doing what you are supposed to do. People will always be judgmental, but you don’t need to be, especially with yourself. Be gentle. Set boundaries and goals. And do your best, with what you have on hands, to reach them. Enjoy your life, honor it by truly living and learning. Honor the one you are, because you worth it. Each of us worth it. And we owe to ourselves to honor the luck we have to experiment a meaningful life, whether we are aware of it or not. Open your eyes on who you are, who you truly are. And straighten this crown on your head, keep it up high.

Respect others. This is the second step on our journey to respect. Honoring and affirming yourself doesn’t mean denying others. You are the sovereign of your own personal kingdom as they are of theirs. And it’s something to honor, truly. We are all walking on our paths, at our own pace. When I meet people who are only at the beginning of their journey, I tend to share some of my own experience, or hints. But I accept that they choose to do whatever they need to do their own way. This is a learning process. And I respect that. I made the choice to open my eyes, mind and whole self to what was my life. And my vision of it switched from a meaningless existence to a meaningful one. But life gave me the opportunity to do so. Not everyone has this luck. I also went through hell several times, so i understand the value of life, of existence itself. And i chose to honor it. But not everyone had this opportunity, at least not yet. Who am I to judge people on their choices, or the way they live their life? Compassion is something I often feel… well, not really compassion, because I don’t need to suffer as they do to sense what they are going through. But I can recognize their pain, and put them in link with my own, those I used to feel… those that are part of me now. So I tend to respect people, no matter what they are living… I even surprise myself to feel sorry for those who are playing games… they don’t have a clue of what they will have to face when time has come for them to grow… it’s not my business, I can only give hints to escape to those they play with… if needed they know where I am and will reach me when they are ready to go on their own path. I also have a huge respect for those who have walk further and became wonderful teachers… Those we can spend hours sharing life experiences with. Those who make us grow by sharing their ways, their own vision of life. Those who live in their own truth and find peace within, peace they usually share with enthusiasm. The beauty in those, is that some of them ignore what wonderful teachers they are. They just are themselves, walking their own path. Some of them are old and wise, others are so young you wouldn’t believe what they can bring you. As a matter of fact, anyone can be your teacher. And you can miss a valuable lesson by not respecting the teacher life sent you to teach it to you. Then you will have to go through a whole new process to change in order to be able to learn it.

Which leads me to my last point: respect the process. We are so lucky to be able to take our own inner journey, to grow, to share, to live it. This is something we have to honor. If we make the choice to walk on our path, what it will be made of doesn’t entirely depend on us. We will have choices to make, and they will lead to other crossroads where other choices will be offered to us. And those choices will make us take paths we never thought we would take, those exact paths we need to grow and evolve. So respect the process, even if you feel lost and stuck. Be aware of what surrounds you. You may have miss to notice something you need in order to go on… the little things, those we are so used to live with that they become ignored while their value goes far beyond their actual worth. It’s only when you look at them with an open mind that they will reveal the secret they always concealed to be found by you when time has come. When you feel stuck or lost, take time to care for yourself, to rest. We sometimes need to focus on our self care, on enjoying life as it is, before going back on our journey, stronger, more in peace, ready to face whatever may come. And when it happens, we are ready to enjoy each and every piece of it. Trust in the journey, respect the process. And live, truly, fully live!

So this week, I wish you the joy of feeling and receiving respect.

Yep, lazy me is enjoying the fact that for once I only had to make one, as the english and french words are spelled the same way… and mean the same too! Not something that happens a lot!

And it was a perfect time to be so as I have a new computer, that will allow me to go further in what I want to explore. So this week end, I really was happy to just take the time I needed to set it up exactly like I wanted it to be… Now I am ready to see what I can do with it… it will be fun, for sure! It’s also the perfect example of what I live for a few weeks now: everything is falling into place as I let myself go with the flow… Keeping an open mind, open eyes and open arms… You never know what may come, but you can be sure it will be exactly what you need when you need it to do what you need to do… I am grateful to be able to experiment this… And I wish you to feel the same!