mon voyage intérieur: avril (04)

Aujourd’hui je vous propose un peu de lecture pour retrouver confiance… et n’oubliez pas: nous sommes tous différents, donc si un article ne vous parle pas, passez au suivant, sans hésitation. Continuer à lire … « mon voyage intérieur: avril (04) »

mon voyage intérieur: avril (03)

Je reviens au format post-it ce mois-ci. Je préfère le format carré en ce moment…

confiance

  • fond: aquarelle
  • lettrage: une de mes polices expérimentales.
  • motif: Kaboom
  • stylo: Uni ball signo vert métallisé
  • crayon de couleur.

 

Couverture woodland winter

Lorsque j’ai besoin d’occuper mes doigts (et ma tête aussi….) je me lance dans la confection d’une couverture…. là, j’aimais vraiment beaucoup le motif… par contre les couleurs…. j’avais une autre palette dans la tête! J’ai donc bidouillé un peu…

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3 répétitions du dégradé de couleurs plus tard, j’ai tenu mon pari!! je voulais la finir avant ma reprise (demain). Et je viens de rentrer le dernier fil!!

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J’ai fait ma couverture avec le modèle woodland d’attic24. J’ai utilisé mes propres couleurs, que j’ai organisé en dégradé, et j’ai bidouillé une bordure à ma sauce (je n’étais pas vraiment convaincue par celle qu’elle proposait). J’ai adoré crocheter ce motif, mais je suis bien contente d’en avoir fini (bon, ok… j’en ai une autre dans la tête…)

Évidemment la poilue l’a réclamée… comme les précédentes…. et ça, c’est le super contrôle qualité!

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Bon, il faut que je réfléchisse à la suivante…. j’ai déjà une idée…

 

Mon voyage intérieur: avril (02)

voyage en tête

La confiance, c’est tout simplement franchir chaque porte avec la conviction que le voyage en vaudra la peine.

 

Et depuis que j’ai écrit ça, plusieurs messages sur les portes qui s’ouvrent, ou qu’on doit ouvrir…. en ligne, à la radio, dans la vraie vie… je sais ce qu’il me reste à faire… j’aime quand tout se met en place comme ça!

Mon voyage intérieur: avril (01)

voyage en tête

Quatrième étape de mon voyage intérieur. Si la dernière a été complexe et riche en enseignements, très chargée émotionnellement, celle-ci sera plus intéressante encore.

Nous allons devoir ouvrir des portes et les franchir sans crainte, avec sérénité. Ce mois ci, nous allons explorer la confiance


Confiance

nom féminin.

  • Assurance, hardiesse, courage qui vient de la conscience qu’on a de sa valeur, de sa chance : Faire face aux difficultés avec confiance.
  • Sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose : Notre amitié est fondée sur une confiance réciproque.

1. Faire confiance aux autres

se fier entièrement à quelqu’un…. pas si simple.

Pourtant faire confiance, donner sa confiance facilite les relations, et simplifie la vie. Évidemment, je ne parle pas d’avoir une confiance absolue en toutes les personnes qui nous entourent ou que nous rencontrons. Il faut aussi faire preuve de discernement.

Pour ma part, j’ai opté pour compartimenter ma confiance. Si si. Je sais que je peux faire une entière confiance à certaines relations concernant un aspect de ma vie. Pour certains, ce sera le côté professionnel, pour d’autre l’émotionnel, pour d’autres encore le relationnel. Ces personnes ont le recul nécessaire, l’intégrité nécessaire et l’honnêteté nécessaires pour que je puisse leur accorder ma confiance dans ces domaines précis. C’est parce que je leur reconnais des qualités réelles ou supposées que je donne ma confiance à ces personnes.

Il en va de même de certains professionnels (notamment dans le domaine médical). J’avais une totale confiance dans mon généraliste, qui connaissait mon dossier médical sur le bout des doigts (il a été mon médecin de l’âge de 7 ans à 42 ans… ça aide!). Lorsqu’il est parti à la retraite (bien méritée), j’ai du choisir entre plusieurs remplaçants… Comment savoir si je pouvais leur accorder ma confiance ou non? En leur posant des questions, en observant leurs réactions, en essayant de voir si le feeling passe ou non… et j’ai fini par choisir celui qui me paraissait avoir les qualités que je recherchais chez mon médecin traitant.

Dans la vie de tous les jours, c’est la même chose. C’est en posant des questions, en écoutant l’autre, en observant ses réactions et son comportement, qu’on peut déterminer si on peut lui faire confiance ou non. Et avec le temps, avec une connaissance plus profonde de l’autre, la confiance peut s’étendre à des domaines plus variés. Ou être retirée, en cas de trahison.

Et qu’il est compliqué de redonner sa confiance une fois qu’elle a été trahie! En ce qui me concerne, je garde toujours une certaine méfiance envers ceux qui m’ont trahie. Lorsqu’il s’agit de sujets bénins, elle est minime, mais lorsqu’il s’agit de sujets plus sérieux, donc de personnes plus proches, elle est irrévocable. Je suis capable de rayer une personne de ma vie en cas de trahison importante (qu’on ne me parle pas de pardon dans ces cas là…). Et pourtant ma tolérance est plutôt élevée….

Aujourd’hui, je donne facilement ma confiance. Je suis arrivée à un stade de ma vie où je n’ai pas grand chose à cacher, et où je pense être capable de cerner assez facilement les personnes que je côtoie. J’ai donc tout intérêt à leur faire confiance. Ça simplifie grandement mes relations. Et puis au pire, si trahison il y a, je continuerai mon chemin sans souci.

Parce que la personne la plus importante en qui j’ai confiance, et qui me permet d’avoir cette sérénité, c’est moi.

2. Avoir confiance en soi

Bon, clairement, ce fut un chemin de longue haleine pour parvenir à avoir confiance en moi, en mon jugement, en mes émotions. Mais là aussi, je suis arrivée à un stade de ma vie où j’ai compris que j’étais la seule personne avec qui j’allais passer ma vie entière, et qu’il valait mieux que je me fasse confiance, que ça simplifierait ma vie.

Effectivement. Ça simplifie grandement les choses. Je me moque du regard d’autrui, je n’ai nullement besoin de leur approbation. Je me connais suffisamment pour suivre mes instincts lorsque c’est nécessaire. Je me remets aussi constamment en question, sans complaisance, mais toujours le plus sincèrement possible.

Mais pour cela, j’ai du ouvrir une à une toutes mes petites boites de Pandore personnelles, même celles bien cachées dans les recoins de mon être… en regarder le contenu, l’apprivoiser, et l’accepter en tant que partie de moi. Je me connais donc plutôt bien. J’ai appris à reconnaitre mes qualités ainsi que mes défauts, mes forces et mes faiblesses. Et je les ai acceptés comme faisant partie de moi, faisant de moi celle que je suis. Sans jugement. Le plus objectivement possible.

Dès lors, que vaut le jugement d’autrui sur celle que je suis? Au mieux, ils ne voient qu’une partie de ma personnalité, ils ne connaissent qu’une fraction de mon être. En m’acceptant dans mon intégralité, je m’exonère de leur opinion. Je n’ai plus de boite de Pandore à ouvrir, je n’ai rien à craindre.

Et au final c’est là la clé: j’ai confiance en moi parce que je n’ai rien à craindre. Je n’ai pas peur du regard d’autrui, celui que j’ai posé sur moi était encore bien moins complaisant et je l’ai accepté. Je n’ai pas peur de l’opinion d’autrui sur moi: celle que j’ai de moi dans mes plus sombres heures n’a rien de flatteur… mais je l’ai acceptée.

Et au final, je réalise que ces dernières années, j’ai parcouru mon chemin de la confiance en moi en courant, abattant chaque obstacle sans pour autant m’arrêter. J’avais déjà les armes pour ça, il me suffisait juste de les utiliser… dans les jours qui viennent, je vous donnerai les pistes pour construire les vôtres.

Et c’est parce que j’ai cette confiance en moi que je peux avoir confiance en l’avenir.

3. Avoir confiance en l’avenir

Je n’ai pas peur de l’avenir, de ce qui vient, de la vie. Parce que j’ai confiance. Et que je suis bien déterminée à vivre chaque moment, chaque rencontre, chaque étape pleinement.

Attention, je ne suis pas naïve. Je sais qu’il y aura de nouveaux obstacles, de nouvelles épreuves mais je sais que je serai capable de les surmonter. Avec l’aide de ceux qui m’entourent.

Je ne vais pas vaincre la faim dans le monde, je ne vais pas mettre un terme à ces guerres qui gangrènent l’esprit humain. Je ne peux rien faire contre la violence, quelle qu’elle soit. Si ce n’est de ne pas en faire preuve moi-même, que ce soit physiquement, psychologiquement ou administrativement.

Mais je plante chaque jour des graines de compassion, d’empathie, de compréhension du monde dans le coeur de mes élèves. C’est ma part du travail. Et je l’accomplis chaque jour avec confiance qu’un jour ces graines germeront, que je sois là pour le voir ou non.

Je plante aussi des graines ici, à travers mes mots. En me disant qu’ils toucheront peut être quelqu’un qui en a besoin, et qu’à son tour cette personne fera son chemin.

Pour le reste, ça ne dépend pas de moi. Il est donc inutile que je m’en inquiète. Par contre, j’ai confiance. Je sais que d’autres agissent aussi à leur niveau.

Voila, la confiance, une notion qui m’a longtemps, très longtemps été étrangère… mais qui aujourd’hui fait partie intégrante de celle que je suis…

Une nouvelle année s’ouvre à moi, et j’ai bien l’intention de la rendre épique!

 

Mon voyage intérieur: mars (07)

voyage en tête

Je savais que ce mois serait riche en enseignements. Il ne m’a pas déçue!

J’ai accepté de me mettre en pause cette semaine. Parce qu’il me devenait trop difficile de rester moi-même et de lutter à la fois contre les émotions et souvenirs qui me venaient de l’intérieur et du chaos extérieur qui me frappait encore et encore.

La plupart du temps, j’arrive à rester droite, à me tenir debout, à faire face. Mais lorsque tout se déchaine, j’ai besoin de prendre du recul. D’accepter de ne pas pouvoir. D’accepter d’être affaiblie. Pour mieux revenir, plus forte, plus déterminée. Loin d’être un renoncement, il s’agit au contraire d’un engagement. Envers moi-même, envers mes valeurs.

Je dois m’occuper d’apaiser ces bouillonnements intérieurs. Je les connais bien, il me reste à les apprivoiser. Seul le temps pourra m’aider, j’en ai bien conscience, et j’ai donc décidé de me le donner, ce temps, ou du moins une partie, pour me permettre de faire ce travail. Et c’est là que l’acceptation va vraiment être mise en pratique. Je me sens prête, mais pour cela, il me faut être seule et aller à mon rythme. Laisser chaque émotion, image, venir, en prendre conscience, l’accepter et poursuivre mon chemin. Vaste chantier, puisque je les ai laissées s’accumuler en tentant de gérer les attaques extérieures. J’ai du perdre mon bouclier en route, et mon armure s’est fissurée pour laisser ces deux éléments se mêler et me consumer.

D’ailleurs, une question me vient: la compassion et la correction ont-elles disparues sans qu’on m’en avertisse? Une chose est certaine cependant: on continue de trouver pertinent de frapper quelqu’un lorsqu’il est à terre. Bien plus simple que lorsqu’il ou elle est debout… Bref…. Je sais que j’ai encore beaucoup de travail à faire pour leur faire comprendre les notions de dignité et d’intégrité…. mais je ne désespère pas… On ne peux changer les autres si ils ne le désirent pas. Je vais donc continuer à être là, à leur montrer qu’on peut vivre selon des valeurs autres que les leurs. C’est mon choix, je le fais en toute conscience.

Je sais qu’une fois que j’aurai affronté mes vieux démons, que j’aurai terrassé ces émotions fantômes et que j’aurai repris des forces, je pourrai lustrer mon armure, reprendre les armes et continuer mon chemin, à la fois plus légère et plus déterminée. Je continuerai à semer mes graines, en espérant que certaines germeront et s’épanouiront. Si j’ai de la chance, je le verrai. Sinon, je saurai que j’ai semé et c’est déjà beaucoup. Je l’accepte sans aucun regret.

Cela fait bien longtemps maintenant que je pratique ma propre alchimie, que je m’applique à transformer le négatif en positif. C’est mon fonctionnement personnel, ma force, ma volonté. Je n’ai jamais eu peur de la confrontation, de l’adversité. Aujourd’hui encore moins qu’avant. Ce n’est pas facile tout les jours, il faut pouvoir relativiser, voir au delà des apparences, percevoir les non dits et les souffrances cachées. Mais c’est aussi tellement enrichissant. Et quelle victoire lorsqu’on parvient à transformer cette peine et cette douleur en espoir et en douceur. J’ai appris depuis longtemps que bien souvent la peur et l’ignorance étaient la source de bien des comportements négatifs. A moi donc d’agir pour amener à la compréhension et à la tolérance. C’est ma philosophie de vie. Et je compte bien poursuivre ma route encore longtemps.

Je fais donc une pause. Pour me retrouver, accepter, et apprendre. Parce que je peux agir sur ces émotions et sur ces images. Par contre, je n’ai aucun pouvoir sur autrui. A moi d’exercer mon alchimie sur ce que je perçois et reçois. Le reste ne me regarde pas. Il ne m’appartient pas de lever ce voile-là… même si l’envie me prend parfois d’y faire un petit accroc…

Et puis pendant ma pause, je pourrai me consacrer à préparer le mois qui vient, un nouveau challenge à n’en pas douter, une nouvelle croissance également. Une belle alchimie.

 

Le 29 mars, faites un GDGD!

Le 29 mars 2016, ma fille Emma décédait des suites d’un glioblastome, ou gliome infiltré du tronc. C’est un cancer pédiatrique dont l’issue est encore aujourd’hui fatale à 100%.

Emma avait presque 11 ans. Je suis très fière d’elle. Je m’évertue chaque jour de continuer le chemin que nous avions entamé ensemble. De perpétuer les valeurs que nous partagions: l’intégrité, le partage, l’empathie, la force aussi. Elle a su toucher beaucoup de gens à travers son combat. J’aimerai continuer en ce sens.

Pour que ce jour ne soit pas qu’un jour de deuil, et pour honorer la mémoire de ma fille, je vous propose de partager avec moi l’idée lumineuse de sa tante: le 29 mars, faites un geste de gentillesse désintéressé. Un geste envers quelqu’un sans rien attendre en retour, un petit rien qui peut signifier beaucoup pour la personne qui le recevra.

Qu’est-ce qu’un geste de gentillesse désintéressé?

  • un sourire
  • une main tendue
  • un café offert
  • un moment partagé
  • une conversation
  • un repas offert
  • une porte tenue
  • une aide spontanée

Quelque chose qui ne vous coûte pas grand chose en terme de temps ou d’argent mais qui est tourné vers autrui. Juste un geste d’humanité et de chaleur. Un petit rien qui peut être un grand tout ça dans la journée de quelqu’un.

Alors, vous nous rejoignez?

Mon voyage intérieur : mars (06)

Aujourd’hui, j’aimerais aborder deux notions distinctes, voire antagonistes, et qui pourtant m’occupent beaucoup l’esprit ce mois de mars: accepter et renoncer d’une part, et accepter l’inacceptable d’autre part.

Et étrangement, elles se retrouvent dans cette citation:

« L’acceptation est une alternative à l’affliction, pas à l’action ».

Christophe André

1. Accepter et renoncer

Accepter ce n’est pas renoncer, même si on pourrait penser le contraire. Accepter, c’est se libérer émotionnellement de quelqu’un ou de quelque chose qui jusque là nous empêchait d’avancer. En acceptant, on lui retire en quelque sorte tout le pouvoir qu’on lui octroyait sur notre existence, nos pensées, nos actes.

Attention, l’acceptation ne signifie pas pour autant échec, ou même défaite, ou lâcheté.

J’accepte de ne pas pouvoir faire grand chose pour la paix dans le monde. Ce n’est pas de mon recours. J’arrête donc de m’inquiéter ou de m’angoisser à ce sujet. Toute cette énergie que je ne dépense plus à ce sujet, je peux la focaliser sur ce que je peux faire, à mon niveau (en l’occurrence, à un niveau très local, avec ma famille, mes voisins, et dans mon cas, j’ai la chance de pouvoir planter des graines chez mes élèves). J’ignore si ce que je fais portera ses fruits, et j’accepte de ne faire que semer. Mais c’est déjà bien plus que rien.

En fait, accepter permet de se décentrer d’une situation anxiogène ou un sentiment d’impuissante pour nous permettre d’agir réellement, concrètement.

En acceptant, on se réapproprie la capacité d’agir, d’être soi, et uniquement soi, et non de n’être qu’une réaction émotionnelle à un événement ou à une personne. On se détache, voila tout, mais on ne renie pas, on ne renonce pas. Au contraire. On a bien conscience de l’existence de ce que nous acceptons, on lui donne même une existence plus ‘légitime’, mais on s’en libère émotionnellement.

ce qui m’amène à mon deuxième point:

2. Accepter l’inacceptable ?

Un exemple très personnel: je suis tombée sur cette citation de Christophe André il y a tout juste 2 ans. Alors que je veillais ma fille en réanimation pédiatrique, après qu’elle ait fait un AVC dans le cabinet de l’oncologue. Ne sachant pas si elle allait passer la nuit, mais étant parfaitement consciente des enjeux et des décisions que j’allais avoir à prendre, j’étais révoltée, inquiète (bon d’accord, folle d’angoisse), submergée par mes émotions. Impossible évidemment de dormir… j’avais pris de quoi lire et vers 2heures du matin, j’ai lu cette phrase. Et tout m’a paru bien plus clair. J’ai pu me libérer de ces angoisses et réfléchir posément à ce qui se passait, et à ce que j’allais devoir faire. La première chose, évidemment, était d’être là avec elle, de l’accompagner pour ce qui lui restait de temps. De continuer à être nous, de lui sourire, de la faire rire. De lui dire combien je l’aimais, aussi souvent que ces mots me venaient à la bouche. Et de la libérer le moment voulu. Et c’est ce que j’ai fait. La date anniversaire de son décès approche à grand pas… j’ai encore en moi les derniers jours de ma fille, leur intensité, leur violence, mais aussi leur richesse… Si je n’avais pas accepté son départ proche, je n’aurai pas sur/pu être là pour elle, et je ne le regrette pas. Pour autant, le combat a continué jusqu’au bout, vraiment jusqu’au bout…

Et si j’ai pu accepter, c’est que j’ai eu la chance d’avoir 2 ans pour m’y préparer.

En 2014, on m’annonçait non seulement que ma fille souffrait d’une tumeur cérébrale, mais qu’en plus celle-ci tait inopérable et incurable. Aucun espoir de survie. Après tout ce que nous avions vécu, toutes les épreuves traversées, c’était une claque de plus, et de la violence la plus cruelle qu’il soit… Inacceptable. Je suis passé par à peu près tous les stades émotionnels:

  • le soulagement: si si. Le soulagement que le comportement de ma fille, malgré ce qu’on m’avait reproché les 5 années précédentes, n’ait rien à voir avec moi. C’était la tumeur. Je n’étais pas responsable. Je n’étais pas coupable.
  • La colère: j’en ai voulu à la vie, à la chance ou son manque, à la terre entière.
  • L’acceptation: ok, c’est ce qui nous arrive. C’est comme ça, on n’a pas le choix. Par contre, on a le choix de gérer ça à notre manière.
  • La détermination: que ce soit ma fille ou moi, on a revêtu nos plus belles armures, et on a fait face. J’avais déjà affronté la mort, le crabe. Et j’avais gagné. Je savais ce qui nous attendait, même si j’avais parfaitement conscience que l’issue serait très différente. Mais je n’avais pas peur, et je pense que j’ai pu transmettre cette détermination à ma fille. Dans ses propres mots « je veux vivre aussi normalement que possible le plus longtemps possible. Je veux retourner à l’école et être avec mes copines. » Et c’est ce qu’elle a fait.
  • l’accompagnement: j’étais celle qui veillait. Aux moindres symptômes de rechute, aux rdv, au traitement, à l’apaiser lorsque l’angoisse la prenait, à lui donner la vie la plus sereine possible, la plus normale possible, à profiter de chaque jour comme si il était le premier.

Et je n’ai pu le faire que parce que j’avais accepté. Tout en gardant l’espoir d’un traitement, chaque jour étant une victoire en soi.

Un jour peut être que j’écrirai les derniers jours d’Emma. Pour le moment, ils sont encore trop à vifs pour que je puisse trouver les mots.

J’ai encore un long travail d’acceptation à faire, mais c’est une autre aventure qui s’appelle le deuil. Accepter l’absence.

Mon voyage intérieur: mars (05)

voyage en tête

Le mois de mars est particulier pour moi. C’est un mois un peu compliqué à traverser émotionnellement, encore aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai eu envie de mettre l’accent sur ce côté un peu mélancolique, un peu doux amer. Loin de me déprimer, la musique me permet vraiment d’explorer ces émotions qu’on a tendance à vouloir rejeter, et surtout à les apprivoiser, à les accepter.

Voici donc ma bande son pour ce mois de mars:

Un peu de douceur dans ce monde de brutes….