Symbole n°19: le Griffon

Aujourd’hui, j’ai décidé de choisir le Griffon antique, animal mythique à tête, serres et ailes d’aigle, à corps de lion, et oreilles de cheval. S’il a joué plusieurs rôles dans les mythologies de différentes civilisation, et à travers le temps, de compagnon de dieux ou héros grecs dans l’antiquité à figure héraldique au moyen âge, ou encore comme emblème de firmes actuelles, j’ai choisi de l’envisager sous l’aspect de celui qui tirait le char de Némésis, déesse grecque de la juste colère et du châtiment divin, et de sa déclinaison romaine, Invidia, l’indignation devant un avantage injuste. Bref, aujourd’hui, je vais vous parler de la colère…

Je suis d’un tempérament volcanique… c’est dans ma nature. On pourrait ne voir et ne s’intéresser qu’à mes éruptions (rares, j’ai appris à les contenir), déplorer mon mauvais caractère, mon agressivité (rarement contre des personnes, la plupart du temps contre des situations), ou on pourrait comprendre qu’il ne s’agit que de l’expression d’une indignation bien plus profonde, qui n’a pu être contenue par des limites pourtant élevées.

Avec le temps, et parce qu’il s’agissait de ne pas provoquer de réaction cataclysmique de ma progéniture, branchée en permanence sur mon état émotionnel, j’ai appris à contenir ma colère. A la maitriser, à l’étouffer, à l’ignorer, à la nier. Après tout, il s’agissait d’un énorme défaut, d’un péché capital même…. Personne n’avait à subir mes humeurs, et je devais apprendre à garder pour moi ces émotions bien embarrassantes pour mon entourage…. mes réactions étaient souvent taxées d’excessives, d’exagérées.

Je n’ai jamais vu ma colère ou son expression comme quelque chose de négatif. Au contraire. Elle s’est avérée être un moteur formidable. Pour ma créativité, pour ma construction, pour ma réflexion. Sans colère, je ne remettrais rien en question, je me contenterais de suivre, de faire ce qu’on me demande de faire. Or c’est en bousculant mes certitudes, en ruant dans les brancards que j’ai eu à me pencher sur la pertinence ou non de mes idées. C’est en tentant de justifier mes coups de sang que j’ai appris à argumenter. C’est en cherchant à déterminer la source de ma colère que j’ai pris conscience de mes valeurs et de mes principes. C’est en me confrontant à l’autre que j’ai pris en considération l’existence et la validité de points de vue différent des miens. C’est en tentant de canaliser, d’exprimer ou encore d’exorciser cette colère que j’ai pris goût à l’écriture, au gribouillage, à l’introspection, à la philosophie, à la psychologie, à l’histoire, à la sociologie. La colère loin d’être un frein à ma construction en a été le moteur le plus puissant.

Et pourtant… la colère que j’exprimais ou qu’il m’arrive encore d’exprimer, n’était en définitive que le pâle reflet de l’indignation que je ressentais.

Parce que ma colère n’est pas hystérique… Elle trouve ses racines dans l’accumulation de faits, de sensations, d’actes qui nourrissent un sentiment d’indignation par rapport à une situation. Je peux tenter de comprendre pas mal de choses, je peux tenter d’expliquer à défaut d’excuser, je peux tenter d’avoir une vision la plus objective et neutre possible, mais certaines situations me font sortir de mes gonds…. littéralement.

J’ai la chance d’être dotée d’une sensibilité à fleur de peau. Oui, la chance. Parce qu’elle me permet de percevoir beaucoup, et d’apporter des nuances à mon jugement plus tranchant naturellement. Là aussi, j’ai du apprendre à apprivoiser cette sensibilité, cette perception du langage corporel, des tonalités du discours, ces non dits qui en disent pourtant beaucoup plus que les mots qui sont prononcés. J’ai donc la chance d’avoir des capteurs de signaux d’alarme intégrés. A moi cependant de les éteindre d’une pensée ou au contraire de leur accorder l’importance qu’ils méritent. Et ce n’est qu’avec le temps, l’expérience que j’y suis parvenue.

Ces dernières années, toute mon énergie étant consacrée à livrer une bataille perdue d’avance et à y survivre, je me suis concentrée à ma réparation et à ma reconstruction… en limitant au maximum les interactions avec des situations susceptibles de provoquer un déséquilibre. Je me suis anesthésiée. Je me suis coupée de la plupart de mes capteurs, ne conservant que ceux qui me permettaient de ‘fonctionner’ basiquement. J’ai ainsi choisi de ne vivre qu’en partie, à survivre, coupe de mes émotions les plus fortes pour me consacrer à recoller ce qui pouvait l’être, à reconstituer une base sur laquelle m’appuyer, capable ensuite de supporter mes émotions les plus déstabilisantes sans pour autant s’effondrer mais au contraire se renforcer. Il me fallait aller au bout des choses, tester la résistance de chacune de mes valeurs, de chacun de mes principes, en ayant toujours à l’esprit qu’ils pouvaient évoluer, en fonction des nouveaux éléments que je rencontrerais et des expériences de vie que je ferais en cheminant. Et puis une fois cette base solide constituée, optimisée, le temps est venu de l’éprouver, de me reconnecter avec cet aspect plus sensible de ma personnalité. Je n’avais plus ni le besoin ni l’envie de rester… éteinte.

J’ai commencé à me resociabiliser, à me reconnecter avec ceux qui m’entouraient, à regarder de nouveau le monde qui m’entourait avec les yeux et l’esprit bien plus ouverts. A ressentir de nouveaux les dynamiques en action, l’énergie qui émanait de tel ou tel mouvement, de telle ou telle situation. Je me suis reconnectée, tout simplement.

La première chose que j’ai ressentie, c’était une colère sourde, une indignation, un brouhaha de frustrations et de sentiment d’injustice, d’impuissance également. Puis une révolte devant l’injustice, devant l’inertie, devant le mépris… Et ce dans des domaines très différents. Je me suis pris une claque, clairement… Il m’a fallu du temps, une nécessaire prise de recul pour pouvoir analyser toutes ces émotions, toutes ces dynamiques, à travers le prisme de ma propre expérience de vie, de mes connaissances propres, de mes sensations intérieures également. Ces dernières années, j’ai appris à maitriser mes émotions, à ne pas les laisser m’entrainer dans les tréfonds du désespoir. Et pour ce faire, j’ai du les identifier, les accepter, et les désamorcer. Mais là, il ne s’agissait plus de moi… je percevais les mêmes émotions (colère, révolte, impuissance, désespoir, rage, frustration, ressentiment) chez beaucoup de monde autour de moi, dans beaucoup d’écrits, partout.

La seconde chose que j’ai ressentie, c’était une explosion imminente. Les limites sociétales ne sont extensibles qu’à un certain point. Et elles étaient étirées à leur point de rupture. Inévitablement, elles ont cédé devant la pressions à laquelle elles étaient soumises. Et partout, des mouvements pour l’urgence climatique, pour une justice sociale, pour une humanité plus… humaine se sont créés. Et pourtant, leur impact étaient bien moindre qu’il aurait du l’être… Si ils auraient du être l’expression d’une majorité (parce que je doute fortement qu’une majorité de gens soient en faveur des concepts de mort, de destruction, d’anéantissement, de l’autodestruction de la race humaine… et je ne crois pas être naïve), leur impact a été au mieux minime, au pire minimisé. Une chape de plomb empêchait et empêche encore aujourd’hui, l’expression d’une réalité. Pour ne pas provoquer de mouvement globaux de panique peut être, pour ne pas accélérer un bouleversement global qui pourtant me parait inéluctable.

Et j’ai alors perçu, en creux, une dynamique froide d’étouffement de tout mouvement mettant en question un ordre du monde bâti sur du vent, sur une illusion. Que ceux qui en bénéficient croient y croient réellement ou qu’ils fassent preuve d’un cynisme frôlant la psychopathologie n’est pas de mon ressort. Par contre, la manipulation mentale visant à anesthésier des populations entières afin qu’elles n’aient accès qu’à une information tronquée et édulcorée, les culpabiliser afin de garantir leur coopération, présenter tout mouvement en désaccord avec la ligne officielle comme antisocial, les réprimer avec une violence légitimée par des mensonges quant au maintien d’un ordre social illusoire, tenter de fermer peu à peu les canaux d’expression d’opinion dissidente, supprimer les acquis sociaux en reniant par là le travail et les idéaux de ceux qui ont voulu une société plus juste au sortir de la guerre, décrédibiliser et délégitimer les services publics en appliquant une stratégie aussi efficace que cynique… tout ça m’a mise dans une colère noire….

Je suis donc en colère. Je suis révoltée. Je suis indignée. Et si la plupart du temps je parviens encore à canaliser cette colère en en faisant le moteur de ma créativité (que ce soit à travers mes mots, mes dessins, la musique, ou encore en montant des séquences de classe visant à faire prendre conscience à mes élèves l’importance de la compassion,d e l’entraide ou que sais-je encore), j’ai bien conscience que ce n’est pas suffisant. Je partage donc des liens amenant la réflexion, je dialogue, j’écoute, je tente de convaincre, j’affute mes arguments, je me confronte. Je passe à l’action. A mon tout petit niveau. C’est peut être peu, une goutte d’eau dans l’océan, mais je compte bien persister. Parce que cette énergie positive, cette étincelle est bien plus déterminée et importante que l’obscurité qui l’entoure.

Il est temps de briser le cercle. Arrêtons de nous voiler la face, de fermer les yeux. Retrouvons notre humanité, notre esprit critique, réapproprions-nous notre vie! Un peu partout dans le monde, je note que d’autres se réveillent, que d’autres décident de faire un pas vers la vérité, vers la lucidité, vers l’action.

A nous de faire de cette colère, de cette indignation, de cette révolte quelque chose de constructif. A nous d’allumer notre lumière intérieure pour éclairer les ténèbres d’ignorance dans lesquelles on tente de nous garder enfermés. A nous de transmettre, de propager cette dynamique tournée vers l’autre, vers l’espoir. A nous de dire stop aux aberrations que l’on tente de nous faire passer pour inéluctables et inébranlable. A nous de créer, de communiquer, de partager, de construire. A nous d’affirmer notre liberté. En nous exprimant, en partageant, en agissant. Chacun d’entre nous est une composant d’un tout bien plus grand, et chacun d’entre nous peut à son tout petit niveau, seul ou collectivement, avoir une incidence positive sur son existence ainsi que sur celle d’autrui.

Je l’ai déjà écrit ici. je suis indomptable. Dans le sens où je refuse de donner à qui que ce soit le droit de faire ce qu’il ou elle désire de mon existence. Dans le sens où je refuse que mes pensées soient contrôlées par une morale imposée par des principes basés sur la peur. Dans le sens où je revendique mon droit d’être celle que je suis, où je choisis d’obéir à des règles qui œuvrent pour le bien commun mais que je me réserve le droit d’en contester la validité le cas échéant. Dans le sens où je suis capable de mettre toute mon énergie au service d’une cause qui me semble juste. Dans le sens où ma colère me donne l’énergie de me battre, encore et toujours, si besoin est. Dans le sens où cette flamme qui brûle en moi, cette passion, cette détermination est inextinguible.

Épopée 2019: carte n°10. Je suis INDOMPTABLE.

Cette carte fait un peu suite à celle de la semaine dernière (I am fearless).

J’ai toujours eu du mal avec le sentiment d’appartenance. Probablement parce que lors de ma construction, j’évoluais dans un univers auquel je n’appartenais clairement pas. Socialement, philosophiquement, esthétiquement… Bref, pendant mon adolescence, j’étais le mouton noir. Et si je n’ai pas su développer cette compétence sociale, j’ai en revanche beaucoup appris en observant les dynamiques en jeu. Ce qui m’a permis de me construire également. Par défaut peut être, en creux certainement. J’ai pu identifier ce qui ne me définissait pas, ce qui ne me parlait pas, ce qui ne m’attirait pas. C’est certes moins confortable que de se fondre dans le moule, que de se sentir bien parmi ses pairs, mais c’est très formateur.

Et puisque j’ai survécu à ses années sans trop de séquelles (en dehors de celle d’avoir des difficultés à me lier, je n’en vois pas vraiment), j’ai poursuivi mon chemin, peut être plus librement. Je n’ai pas besoin d’appartenir à un groupe, à une idéologie, à une philosophie, pour me sentir exister pleinement. Je n’ai pas à faire allégeance à qui ou à quoi que ce soit pour pour être légitime. Je n’ai rien à revendiquer, puisque pour ce faire, il faudrait que j’attende une validation quelconque. Or je n’attends rien.

J’ai réalisé que j’avais eu beaucoup de chance d’avoir suivi ce cheminement. Je peux me lancer dans toutes sortes d’aventures, de rencontres, d’expériences, je peux échanger sans arrière pensée. Parce que je ne représente que moi. Je peux apporter mes compétences, mes expériences, mes connaissances. Je peux recevoir énormément également. Et puis je peux laisser libre cours à mes envies, les suivre ou non, subvenir à mes besoins. Sans perdre en intégrité.

Si je décide d’agir, c’est que j’en ressens le besoin profond. C’est que je pense pouvoir être utile, même au tout petit niveau qui est le mien. A partir du moment où cette utilité n’est pas évidente à mes yeux, c’est qu’il est temps pour moi d’aller ailleurs, de faire autre chose, de rencontrer d’autres personnes.

Je suis libre de mes choix, de me joindre à une cause, d’en repartir également. Si je décide de joindre mes forces à celles d’autres personnes, c’est que la cause qu’elles défendent résonne en moi. C’est que j’ai pris le temps d’analyser ce qui en était et qu’elle était en accord avec ce qui me fait vibrer. Dès lors, je lance toutes mes forces dans la bataille. Avec sincérité, avec passion. En restant à ma place, à la marge, à la périphérie. J’adhère à une vision des choses, pour autant, je reste critique. Dès qu’on me demande de promouvoir quelque chose qui heurte mes convictions profondes, je me donne le droit de partir, de rejoindre une nouvelle aventure.

Ce qui peut paraitre comme un manque de constance est en fait tout son contraire. En prenant conscience que mon aventure se termine là, parce que je ne me sens plus à ma place, ou parce que je n’ai plus rien à apporter ou à recevoir, je fais preuve d’une constance envers mes principes et les valeurs qui m’animent.

Je reste libre de mes choix, de mes convictions, des batailles que je me décide à mener ou pas. Dès que j’estime que le temps est venu, je reprends ma route prête à livrer une nouvelle bataille, à vivre une nouvelle aventure, ailleurs, avec d’autres personnes, à partager une nouvelle tranche de vie.

J’ai parlé plus haut de constance. Clairement, je ne me lance que si ça résonne en moi, si ça correspond à mes valeurs, si je pense être d’une quelconque utilité, si je pense apprendre quelque chose qui me fera grandir, si mes compétences pourront servir. Dès lors, le temps est très subjectif. Je peux passer beaucoup de temps à défendre une cause, à faire ma part, tout en me laçant dans une nouvelle aventure en parallèle. Je peux également tout plaquer du jour au lendemain. Je peux passer longtemps ‘en sommeil’, au repos, toujours vigilante, les yeux et l’esprit grands ouverts, à faire ce que je dois faire dans le confort de mon quotidien, jusqu’à ce que mes signaux internes me lancent une alerte et que je me mette en action.

Je ne me revendique de rien du tout. Je n’appartiens non plus à rien. Je ne parle et n’agis qu’en mon nom propre. C’est à la fois toute la limite et la force de l’action que je peux mener. mais c’est également un principe de base. Je ne peux appartenir à aucune idéologie, philosophie, ou encore croyance si je veux rester intègre, si je veux exercer mon esprit critique librement, si je veux me rester fidèle. Et j’ai ces valeurs tellement chevillées au corps que je ne peux ni ne veux y renoncer. Et c’est en cela que je suis indomptable. Parce que je peux me mettre en action à tout moment, par mes paroles, par mes actes, par l’activation d’un réseau, par mes mots… parce que je sens que je dois le faire. Rien ni personne n’a la capacité de m’en empêcher. Que ça plaise ou non, si j’estime que je dois agir, je le fais. Et que cette flamme qui m’anime, cette passion, cette détermination, est bien plus constante et forte que tous les obstacles qui peuvent se trouver sur mon chemin. Parce que c’est la rage de vivre qui m’anime. Que l’intégrité et la décence ne peuvent être piétinées sans que ça ne me fasse réagir. Que l’injustice ne peut être ignorée mais être exposée. Que la bêtise et la malhonnêteté ne peuvent être cautionnées, mais qu’au contraire elles doivent être combattues avec acharnement.

Et puis j’ai en moi ce besoin de partager par des mots, par des gribouillages, par des liens, par de la musique ce qui me fait vibrer. Malgré les obstacles qui peuvent se présenter sur mon chemin, je suis toujours parvenue à exprimer les palettes de mes émotions. Rien ni personne n’a jamais réussi à éteindre cette flamme qui brûle en moi. Elle se renforce jour après jour, et je me fais un devoir de la laisser s’exprimer. Je n’ai là encore aucune prétention, aucune ‘légitimité’ institutionnelle. Mais pour autant, je prends la liberté de le faire, parce que j’en ai envie, que ça me fait plaisir et que si mes mots ou mes gribouillages touchent une seule personne, j’aurais accompli ma mission. De même, si en écoutant ou en partageant avec quelqu’un de vive voix j’apporte un peu de réconfort ou de force, de chaleur humaine, j’ai réussi ma journée. C’est ainsi que je compte vivre ma vie.

Alors oui, on peut me dire obstinée, passionnée, difficile à vivre, volcanique, intransigeante, caractérielle, forte, atypique, teigneuse, déterminée, dure, utopiste, idéaliste, inconstante. Je ne le conteste pas. C’est ainsi que me perçoivent certains, à travers le prisme de leur propre expérience de vie. Quant à moi, je préfère me dire que je suis indomptable, libre de choisir mes causes et de lancer toutes mes forces dans la bataille, avant de reprendre ma route. Avec l’assurance que cette flamme qui brûle en moi sera au service de ce en quoi je crois: la vie.


motif: Anthem

Symbole n°18: Akoben

Akoben est un symbole adinkra qui représente la corne de guerre posée sur un socle de pierre. Il symbolise la vigilance et le fait d’être prêt à servir une bonne cause. Ce symbole encourage à être prêt à tout moment. La corne de guerre servait à mobiliser les guerrier en cas de guerre.

Ce symbole me parle beaucoup en ce moment. Non pas que j’aie une quelconque intention de partir en guerre contre quoi que ce soit, mais qu’il est temps pour moi d’être prête à toute éventualité. Et cette éventualité offre toujours une belle aventure à vivre. J’aime donc me sentir prête, faire ce qu’il faut pour être capable de répondre à l’appel aussi rapidement que possible. Bien sûr, en ce qui me concerne, il s’agit surtout d’idées, de gribouillages, de mots, de rencontres… rien de révolutionnaire.

J’aime être prête à apprendre quelque chose de nouveau. J’aime être prête à rencontrer des personnes nouvelles. J’aime être prête à découvrir de nouveaux univers. Et c’est ce que signifie Akoben pour moi.

Pour cela, il faut garder son esprit, ses yeux et ses bras ouverts. Pour cela, il faut savoir d’où on part. Pour cela, il faut avoir envie d’aller vers l’autre.

Ces derniers temps, je ressens un besoin de sociabilisation. Non pas d’appartenance, mais de sociabilisation. J’ai envie de dialoguer, de comparer, d’apprendre des autres. J’ai envie de partager. Et pour ce faire, je me suis préparée. J’ai appris à regarder ce qui m’entoure avec un regard le plus ouvert possible, à exercer mon esprit à analyser les cheminements d’autrui, à les valider sans pour autant les partager. J’ai appris à rester la plus ouverte possible, à accueillir ce qui se présentait à moi. Et j’ai pu le faire parce que j’avais au préalable fait tout un travail pour identifier ce qui faisait de moi celle que je suis, parce que j’avais pu accéder à une sérénité intérieure basée sur mes valeurs.

Aujourd’hui, il est temps pour moi d’échanger. De transmettre et de recevoir. Et de le faire non pas à travers un clavier, ce qui était déjà une première étape, mais directement. Et ce qui parait évident, simple, ne l’est pas forcément pour moi. Ou du moins ne l’était pas. Disons que je me sens rarement à ma place, ou que je n’éprouve pas le besoin en général d’être avec les autres. Je ne suis pas devenue très sociable hahaha. Bien sûr je l’explique par les années compliquées que j’ai eu à vivre, et par l’ostracisme que j’ai pu subir au départ, par l’isolement que j’ai voulu, pour me protéger ainsi que les autres. Lorsqu’on est au coeur de la bataille, on se focalise sur ce que l’on fait, sur sa protection et sur sa cause. On passe toute son énergie à se battre, et on en arrive parfois à manquer d’empathie, à manquer de tact. C’est aussi pour ne pas blesser autrui avec une agressivité qui ne leur était pas destinée mais qui était symptomatique des forces que je devais mobiliser pour simplement survivre et poursuivre mon chemin, que je me suis volontairement peu à peu isolée. Mais depuis quelques mois, je constate que je reviens à une dynamique d’échanges. Une fois les sujets compliqués évoqués et intégrés, ça se passe plutôt pas trop mal.. Ce qui était pour moi un moyen très efficace de me protéger, et de me concentrer sur mes propres combats à mener, ce qui était nécessaire à ma reconstruction, n’a plus lieu d’être. Et il est temps de revenir à des relations directes.

Donc cette semaine, je vais garder Akoben en tête. Et être prête à toutes les éventualités. Avec l’esprit, les yeux et les bras grands ouverts sur ce qui se présentera.

Il est temps de procéder à un renouveau.

2019 epopee: card #9: I am FEARLESS

Now that I am done dealing with my personal hell for this year, I can get back to my journey. As it always does though, having to go through my darkest days changed me. Cleaned me. Purified me even. And I came to realize that I am freer than ever. Free to be myself, free to express myself, free to open myself. Fearlessly.

You see, when you have to go through very dark things, when you have to face death (yours and/or the one of your loving ones), yourself, your deepest fears, and that you survive all of them, you happen to have a different sight on the world around you.

Some of us will do all they can to make it a better place. Some of us will loose interest on it. Some of us will just try to find a way to survive a bit longer. Some of us will try to change it. But all of us will be different of who they were « before ».

I had the « luck » to have lived several of these moments. I had to survive a school that made everything it could to crush me, to make me fit into a box that never was mine. I had to fight for my life, truly, when I had to deal with lymphoma. I had to do all I could to get myself and my daughter out of a really toxic relationship. I had to face my daughter’s sickness too. I had to face judgement, gossips, attempts to make me look like a horrid mother. And I had to face her death, after being right by her side each moment of her agony.

I had to face all my fears, eye to eye. And I survived all of them. It made me realize how strong I was, and that my fears were in reality only projections of my own mind. Because while in the middle of each battle I had to fight, I wasn’t scared. I wasn’t afraid. I was focused on the very moment I was living. I didn’t care about what might or might not come afterwards. I was focused on the now and here. I threw all my forces into the battle, fearless, fierce, unstoppable. I discovered the warrior lying within, underneath my civilized, polite self.

I learned a lot from these years. I also learned to control my strength, my anger, my revolt, my despair to make me able to understand and accept what I had been through and learn from it. I won some battles, I lost others. But I am here standing. These last years, I decided to take the time to heal my wounds, as deep as they were, to reach peace within. I’ve learned to meet and know the softer, peaceful me.

But can you really shut your warrior self down? I don’t think so. You can learn to control it. You can learn to free yourself too. I now only do what I feel is right. For myself, for the ones I care about, for the values I live by. If I learned anything from my personal wandering in hell, it’s integrity. No one can put it in question, not even myself. I live by a system of values that’s mine. I obey my law. And if challenged, I most of the time answer with compassion. It required me a long and hard training to reach this point hahaha. I will always speak the truth, even if it’s my truth only, and openly. I won’t play games. If wounded, I will retreat within, in order to avoid causing pain to my opponent. They wouldn’t be able to deal with what I would send them back.

Because you see, when you are not afraid, you can see things and people as they really are. You don’t project your fears on them anymore. You see through their own projections, through the masks they wear, through what they want you to see. Because being fearless also means being nonjudgmental.

As I don’t ask anything from anyone or any situation, as I don’t fear to be left behind or aside, as I don’t play the power game, I can observe the dynamics at stake. And analyze the way each component acts with or against each other. It helps me understand what is really going on. Then it’s up to me to decide to join the battle or to stay aside. I am not disillusioned. Even if it really made me ponder for a while. But I came to realize this last month, while getting back in touch with my physical vulnerability, that my mind and my soul were as sharp as they always have been. I let them open my eyes. Some things have reached my breaking point. And I am now throwing all my strengths into a new battle. Doing what I can, being what I can to help people open their eyes too. Let’s say I got in touch with my old freebooter self. I am lucky enough to be free, and I decided to use this freedom of mine to help people free themselves too.

I already did it in my everyday life at school, for years now, using my creativity to help kids grow, learn, enjoy themselves and love being at school. I encourage curiosity, openness, care of those around, care of the world we live in, cooperation. And for a while, it was enough for me. I felt useful, and I was accomplishing my mission with passion. As I decided from the beginning to really separate my professional life from my personal one (it’s a matter of sanity, trust me), I didn’t feel the same need to do the same in my private life. Keeping it really private. Even online. You won’t find any picture of me on the web. I only write under my screen name. It’s my way of seeing and doing things. I an throw whole pieces of me online, but I will keep it… online. In my everyday life, I tend to keep my ideas for myself, and only few of my closest friends know where I really stand… I don’t try to hide it, if asked I am pretty open, but I won’t throw it to the face of anybody. I don’t need it. As I said, I follow my rules, and the main one is integrity.

But you can’t try to put freedom down, in any of its aspects and expect me to just watch and stay still. You can’t dehumanize people and expect me to just watch and stay still. You can’t manipulate people and expect me to just watch and stay still. It’s not in my nature. It’s in complete contradiction with my principles. So I will do what I need to do. I will help, as much as I can, with all my strength, restore and protect freedom and truth, and integrity. I will do it following my own rules, as usual, not following any orders from anyone. I will do it with my core values and principles. With integrity and passion. Fearlessly and willingly. I will do what I think I have to do, when I have to do it, with respect and determination. Because I am lucky enough to be able to do so. And because I can’t let it go any further.

I am hoisting my banner high. And you are free to join me.

Pattern: I started with Quiltz then I just wandered. And I am happy with the way it turned out! I wanted to use a pattern with straight lines, intricate but simple. Because being fearless simplifies life that otherwise may seem really complicated.

Oh, by the way, I now am on twitter… I am Cesame @cesamelimonade there! Feel free to join me there too!

symbole n°17: Molvinet

Cette semaine, le symbole qui va nous accompagner est d’origine slave: Molvinet. Son origine est très ancienne et il est surtout porté en amulette visant à protéger son porteur et par extension sa famille. Il fait partie des symboles solaires qui protègent contre les énergies négatives.

Afin de comprendre le sens de son nom, il faut l’examiner de plus près. Les experts proposent de le diviser en deux parties distinctes: le mot « MOL » et le mot « couronne ». le premier mot est intéressant à analyser car chacune de ses lettres a une signification particulière.

  • La lettre « M » se réfère au pensées humaines, qui sont considérées comme le moteur le plus puissant des changements internes et externes dans le monde.
  • La lettre « O » implique l’énergie intérieure d’une personne.
  • La lettre « L » est la plus terre à terre, puisqu’elle signifie une personne, le vieu « peuple » slave.

Ces trois lettres symbolisent une trinité de personnes: le monde des individus, la connexion avec les forces supérieures et l’âme immortelle qui est la protection harmonieuse de toute personne.

Pour ma part, je perçois Molvinet comme le symbole de la réalisation de soi, de l’harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Quelle meilleure protection pouvons nous-avoir? Lorsqu’on sait qui on est, nous n’avons rien à craindre. Cette paix intérieure est le meilleur rempart contre le jugement d’autrui. Parce qu’il n’a aucune incidence sur notre être. Il peut nous inspirer de la compassion pour ceux qui ne sont pas encore parvenus à cette réalisation. Mais c’est tout. Cet équilibre intérieur est la meilleure réponse au chaos qui nous entoure. Il nous permet une analyse plus détachée, un recul permettant d’envisager la situation dans son ensemble, à la recontextualiser dans l’espace et le temps.

Dès lors, toute action est le résultat d’un accord entre les trois composantes de notre être. La pensée, le mental nous permet d’analyser ce qui se passe, nos émotions entrent en concordance avec nos valeurs et ce qui nous anime, et notre corps prend les mesures nécessaires à la réalisation de ce que nous voulons et nous sentons de faire.

C’est cette dynamique, cette symbolique que représente Molvinet pour moi. L’harmonisation de l’émotionnel, du physique et du mental. Qui nous permet une connexion avec autrui plutôt qu’un isolement. Parce qu’elle entre en concordance avec les dynamiques de ceux qui nous entourent, et participe à ce grand tout dont nous faisons tous partie. Nous appartenons certes à un lieu et à un temps donné, mais nous avons également accès à cet espace affectif dématérialisé, qui nous connecte les uns avec les autres à travers le temps et l’espace. Nous avons accès aux connaissances de ceux qui nous ont précédés, à leur expérience, d’un seul clic. Nous pouvons communiquer, échanger, partager avec des personnes partout dans le monde en instantané.

Par conséquent, l’équilibre dont je parlais plus tôt revêt une nouvelle dimension. L’émotionnel peut soit s’exprimer plus violemment et spontanément ou au contraire être pondéré par la forme de son expression. Je peux avoir une réaction épidermique à quelque chose, et l’exprimer par une émoticône sur les réseau sociaux, ou prendre le temps de faire un article sur mes états d’âme, en essayant d’être la plus explicite possible. Le mental également est touché, puisqu’il doit faire la part des choses entre des informations réelles et sourcées et tout un tas de déformations de la réalité à travers le prisme de certains. (J’avoue que ma formation d’historienne m’est d’une grande aide dans ces cas là.). Et il doit également s’adapter à la quantité de données à traiter, faire des choix, avoir une idée claire de ce sur quoi il se penche pour ne pas se perdre de liens en liens, et perdre le sens de sa quête. Là aussi il doit prendre en compte la dimension temporelle et spatiale des sources, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant, et qui ouvre un nouveau champs des possibles fascinant. Le corps quant à lui, est mobilisé même si son action est moindre que dans l’espace ‘physique’. L’attention visuelle importante et constante, la motricité fine,, les tensions (inhérentes à la frustration, à la volonté de convaincre, à l’absorption de grandes quantités d’informations, à la position assise pendant de longs moments) sont autant d’actions physiques de notre activité sur la toile.

Pour autant, loin d’être antagonistes, ces deux perceptions de notre être, la perception ‘concrète’ et la ‘virtuelle’, sont complémentaires. Elles participent toutes deux de notre action dans le monde, sur le monde. Chacune de nos actions, qu’elle soit dans le monde physique ou sur la toile, a un impact potentiel sur autrui, que ce soit de manière directe ou indirecte, que ce soit de manière instantanée ou différée. Nous sommes responsables de nos actions, et par là même, nous devons prendre conscience que notre responsabilité ne se limite pas, ou plus, à notre environnement immédiat mais peut avoir des résonances bien plus importantes, bien plus globales, et ce bien plus rapidement qu’auparavant.

C’est la raison pour laquelle parvenir à un équilibre des trois sphères de notre être (physique, mentale et émotionnelle) est si important. Et c’est ce que symbolise Molvinet pour moi, c’est sur quoi je vais me concentrer cette semaine.

Épopée 2019: carte n°9. je suis LIBRE d’être celle que je suis.

Je sais, je suis en retard dans ma publication. Mais voila, après presque 2 mois en apnée, je respire enfin et je dois faire le tri dans tout ce qui me passe par la tête. J’ai déjà commencé par refaire ma carte, et puis je pense que c’est la 4ème mouture de ce post… Je suis au beau milieu d’un tourbillon créatif, et si je dois effectuer certains ajustements, j’adore ça.

Parce que loin de n’être qu’un tourbillon émotionnel, il s’agit surtout d’un tsunami qui me libère du carcan qui m’enserre chaque année pendant presque 2 mois. 2 mois pendant lesquels je suis prisonnière de mes souvenirs, les flashbacks incessants me replongeant dans ces jours très sombres. 2 mois pendant lesquels toutes mes émotions sont mobilisées par mon histoire. Et puis 5 ans jour pour jour après le diagnostique, le 22 avril, tout s’évanouit, le carcan se brise et je peux respirer et poursuivre mon chemin plus légère.

Au départ, j’ai été terrassée par la douleur et la peine. Et peu à peu, j’ai appris à vivre ces mois de manière à les apprivoiser. Ils sont devenus pour moi un rite de passage vers un nouveau chapitre de ma vie, toujours plus excitant. Alors que mes émotions se débattent avec ce qui remonte du passé, mon esprit lui, se nourrit de tout ce qui peut lui apporter une compréhension du monde. Cette année, cette dynamique a été très claire. J’avais besoin de me plonger dans un domaine bien précis de compréhension, et j’avais tout ce dont j’avais besoin pour le faire. Je me suis donc retrouvée à lire, à regarder des conférences, à succomber à une boulimie de quête de sens. Ce que j’ai appris ces derniers mois a confirmé, ce que je percevais depuis un bon moment, sans pour autant lui avoir donné de réel sens, une structure. C’est le cas aujourd’hui. J’ai pu ajouter la théorie à mon expérience, ce qui a validé mes ressentis. A ma grande surprise, j’ai éprouvé un sentiment d’appartenance, ce qui n’avait plus été le cas depuis longtemps.

Et à la fois, alors que je m’inscrivais dans une dynamique d’appartenance, intellectuelle, je me suis sentie libérée. Parce que mes lectures, les réflexions qui découlaient de ce que j’apprenais, validaient mon cheminement. Et j’ai fini par réaliser que si je me sentais parfois prisonnière d’une vie que j’avais pourtant contribué à construire, c’est que je m’étais moi même contrainte à le ressentir. Et qu’il n’appartenait qu’à moi de changer le prisme au travers duquel je voyais ma vie. Voire de le briser pour la contempler telle qu’elle est.

C’est ce que j’ai fait. Imperceptiblement, j’ai retrouvé une liberté que je pensais perdue depuis longtemps. Oh je ne vais pas partir sur les chemins avec mon baluchon pour voir le monde, comme j’ai pu le faire dans mes jeunes années, mais je vais exercer ma liberté retrouvée dans ma vie de tous les jours. Parce que la liberté, c’est une façon d’être avec soi. C’est une façon d’être soi. En toute conscience. Alors que je prends conscience que je fais partie d’un tout, je me libère également. Je n’ai plus rien à prouver à qui que ce soit, ni à moi, ni aux autres.

Je suis libre d’exprimer mes opinions ou de les garder pour moi. Je suis libre de me révolter ou de me réjouir. Je suis libre de partager ma créativité ou de la garder pour moi. Je suis libre de prendre soin de moi tout en n’obéissant pas aux normes imposées. Je suis libre d’être un électron libre ou de me polariser fortement pour apporter mon énergie à ce qui me semble juste. Je suis libre de choisir ce que je veux ou non partager, ce que je veux ou non mettre en valeur. Je suis libre de changer d’avis, de camper sur mes positions.

Je suis libre de faire tout ça et bien plus. Et cette liberté est mienne, ancrée dans mon être profondément. Je l’ai ignorée pendant longtemps, parce que j’ai choisi de me placer au service d’une cause primordiale, la protection et l’accompagnement de ma fille dans son propre combat, ce que je ne regrette absolument pas. Il m’a fallu du temps pour panser les blessures que cette expérience m’a infligée. Pour ensuite retirer les bandages, lorsqu’ils ne m’étaient plus d’une quelconque utilité. Et de découvrir ainsi ma liberté d’être, bien au chaud en moi. Aujourd’hui, plus rien ne m’empêche de l’exercer, de l’exprimer, de la vivre. Je défie quiconque de s’y attaquer, ma hallebarde est aiguisée et je sais la manier pour protéger ce qui me tient à cœur hahaha.

Je suis libre d’aimer et de ne pas apprécier. Je suis libre de le dire ou de le taire. Je suis libre de mes pensées, de parcourir les contrées sauvages ou hautement civilisées qu’elles me font découvrir. Je suis libre d’être celle que je suis. Et j’ai ancré cette liberté si profondément en moi qu’elle ne peut m’être arrachée.

C’est cette évidence qui m’est venue à l’esprit pendant ces mois de réclusion émotionnelle. Et de fait, si mon esprit analytique et structuré l’avait parfaitement intégré, depuis la libération de mes émotions de leur carcan, c’est un déferlement d’idées, d’envies, de créativité. Un peu comme si mes émotions, en s’écoulant sur la structure de ma pensée lui apportaient la vie, la fantaisie, les couleurs dont elle avait besoin pour véritablement s’épanouir.

Je suis en vie. Et je suis libre d’être celle que je suis.

Motif: Javik

Symbole n°16: Beke Saka

Beke Saka, « sac de noix de cola », est le symbole adinkra de richesse, puissance, abondance, solidarité et d’unité. La noix de cola a joué un rôle important dans l’économie du Ghana. Cette culture au grand rendement est étroitement associée avec la richesse et l’abondance. Ce symbole illustre également le rôle de rassemblement et de cohésion que l’agriculture joue dans les organisations humaines.

A une époque où on oscille entre individualisme forcené et mouvement sociaux d’exaspération, Beke Saka nous demande de nous recentrer sur ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise. Sur le bien commun et sur ce qui nous fait croitre ensemble et non au dépend d’autrui. Sur ce qui enrichit une communauté, qui assure par là sécurité et paix, et non sur ce qui ne profite qu’à certains, entretenant par là même des rivalités, des divisions.

Parce que nous avons tous la capacité d’apporter à autrui. Quel que soit notre parcours, notre histoire, ce qui nous anime et nous inspire. Nous avons tous la capacité d’apporter notre expertise, notre expérience, notre motivation, notre vision, et ainsi d’ajouter notre pierre à l’édifice. A l’heure où les technologies nous permettent de communiquer internationalement d’un simple clic, où l’information circule d’un écran à l’autre quasi instantanément, il nous appartient de définir ce qui nous apparait important de partager, ce qui pour nous à de la valeur, ce qui donne du sens à ce que nous sommes.

Si les sacs de noix de cola avaient une valeur pour les villages les cultivant, nos mots et nos idées en ont dans cette zone devenue affective qu’est l’internet. Et qui ,si elle est par sa nature même dématérialisée et délocalisée, peut jouer un rôle bien concret dans nos vies. Parce qu’en définitive, il y a une grande porosité entre ce que nous vivons physiquement, avec nos proches, avec nos voisins, et ce que nous pouvons vivre sur la toile. Le partage des connaissances, de ce qui nous fait vibrer est facilité par le clavier et l’écran, mais pour autant il est réel et peut avoir une incidence tout ce qu’il y a de plus concret sur nos vies. Nous nous trouvons à une ėpoque hybride, où la richesse nous vient non seulement de nos expériences physiques, effectives, mais aussi de nos expériences et de nos réflexions dématérialisées, « virtuelles ». Je met le mot virtuelles entre guillemets parce qu’en réalité, elles sont tout sauf virtuelles, s’appuyant sur des émotions réelles et des processus on ne peut plus concrets. Mais leur réception, elle , est plus… aléatoire, plus intangible.

On pourrait dire que les échanges aujourd’hui sont bien moins efficaces que ceux qui étaient menés sur la place du village. Moins productifs… Mais si on y réfléchit bien, on constate que la dynamique est complètement différente. L’information n’est plus simplement diffusée à tous. Elle répond également à une interrogation de certains. Ce que je veux dire, c’est que si lors d’une réunion publique, l’ordre du jour doit être clairement établit et suivi, en revanche, la toile permet de poser des questions bien plus ouvertes et diversifiées. De même, les réponses ne sont pas seulement offertes, elles sont aussi recherchées. Je peux écrire ce que je désire partager sur mon blog. Pour autant, il ne sera peut être lu que par quelques personnes. Et puis un de mes articles correspondra à une attente des jours, des mois plus tard, et plusieurs autres personnes y trouveront une réponse à leur interrogation du moment. Je n’ai encore une fois aucune prétention. Je partage juste mes états d’âme au moment où je les ressens. En gardant en tête que peut être ils trouveront écho chez d’autres. Et que mes mots les aidera peut être à cheminer. C’est ainsi que j’envisage la toile, sur des sujets divers et variés. J’espère juste en tapant ces mots apporter ma contribution.

2019 epopee: card #8. I am OPEN to RECEIVING.

I already was open to new experiences. To act in new ways, to learn, to be. But I realized lately that I was open to something new to me. I was open to receiving.

You see, most of my life, I had to fight. Fight for my values, for my right to be myself, fight for my beliefs, fight to live the way I wanted to live, fight to protect myself, fight to protect my daughter, fight to protect my pupils even… It’s in my veins, it’s in my genes I guess. I am a warrior. I do or say what I need to do or say to protect, to hold, to put in the light. That’s who I am. And I accepted it a long time ago. Of course, it didn’t really make me popular. I didn’t care, and I still don’t, to tell you the truth. I don’t look after this kind of thing. I’d rather be free to be or do what I want to be or do.

This freedom came at a price, that I was fully ready to pay: to relay only on myself. To not expect anything from anyone. To remain strong no matter what. To rely only on myself. Because at the end of the day, I was by myself, dealing with what needed to be dealt with. I did what needed to be done to survive, both physically and mentally. Not an easy path. But fulfilling. And I gained something really important to me: freedom. Freedom to speak my truth, freedom to think outside of the box I was supposed to fit, freedom to be me, without allegiance to any fashion or way of life imposed by anyone.

Thing is, I forgot something on my way to freedom: receiving. I have no problem giving. Giving my time, my friendship, my sight of the world. I also have no problems reaching what I need to learn, to understand, to accept. But I have a real problem when it comes to receive something I didn’t expect or plan. Genuine gifts. I never was taught how to receive. Mainly because I was raised in the idea that you can only get what you need or deserve. Not my parents’ fault I guess, they weren’t taught either how to do…. Nice, huh? Anyway, in my family we deal with this kind of occasion with a lot of shyness… and some really awkward thank you. I was given what I needed to have, when I needed to have it. I worked for it, I proved that I deserved or needed it. And I was fine with this.

So there I was , a strong independent woman, who felt almost ashamed when offered something genuinely…. blushing and all… Because in my mind, here is what is going on: « what made them think I was in need of anything? What do they want in exchange? I don’t see what I can give them… and now I need to give them something. I am in debt. ». Yes, I know, ridiculous. Luckily for me, life gave me some good lessons on that subject. And I’ve learned to accept what was given to me. But I kept seeing it as something I desired or needed…. It was an answer to my desire or my will to grow, to learn and so on… I also felt… weak. What made people think I was in need of anything? What have I done or said that made them think I was lacking of anything? And this idea of owing them something in exchange…

Then I learned to ask. Seriously. Till then, I was in a rather passive position. I walked my path of life, and encountered problems, or questions, then was offered something to solve them, or to help me understand them. And I went on… But it may take a long time before receiving the help needed. So I decided that it would be a good idea to ask. Let me tell you something: this is probably the hardest thing I learned to do. To ask. To put me in a position I saw as a weakness. Stubborn me. Sometimes I just asked out loud, most of the times I asked from within. Asking for help is not that easy. But it brought me so much more than expected. Asking for support was the most gratifying thing I’ve ever done I guess. It went way beyond my expectations. I am so grateful to have done it. Even in my own bashful way. It was really difficult for me to admit that I needed to feel my tribe with me. But the answer to my call exceeded my expectations. They were there, step by step, listening, holding me when needed, cheering and crying. I then learned not to be alone. I received far more than I asked and I hope I can give them back, even if only a small piece of what they gave me. I am happily working on it. What a beautiful lesson!

Now I am ready for something different. I am at a stage of my life when I can allow myself to just receive. And enjoy. I’ve reached balance, inner peace. I know who I am, what I want or not, I don’t need to fight for anything. I am fully aware of my strength and my weaknesses and I have accepted all of them. I just have to enjoy life as it comes. I removed my faithful armor, put my weapons down. I don’t need them anymore. I don’t have to prove anything to anyone, especially not to myself. I just am. Part of a whole and complete. No more questioning, no more justification of anything. I can walk on my path of life with my head high, peacefully. I just am. I’ve reached the freedom I was looking for most of my life. I’ve reached the peace I was longing for years.

So time has come, for me, to face vulnerability. And to me, it translates into receiving, genuinely receiving what may come into my life. Everything is possible. And I am open to everything. I know I will enjoy each part of the journey. No more awkward feeling, no more blushing, no more panic even. Just acceptance, and happiness to have been given the opportunity to live it. Time has come to bring some magic into my life. Whatever comes, I will be ready to greet it.

So here I am, open to receiving.

Symbole n°15: le Triskel

Ah le triskel! On retrouve ce symbole gravé dans des monuments datant du Néolithique et il est encore utilisé de nos jours, généralement comme emblème breton. Il est l’un des rares à avoir su traverser le temps et à être toujours présent dans la culture humaine.

Seulement voila, il existe de nombreuses interprétations de ce symbole, de la représentation des 3 points du mouvement d’horizon du soleil (lever, zénith, coucher), à la symbolique d’éléments (eau terre et feu pour certains, ciel terre et eau pour d’autres), en passant par la symbolisation des 3 états de la vie (enfance, age adulte et vieillesse), ou encore du temps (passé présent et futur).

Quoi qu’il en soit, ce symbole perdure et finalement, chacun voit en lui une certaine dynamique, certainement du fait de sa construction, les trois spirales évoquant le mouvement.

Pour ma part, j’aime l’idée du triskel comme symbole d’enthousiasme, de dynamique positive. Et c’est cet état d’esprit que je veux garder cette semaine. Le fait d’avancer avec envie, avec enthousiasme, avec la curiosité de ce qui vient, avec un esprit de conquête, de découverte, cette envie de plonger dans l’inconnu sans retenue, sans restriction.

Pour moi, le triskel est aussi un symbole de croissance. Je me suis récemment posé la question de la culpabilité. Parce que j’ai réalisé que j’en étais enfin libérée. Bien entendu, comme chacun d’entre nous, j’ai fait des choses dont je ne suis pas très fière. J’ai blessé des personnes auxquelles je tenais, je me suis égarée parfois. Et j’ai culpabilisé. Longtemps. Énormément. Jusqu’à ce que je prenne le temps de regarder tout ça sous un angle différent. J’ai effectué des choix. Et je les assume. Peu importe ce qui les a motivés au moment où je les ai faits. Ils m’ont fait prendre une direction qui m’a menée à celle que je suis, ici et maintenant. Ils correspondaient à des leçons que mon moi d’alors devait recevoir. Et vu d’ici, clairement, je les ai reçues. Ces choix m’ont apporté de merveilleuses rencontres, m’ont également plongée dans des profondeurs très douloureuses, m’ont fait prendre des chemins de traverse parfois tortueux. Mais mon parcours, déterminé par ces choix, est mien. J’ai fait des choix. Et ils m’ont construite.

Il m’apparait évident aujourd’hui que je ne referais pas certains d’entre eux. Parce qu’ils ne correspondraient en rien à ce dont j’ai besoin d’apprendre maintenant. Mais les regretter signifierait renier une part de mon parcours. Puisque j’apprécie la personne que je suis aujourd’hui, puisque je l’accepte sans condition, je ne me vois pas l’amputer d’une expérience de vie qui a contribué à la composer.

J’essaie de faire mes choix avec intégrité depuis un bon moment maintenant. Et je me fie à ce que je ressens. Je ne laisse plus personne interférer avec ma prise de décision. J’essaie de m’écouter, d’écouter mon intuition, de voir au delà de ce qui est visible au premier abord, de prendre du recul, de me décentrer. Par contre, il m’apparait clairement que je ne renierai plus jamais mon cœur. Et je compte bien continuer ainsi.

Aujourd’hui, je sens que je me trouve de nouveau à la croisée des chemins, ou du moins que je m’en approche. Et c’est avec enthousiasme que je parcours le reste du chemin jusqu’à ce nouveau choix. A moins que d’ici là il devienne une évidence. J’ai confiance. En moi, en mon jugement. En mon avenir.

Épopée 2019: carte n°8. Je suis CONFIANTE en mon avenir

Une nouvelle année commence donc pour moi. J’ai pris le temps de faire le bilan de la dernière pendant ma semaine d’isolement, je peux donc désormais regarder droit devant, et avancer sur mon chemin de vie.

Je dois vous avouer quelque chose: j’ai peu d’ambition. Voire aucune… Parce que ce mot n’a aucun sens pour moi. Je n’ai jamais eu l’esprit de compétition, j’ai du mal avec l’idée de statut social. Bref, je fais ce que j’ai à faire pour assurer mon quotidien, et surtout profiter de chaque instant. On pourra m’objecter que pour ce faire, j’ai du passer un concours, une sélection. C’est vrai. Mais mon objectif était moins d’être bien classée que de me sortir d’une situation qui devenait compliquée. Je n’ai aucune ambition, je n’ai aucun esprit de compétition, mais par contre, j’ai un très très fort instinct de survie. Et je sais me battre, de toutes mes forces si il le faut, pour assurer ma survie ainsi que celle de mes proches. Mais ces combats semblent bien lointains maintenant, et je peux profiter de ma vie tranquillement.

Ma semaine d’isolement m’a aussi transformée intérieurement. Je sens bien que j’ai réussi à me débarrasser des dernières chaines qui m’empêchaient de rayonner comme j’étais supposée le faire. Comme nous sommes tous supposés le faire. Parce que le jour où l’être humain comprendra que le plus important, ce n’est pas le pouvoir, le statut social ou l’affirmation de sa supériorité sur son voisin, mais ce que l’on peut s’apporter les uns aux autres, il y aura peut être une lueur d’espoir. Nous avons tous quelque chose à apporter à autrui. Et au final, peu importe que nous en ayons une perception fine ou non. En restant ouverts, en accueillant chaque nouvelle rencontre comme une opportunité d’échange, en écoutant, en partageant, nous apportons notre pierre à l’édifice. Qui peut dire ce que nos mots peuvent avoir comme importance sur ceux à qui les entendent ou les lisent?

C’est pourquoi, cette année, je continuerai de travailler au même endroit, je continuerai de planter mes graines chez mes élèves, en espérant les voir pousser, je continuerai à explorer de nouveaux domaines encore inconnus. Je continuerai de grandir, d’apprendre, d’échanger, de partager, de rire, de pleurer aussi parfois, d’être présente pour ceux qui en ont besoin ou envie, d’écrire mes états d’âme, d’être lyrique parfois, sincère toujours. Je continuerai d’être curieuse, d’être ouverte, d’être celle que je suis devenue et de devenir encore plus.

Et puis surtout, j’ai confiance en mon avenir. Parce qu’il est basé sur des fondations solides. Parce quel que soit le chemin que j’emprunterai, je sais qu’il me mènera à une découverte, à une réflexion, à une expérience de vie qui m’apporteront beaucoup. Je sais que je peux me fier à mon intuition pour faire mes choix, que je suis suffisamment ancrée pour ne pas m’envoler dans une illusion onirique. Et aujourd’hui, je sais d’expérience que tout est possible, tout peut arriver, tout peut se concrétiser.

J’ai parfois eu la tentation de juste attendre que les choses ou les personnes viennent à moi. C’était certes plus confortable que de me mettre en danger en allant les chercher, mais également complètement…. inefficace. Car l’attente n’est pas une protection. C’est un emprisonnement. Certes certaines choses ne dépendent pas de nous et nous ne pouvons rien faire réellement pour les faire se produire.. pour autant, rester là à attendre va juste nous conforter dans notre impuissance, puis nous faire doucement mais inéluctablement glisser vers l’illusion que nous n’en valons pas la peine puisque rien ne se passe. L’attente est le poison de l’âme. Par contre, la patience est une toute autre dynamique. Puisque je ne peux rien faire pour que telle ou telle chose se produisent, parce que ça ne dépend pas de moi, je peux néanmoins patienter. Faire ce que j’ai à faire, être dans l’action. Non pas par rapport à ce que nous désirons (ou ce que nous ressentons), mais par rapport à tout le reste, sur ce qui dépend de nous. Dès lors, rien ne nous empêche d’avoir un œil sur l’évolution de la situation qui nous préoccupe, mais notre vision est plus globale, décentrée. Et nous avançons sur notre chemin en parallèle, nous continuons à nous construire.

Ce qui peut avoir deux conséquences. Soit ce que nous désirions au départ ne correspond plus à la réalité que nous avons atteint en continuant d’évoluer. Et du coup, nous pouvons reprendre notre chemin plus sereinement, libérés de ce poids finalement, qui nous retenait. Soit ce que nous désirons prend un sens encore plus profond, une dimension plus importante, et tout ce que nous faisons ou apprenons concorde avec lui, puisqu’il est devenu une évidence. Il fait partie intégrante de la réalité que nous avons construite. Et il ne peut que se concrétiser.

J’ai la chance d’être très libre dans ma manière de patienter, puisque ce que je désire est très…. ambitieux. Ah! Mais il ne dépend en aucun cas de moi. Du coup, je suis libre d’apprendre, d’explorer, de créer, de partager, d’échanger, de rayonner. De temps en temps, je me laisse emporter par mes découvertes, et c’est en général à ce moment là que mes rêves me rappellent à l’ordre. Histoire que je n’oublie pas ce qui est réellement important. Parfois, je me dis que ferais mieux de faire un trait dessus, de lâcher prise, que c’est complètement illusoire. C’est en général dans ces moments-là que tout me rappelle à ce que je désire, que mes sens s’accordent pour me reconnecter à mon désir. Quelle que soit la dynamique dans laquelle je me trouve, en général, je souris, lâche prise, réinstalle mon désir bien au chaud en moi et poursuis mon chemin.

C’est ce qui m’inspire, ce manque, cette envie, ce besoin même parfois. C’est une évidence. J’ai confiance en mon avenir dans le sens où je le construis, jour après jour. J’ai confiance en mon avenir parce que je sais que quel qu’il soit, il sera la résultante de mes choix, qu’il correspondra à celle que je serai alors. J’ai confiance en mon avenir parce que j’avance sereinement sur mon chemin de vie, avec intégrité, et que je suis ouverte à toute rencontre, toute découverte.

J’ai confiance en mon avenir parce qu’il sera mien.

Cette semaine, je vous souhaite de rêver, de visualiser, de sourire, de désirer. Et de vous épanouir.

Cette semaine, la carte que je vous propose est plus ‘chargée’ que les précédentes. J’ai eu envie de transformer l’attaque allergique que le printemps a menée contre moi en quelque chose de positif. Pas de motif de zentangle cette fois, je me suis laissée guidée par l’inspiration. j’ai utilisé mes Uni Pin 0.1, 0.2 et 0.8.